Auteur : Aki Shimazaki
Date de saisie : 18/01/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Actes Sud, Arles, France | LEMÉAC, Montréal, Canada
Prix : 14.80 € / 97.08 F
GENCOD : 9782742764846
Sorti le : 05/01/2007
LE POINT DE VUE DES EDITEURS
Quand la compagnie d'import-export Goshima de Tokyo se propose d'affecter Takashi Aoki à sa succursale de Paris, ce jeune employé prometteur se trouve à un point tournant de sa vie puisqu'il vient de rencontrer enfin la femme avec qui il souhaite fonder une famille, Yûko Tanase. Mais il sait aussi que les lois silencieuses et impitoyables de sa société, à l'intransigeance impériale, peuvent écraser d'un doigt les relations humaines des êtres qui ne font pas partie des puissants. Qu'adviendra-t-il alors de la promesse des amoureux, faite au café Mitsuba ?
Née au Japon, Aki Shimazaki vit à Montréal depuis 1991 Avec Hotaru, (prix du Gouverneur général 2005), elle a terminé son premier cycle romanesque, "Le poids des secrets", amorcé avec Tsubaki (Babel, n° 712) traduit en anglais, en japonais, en serbe, en allemand et en hongrois.
Je me dirige vers la compagnie Goshima.
Il est sept heures et demie du matin. Je bâille. La veille au soir, je suis rentré d'un voyage d'affaires à Singapour et je me sens encore fatigué.
J'y suis allé deux semaines faire une étude de marché : notre firme envisage de vendre un nouveau modèle de climatiseur de la compagnie S. J'ai collaboré avec le chef adjoint de notre succursale, un Chinois. L'enquête sur place a avancé sans difficulté grâce à sa bonne connaissance du marché dans son pays. Nous avons conversé en mandarin et nous nous sommes très bien entendus. Lui et sa femme m'ont invité à dîner à la maison et il a préparé un bon repas lui-même. C'est un sportif. Nous avons joué au tennis ensemble.
Là-bas, on m'a confié une autre tâche, totalement inattendue : servir de guide au président de la banque Sumida. C'est un personnage de la plus haute importance pour notre firme, qui n'aurait pu survivre sans son soutien pendant la crise du pétrole en 1973- Puisque notre siège social de Tokyo m'a envoyé l'ordre de cette mission à la dernière minute, je n'ai pas eu le temps de réfléchir où emmener monsieur Sumida. Alors j'ai demandé au chef adjoint chinois de m'accompagner. Nous avons passé une journée entière à lui montrer la ville de Singapour.
Monsieur Sumida y est venu visiter une entreprise chinoise qu'il souhaitait financer. Il m'a dit combien le Japon devait aux commerçants chinois de là-bas : durant l'après-guerre, ils ont acheté des produits japonais que les Occidentaux méprisaient. C'est un homme plutôt franc. Il m'a même parlé de son fils unique, qui ne veut pas se marier bien qu'il ait déjà atteint le milieu de la trentaine. Quand même, accompagner un personnage pareil me semblait beaucoup plus lourd que l'étude de marché elle-même, car il fallait prendre garde de ne pas le froisser. Tout cela m'a mis à bout de nerfs.
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