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Le corps de Liane

Couverture du livre Le corps de Liane

Auteur : Cypora Petitjean-Cerf

Date de saisie : 02/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-234-05945-0

GENCOD : 9782234059450

Sorti le : 03/01/2007

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  • La présentation de l'éditeur

" Le samedi 31 août 1985, la deuxième chaîne suspendit la diffusion de Dallas.
Liane et Roselyne arpentaient les allées de Sephora comme deux âmes en peine.- Tu te rends compte qu'on verra plus Pamela ? répétait Liane à n'en plus finir. Elle attrapa un rouge à lèvres Chanel, dévissa le tube, se passa le bâton sur le dos de la main. Le bâton forma un trait coloré et gras. Liane éloigna sa main pour observer le résultat. La dernière fois que Pamela était apparue à l'écran, elle venait de se faire faire une permanente et elle s'était mise à travailler.
Liane et Roselyne n'avaient pas bien saisi en quoi consistait l'activité professionnelle de Pamela. Elle travaillait dans un bureau, mais il était sans cesse question d'une boutique. C'était confus. Une certitude, cependant : Bobby ne prenait pas au sérieux le nouveau métier de sa femme et Pamela souffrait de ce manque de reconnaissance. Pamela Ewing était victime de l'incompréhension masculine et ni Liane ni Roselyne ne pouvaient lui venir en aide.
La série s'arrêtait pour le moment. La série s'arrêtait et il n'y avait rien à faire. "


Cypora Petitjean-Cerf est née en 1974. Elle a publié chez Stock en 2005 L'école de la dernière chance, un an en classe-relais et un premier roman remarqué, Le musée de la Sirène.





  • La revue de presse Jacques Nerson - Le Nouvel Observateur du 18 janvier 2007

Liane est une gamine qui a peur de vomir et cuisine de la pâte à modeler. Sur l'air de «Dallas», «le Corps de Liane» est aussi drôle qu'impitoyable...
Ce qui compte, c'est la manière de l'auteur et la vision du monde qui s'en dégage. Son humour discret. Son amitié pour ses personnages. Sa confiance en leur capacité de se soustraire au malheur auquel ils semblaient destinés. Ainsi Liane, qui aurait tant aimé que ses seins ne poussent jamais, ou bien à l'intérieur, invisibles de tous, se réconciliera-t-elle finalement avec son corps et partant avec la vie. Une fantaisie et un optimisme roboratifs.



  • Le message sonore

Cypora Petitjean Cerf - 19/03/2007



  • Les premières lignes

Le mardi 4 décembre 1980, pour convaincre la maîtresse qu'elle n'était ni muette, ni folle, ni idiote, Liane leva la main pour répondre. Mademoiselle Lhomme se figea et regarda Liane avec ahurissement. Puis elle interrogea quelqu'un d'autre.
Liane observait les objets suspendus ou punaisés aux murs de la classe : une équerre et une règle géantes, un planisphère, une carte de France, une affiche du carnaval de Venise et sept dessins d'élèves.
Ses camarades évoluaient loin, très loin d'elle, sur une rive étrangère.
Le vendredi 26 mai 1981, Christine, la mère de Liane, rencontra la maîtresse. «Il serait préférable que votre fille redouble son CM1» expliqua mademoiselle Lhomme d'une voix placide, un peu indifférente. Certes, Liane savait lire et écrire. Certes, elle savait compter. Elle était une élève sérieuse, qui apprenait ses leçons, qui faisait ses devoirs. Mais on n'entendait jamais le son de sa voix. Et son air vaporeux suggérait qu'elle ne comprenait pas vraiment ce qu'elle apprenait.
Christine acquiesça en silence.
Liane assistait à l'entretien. Elle aurait voulu signaler qu'elle avait levé la main en décembre, mais que la maîtresse avait interrogé un autre élève. Elle aurait voulu dire que si elle ne parlait pas, c'était à cause de la honte qui lui clouait le bec. Elle se recroquevilla. Lorsqu'elle arrondissait le dos, ses petits seins rentraient un peu. Si seulement ils avaient pu pousser à l'intérieur ! Liane aurait eu des seins internes. Des seins invisibles : c'aurait été bien. Elle observait les lourds anneaux qui se balançaient aux oreilles de la maîtresse.
Liane et sa mère n'échangèrent pas un mot sur le chemin du retour. Liane repassait dans sa tête l'image des anneaux dodelinants. Elle reconstituait en boucle, sans se lasser, leur mouvement de bascule.


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