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Reprise des hostilités

Couverture du livre Reprise des hostilités

Auteur : Xabi Molia

Date de saisie : 20/01/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Fiction et Cie

Prix : 19.90 € / 130.54 F

GENCOD : 9782020888080

Sorti le : 04/01/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

C'est l'histoire d'une vengeance à la fin du XXe siècle. Celle de Marin, dont le père s'est tué après la fermeture de l'usine dans laquelle il travaillait. Décidé à se faire justice, Marin infiltre l'entourage du principal responsable, un homme d'affaires douteux lancé en politique.
C'est l'histoire d'un mort qui se souvient de sa brève existence, depuis un Paradis en voie de délabrement.
C'est l'histoire d'un parti qui prospère sur un pays malade, où les vieillards écrivent des livres à la gloire des vaincus, où les chauffeurs de taxi rêvent d'extraterrestres et les jeunes écrivains de succès hollywoodiens.
C'est l'histoire d'un siècle qui commence. Bien ou mal, tout dépend du camp qu'on aura choisi.

Xabi Molia est né à Bayonne en 1977. Il vit à Paris. Reprise des hostilités est son quatrième livre.




  • Le bouche à oreille des écrivains

Agnès Desarthe - 19/03/2007



  • Les premières lignes

Exit, 1
2001

Il avait imaginé ça autrement. La chambre n'était ni blanche, ni laiteuse, ni embrumée. Il crut qu'il se réveillait, et dans un lit, en chaussettes et caleçon, donc il avait dormi, il était bien vivant. Mais sur la tapisserie beige, des cadres en verre protégeaient des photos qu'il n'avait jamais prises, des lieux qu'il n'avait jamais vus, des gens qu'il ne connaissait pas : souriants et bronzés, les surfeurs, fléchis sur de très longues planches, sillonnaient des vagues en pente douce, devant des palmeraies et des montagnes imprécises. Honolulu, peut-être, ou le Guatemala. Il n'était pas chez lui.
La porte de la chambre s'ouvrit sur un jeune homme aux dents grises, qui lui demanda s'il préférait un déjeuner continental ou britannique. C'était l'heure de la douche, aussi. Sans cesser de sourire, l'homme indiqua du menton une porte, au fond de la pièce, puis, quand il se fut assuré que Marin en prenait la direction, il disparut.
Marin se lava sous un jet d'eau un peu froide, qui devenait brûlant s'il réduisait trop son débit. Il y avait, dans une vieille armoire, des piles de bermudas beiges et de chemisettes colorées. Il s'habilla, chaussa des tongs et s'étudia dans une glace. Il se trouvait l'air pâle. Il sortit dans le couloir.
Marin longea une dizaine de portes blanches avant d'atteindre l'ascenseur. Quelque part, un aspirateur brouillait une chanson suave. Au rez-de-chaussée, derrière le comptoir, il aperçut enfin un jeune homme maigre, au long cou, penché sur un écran d'ordinateur. Marin murmura des excuses, insistant sur l'aspect saugrenu qu'allait revêtir sa question, mais déjà le jeune homme lui tendait distraitement un plan du complexe et une brochure annonçant les activités de la semaine.
Marin consulta poliment le titre des ateliers, puis demanda, sans détour cette fois :
- Je suis où, là ?


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