Auteur : Barbara Haworth-Attard
Traducteur : Jean Esch
Date de saisie : 23/01/2007
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : T. Magnier, Paris, France
Collection : Roman
Prix : 10.50 € / 68.88 F
GENCOD : 9782844205193
Sorti le : 19/01/2007
Le jour de ses seize ans, Dylan est mis à la porte par sa mère. Sans toit ni ressources, il apprend à vivre dans la rue... Il y a des règles à apprendre, des codes à comprendre : comment faire la manche, où trouver les foyers, quels gangs éviter... Une solidarité le lie à ses compagnons d'infortunes : Ambre, Twitch, la blonde et innocente Jenna. Malgré ces amitiés occasionnelles, la vie dans la rue est une longue descente aux Enfers pour Dylan, ponctuée de trahisons, de violences et de trafics. Mais quand s'arrêtera donc ce cauchemar ?
J'ai une théorie selon laquelle une personne sur quatre me donne de l'argent. Comme toutes les bonnes théories, celle-ci repose sur l'expérimentation et l'observation. Certes, ça prend du temps, mais je n'ai rien de mieux à faire.
Je suis assis sur un muret en ciment, à côté d'un grand immeuble de bureaux en verre. Mon sac à dos, avec un sac de couchage attaché dessous, est glissé derrière moi. À l'abri. Devant moi, il y a un petit bassin en béton. En été, des jets d'eau projettent de l'écume blanche dans le bleu du ciel et des gens viennent s'asseoir là pour déjeuner. Mais on est en novembre et la fontaine est arrêtée. Des feuilles jaunies recouvrent le fond du bassin et le vent glacé chasse les gens. Sauf moi. Je reste assis là et je fais la manche. Tous les jours. Bientôt, les portes de la tour de verre vont s'ouvrir et les premiers employés vont sortir, au compte-gouttes, pour déjeuner. En attendant, une femme avec une poussette avance vers moi.
- Vous avez pas un peu de monnaie ? je lui demande.
Par habitude. Je n'espère rien. Elle est la personne numéro un. La femme fuit mon regard et fait un écart avec sa poussette. Je la sens sur ses gardes ; peut-être a-t-elle peur que je bondisse pour m'emparer de son enfant. L'instinct maternel exacerbé. Ma mère, elle, m'aurait vendu contre un peu de monnaie, ou moins.
Un faible rayon de soleil transperce le ciel gris et bas et glisse le long du très haut bâtiment de brique qui se dresse en face, puis il faiblit et disparaît. Je grimace et enfonce un peu plus mes mains dans mes poches. Il me faut un manteau plus chaud.
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