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Le syndrome de Tourette

Couverture du livre Le syndrome de Tourette

Auteur : Vincenzo Cerami

Traducteur : Monique Baccelli

Date de saisie : 22/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Littérature

Prix : 18.00 € / 118.07 F

GENCOD : 9782268060514

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Vincenzo Cerami a le mot qui encourage, le mot qui console, le mot qui amuse, le mot qui transforme la tristesse en sourire ironique, le mot qui fait fondre le coeur. Tous ces mots sont dans ce livre, dans une ambiance réaliste fortement mâtinée de fantastique - ou exactement le contraire, entre histoires d'horreur et contes de fées («La robe du soir»), du plus abstrait («Dieu dans la grammaire») au plus concret (Le beauty case), avec une touche psychédélique (Acid Lemon), une pincée de grotesque («Testament»), quelques cauchemars certes, mais un moment de haut comique érotico-nippon («Massage, please») et, en fin de compte, la «paix sans crainte», c'est-à-dire le réel sauvé par la magie de Vincenzo Cerami.

Le Syndrome de Tourette : un bijou du réalisme magique.
Vincenzo Cerami est l'un des plus grands écrivains italiens contemporains. Il est notamment l'auteur d'Un bourgeois tout petit petit (Collection Motifs) adapté au cinéma par Mario Monicelli, de La vie est belle avec Roberto Begnini (Collection Folio) et de Fantasmes (Le Rocher).




  • La revue de presse Alice Ferney - Le Figaro du 22 mars 2007

Voici un bouquet d'histoires ahurissantes et insolites, vingt-six nouvelles où la bizarrerie de la vie n'ôte rien à son charme incomparable. Vincenzo Cerami ne se prend vraiment pas au sérieux. Il joue à raconter des histoires sans en faire toute une histoire, l'air d'en rire, et en le décrétant par un sous-titre : Histoires sans histoires. Cette modestie intrinsèque lui ouvre les portes du ciel et de la liberté. L'écrivain peut s'envoler...
Avec une efficacité et une rapidité qui éblouit, l'auteur fait des pirouettes, donne suite à tous les caprices de sa folle imagination, interrompt les histoires quand ça lui chante, leur fait faire tous les détours imaginables, mêle le grave au comique et le dramatique au badin. Il a la posture mentale d'un enfant qui aime croire aux légendes. Oui, tout se raconte : il suffit d'y croire. Vincenzo Cerami sait y faire...
Subrepticement, une grande mélancolie se glisse au coeur de l'humour et du merveilleux, l'ironie guette, et la peine aussi. L'écrivain habillé en clown qui rit et s'amuse est sensible, il sait la douleur de la peur, le déchirement de ne pas être aimé, le regret et le souvenir, l'oubli et la remémoration, l'attente et l'espérance, les récompenses qui viennent ou ne viennent jamais et «qu'il y a de nombreuses façons de souffrir et de mourir». Comme le dit Vincenzo Cerami : «Les jeux que je pratique moi-même peuvent aussi être dangereux, parce que ces bagatelles, je vais les pêcher dans ma fragilité.» À l'écrivain audacieux et tendre, le lecteur peut dire merci, en lisant il prend la main d'un enfant et devient enfant lui-même, celui qui s'étonne et s'émerveille et demande : et après ?



  • Les premières lignes

Peur de jouer

Moi, toute ma vie, j'ai joué. Même si jouer est devenu ma torture. Je passe mon temps, du matin au soir (par bonheur la nuit je fais des rêves dont je ne me souviens pas), à construire des réalités artificielles, en choisissant des mots, en arrangeant des phrases à insérer dans une trame idéale. J'ai encore sur la tête la passoire qui me sert de cimier et les pieds enfilés dans les souliers rouges de ma mère. J'en suis toujours resté là. De temps à autre je descends de mes talons et je m'installe sur une chaise renversée, conduisant un train qui m'emporte dans des paysages hagards, où il n'y a pas d'objets mais des sensations fortes, nées de ce que je ne vois pas mais que j'invente : une colline, quelques fermes, un cirque à la limite de l'horizon, une petite église taillée dans la roche. Puis, lorsque j'entre dans le lointain, apparaissent des images oniriques, à mi-chemin entre le merveilleux et le cauchemar. Là, tout est possible, parce qu'il n'y a plus de mémoire, mais des sublimations et des symboles indéchiffrables. Quand on va trop loin, on finit par entrer à l'intérieur de soi, par s'avaler soi-même. Les voyages des écrivains sont toujours un retour, comme celui d'Ulysse qui laisse derrière lui une guerre sanguinaire : c'est une façon de fuir l'inconnu et l'épouvante. Et voilà qu'à partir des ombres menaçantes, les arbres, les villes, les visages, les affections de toute une vie prennent à nouveau forme. Mais ce sont des figures qui cachent désormais un secret : la peur. Tout semble normal, mais celui qui revient de ce voyage sait qu'il n'en est rien.


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