Auteur : Bernard Cottret
Date de saisie : 22/02/2007
Genre : Histoire
Editeur : Tallandier, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-84734-262-8
GENCOD : 9782847342628
Sorti le : 11/01/2007
L'Angleterre n'est pas une île.
Elle occupe la partie méridionale d'un archipel, dont elle a, lentement, méthodiquement, effectué l'exploration et la conquête, au terme d'une histoire pluriséculaire. C'est chez leurs voisins les plus proches - les Gallois, les Ecossais, les Irlandais - que les Anglais ont fait l'apprentissage des mondes lointains. Poursuivant sa quête impériale pour s'étendre jusqu'aux confins du globe, l'Angleterre, " voisine d'aucun par la terre " est devenue, au cours des âges, " la voisine de tous par la mer.
" Ainsi Bernard Cottret résume-t-il cette longue mutation, qui a commencé voici près de mille ans, avec la chevauchée d'un prince venu de Normandie, Guillaume le Conquérant. Depuis lors, l'histoire a mêlé les destinées de l'Angleterre et de la France, pour le meilleur et pour le pire. Longtemps, malgré ou à cause des crises internes qui la secouèrent, comme la guerre des Deux Roses ou le schisme fondant l'anglicanisme, le royaume fut à la pointe des avancées de l'histoire : Le Parlement, la Réforme, la Révolution, le régime constitutionnel, l'industrialisation, la décolonisation, autant d'étapes franchies avant les autres Etats.
De là l'originalité qui a toujours marqué l'identité britannique, et que les Français, généralement, ignorent ou perçoivent mal. Bernard Cottret, dans une approche originale elle aussi, parfois personnelle et jubilatoire, insistant sur les points cruciaux, s'arrêtant sur les épisodes et des personnages à ses yeux significatifs, offre la synthèse brillante, limpide et accessible que l'on attendait.
Bernard Cottret, membre senior de l'Institut universitaire de France, enseigne l'histoire des civilisations anglo-saxonnes à l'université de Versailles-Saint-Quentin. Moderniste internationalement connu, spécialiste des cultures anglaise et américaine, et aussi du protestantisme, il a publié des biographies de Calvin et de Rousseau, d'Henry VIII et de Cromwell, et des essais sur l'édit de Nantes et la Réforme protestante.
L'Angleterre est notre double. Ce qui fait, au fond, de cette Histoire un essai très actuel sur cette «colonie française qui a mal tourné», selon la boutade de Clemenceau.
Reconnaissons-le, l'histoire anglaise reste généralement négligée. On croit y voir à l'oeuvre la victoire sordide des intérêts et de la finance. Certes. Mais encore convient-il de comprendre pourquoi et comment les Anglais sont arrivés à ce résultat qui est aussi (y a-t-il un lien ?) celui de la liberté politique. Bernard Cottret rappelle que l'histoire de la liberté tient beaucoup aux circonstances...
On ne peut que louer Bernard Cottret d'avoir insisté sur les origines lointaines de l'Angleterre. Par une dérive intellectuelle de plus en plus répandue, les esprits pressés pensent que seuls les événements les plus proches de nous ont de l'importance...
L'Angleterre est notre double. Ce qui fait, au fond, de cette Histoire un essai très actuel sur cette «colonie française qui a mal tourné», selon la boutade de Clemenceau.
Extrait de l'avant-propos :
L'Angleterre n'est pas une île. Elle occupe la partie méridionale d'un archipel, dont elle a, lentement, patiemment, méthodiquement, laborieusement effectué l'exploration et la conquête, au terme d'une histoire pluriséculaire. C'est chez leurs voisins les plus proches - les Gallois, les Écossais et les Irlandais - que les Anglais ont fait l'apprentissage des mondes lointains. Poursuivant sa quête impériale pour l'étendre à l'ensemble du globe, l'Angleterre, «voisine d'aucun par la terre», est devenue, au cours des âges, «la voisine de tous par la mer».
Prenant la partie pour le tout, il n'est pas rare cependant que l'on dise «l'Angleterre» en voulant désigner par là l'ensemble de la Grande-Bretagne : Angleterre, pays de Galles et Ecosse. Voire, au mépris des droits des peuples, que l'on y adjoigne l'Irlande, en un raccourci saisissant. Quel anglophone n'a pas été amené, au moins une fois dans sa vie, à décliner soigneusement son identité en expliquant que tout ce qui parlait anglais n'était pas nécessairement anglais ni même britannique ? La langue, la nation et la nationalité ne se recouvrent pas nécessairement dans le cas britannique. L'on peut être anglophone pour la langue, écossais ou gallois par l'appartenance, et britannique par la nationalité. La situation est rendue plus complexe par les intenses mouvements migratoires qui ont conduit, au cours des siècles, de nombreux habitants des îles Britanniques à essaimer à travers le monde : Amérique du Nord, Antilles, Nouvelle-Zélande, Afrique australe ou Australie. Sans compter, en retour, les multiples peuples des anciennes colonies qui ont trouvé en Grande-Bretagne un débouché démographique, donnant à la majorité des grandes villes un caractère multiculturel prononcé : les turbans sikhs avoisinent les casquettes dans les transports londoniens, tout comme les voiles et autres marqueurs culturels et religieux se retrouvent dans un espace public où se croisent Indiens, Pakistanais, Chinois, Africains et Antillais.
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