Passion du livre - tout sur le livre : Citoyenneté, empires et mondialisation

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Citoyenneté, empires et mondialisation

Couverture du livre Citoyenneté, empires et mondialisation

Auteur : Raphaële Espiet-Kilty | Martine Spensky | Timothy Whitton

Date de saisie : 20/01/2007

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, France

Collection : Politiques et identités

Prix : 28.00 € / 183.67 F

GENCOD : 9782845163133

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Il s'agissait, dans ce colloque : «Citoyenneté, empires et mondialisation», d'analyser les rapports entre citoyenneté - entendue comme ensemble de droits individuels garantis à toutes et tous par l'État, central ou décentralisé, et de devoirs envers lui - et empires, précurseurs du monde dans lequel nous vivons : un monde «globalisé» ou «mondialisé».

«Empire», selon Armitage (2000), a toujours signifié pouvoir. Le concept d'imperium est fondé sur une définition de la cité de Rome distinguant l'intérieur - l'enceinte sacrée, limitée, finie - de l'extérieur. À l'intérieur le pouvoir était essentiellement civil. À l'extérieur il était fondé sur la force militaire. À son apogée l'Imperium Romanum s'étendait sur les trois continents connus à l'époque : l'Europe, l'Asie et l'Afrique. L'autorité de l'empereur était donc «universelle». Après le Ve siècle et la chute de Rome, l'empire d'Orient, celui d'Occident puis la papauté prétendront eux aussi à l'universalisme. Les empires plus tardifs : les empires ibériques, puis les empires français et britannique héritèrent de cette prétention à «l'universel», moteur essentiel du processus de mondialisation.

La question qui traverse cet ouvrage est celle-ci : en quoi les différents empires européens ont-ils affecté la construction de la citoyenneté - ou l'acquisition des droits - des individus appartenant aux divers groupes en présence, du fait même de leur existence ? Quels effets cette histoire impériale multiple a-t-elle encore aujourd'hui sur les lois et les débats concernant la citoyenneté, dans les anciennes métropoles et les anciennes colonies de peuplement ? Qui est inclus dans la communauté nationale, dans quelles conditions et de quelle façon ? On peut aussi retourner la question : comment sont aujourd'hui gérés diversité et pluralisme dans nos sociétés de culture européenne ?

Ont collaboré à cet ouvrage : Renée Carré (département d'Histoire. UBP), Dana Dawson (Université de York, Toronto, Canada), David Nash (Balliol Collège. Université d'Oxford), Imen Hanana (Université de Paris XII-Créteil), Didier Lassalle (Université de Paris X-Nanterre), Raphaële Espiet-Kilty (département d'Anglais. UBP), Caroline Domingues (département d'Espagnol, UBP). Judith Manya (Université de Grenoble), Hanne Petersen (Université de Copenhague, Danemark). Jim Barry (Université de East London, Royaume-Uni), Rada Ivekovic (département de sociologie, Université Jean Monnet. Saint-Etienne).




  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de Martine SPENSKY :

Il s'agissait, dans ce colloque : «Citoyenneté, empires et mondialisation», d'analyser les rapports entre citoyenneté - entendue comme ensemble de droits individuels garantis à toutes et tous par l'État, central ou décentralisé, et de devoirs envers lui - et empires, précurseurs du monde dans lequel nous vivons : un monde «globalisé» ou «mondialisé». «Empire», selon Armitage (2000), a toujours signifié pouvoir. Le concept à' imperium remonte à la période royale étrusque (6e siècle avant notre ère). Il est fondé sur une définition de la cité de Rome distinguant l'intérieur du pomerium - l'enceinte sacrée, limitée, finie - de l'extérieur, aux frontières pouvant être indéfiniment repoussées. À l'intérieur du pomerium, le pouvoir était essentiellement civil (imperium domi) et dominé par l'activité juridictionnelle. À l'extérieur il était quasi illimité et fondé sur la force militaire (imperium militiae). Le pouvoir des magistrats romains sous la République et celui des empereurs à partir d'Auguste se sont définis par rapport à ces notions et ont évolué en même temps que les conquêtes donnaient un empire territorial au peuple romain - qui en tirait des avantages. L'imperium romanum est la zone où s'exerçait le pouvoir romain et où se diffusait la citoyenneté.

Dans sa forme moderne, «empire», définit «[...] un groupe d'états formé, soit par la colonisation soit par la conquête (sic !), états assujettis à l'autorité d'un État métropolitain ou impérial [...]» (Charles Jones, 1996 : 155). Selon Armitage, l'Imperium Romanum couvrait, à son apogée, l'entièreté du monde connu des Romains. Bien sûr, ils savaient qu'ils n'avaient pas conquis l'Univers - l'existence de la Perse aurait suffi à le leur rappeler- mais leurs conquêtes s'étendaient sur les trois continents connus à l'époque : l'Europe, l'Asie et l'Afrique, ce qui avait valeur universelle. L'autorité de l'empereur était donc, pour eux, universelle. Après le 5e siècle et la chute de Rome, l'empire d'Orient, celui d'Occident puis la papauté prétendront eux aussi à l'universalisme (Cf. Armitage, 2000 : 29 à 31). Les empires plus tardifs : les empires ibériques, puis les empires français et britannique héritèrent de cette prétention à «l'universel», moteur essentiel du processus de mondialisation.


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli