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Microfictions

Couverture du livre Microfictions

Auteur : Régis Jauffret

Date de saisie : 22/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-07-078317-5

GENCOD : 9782070783175


  • La présentation de l'éditeur

«Je est tout le monde et n'importe qui.»

Régis Jauffret.



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  • La revue de presse Bernard Géniès - Le Nouvel Observateur du 22 février 2007

Avec des centaines de textes courts, l'auteur d'«Asiles de fous» brosse un portrait au vitriol de la galaxie humaine...
Il va jusqu'à se glisser dans la peau de l'auteur d'un livre intitulé «Microfictions» : le bouquin a été flingué par la presse («ce n'est pas un livre, c'est un interminable fatras») mais l'écrivain, qui végète en taule, espère bien qu'Antoine Gallimard viendra lui rendre visite au parloir. Et d'espérer que ses droits (d'auteur) lui permettront de cantiner. Il a bien raison de se faire du mouron pour ses droits. Car tout est là. Dans le droit d'écrire, le droit d'imaginer, le droit de rêver. Et même dans le droit d'aimer. Un droit que nous nous réservons d'infliger à ces petites fictions, si drôles, si noires.


  • La revue de presse Jean-Luc Douin - Le Monde du 9 février 2007

Il écrit toujours à la première personne, mais ce n'est pas cela qui le rend singulier. Sa spécialité, c'est d'endosser la personnalité de personnages abominables, des hommes et des femmes (surtout des femmes), des bourreaux et des victimes (parfois les deux à la fois), des mythomanes, psychopathes, pervers, tortionnaires, violeurs, infanticides. A l'affût des existences ordinaires, des quotidiens banals, Régis Jauffret traque les expériences limites, l'excès comme symptôme d'un dérèglement social et existentiel, la folie comme routine. L'intrigue ne l'intéresse pas, la psychologie l'épouvante, ce qui l'inspire c'est le délire, la régulation du dérapage sur thermostat, le passage des névroses au pilotage automatique. "Je est tout le monde et n'importe qui", dit-il. Rien d'autobiographique dans ce qu'il publie. Régis Jauffret est un ogre, avaleur d'histoires, un brasseur de destins anonymes. Insatiable glouton de tragi-comédies humaines, il se glisse dans la peau des gens de tout sexe, tout âge, tout statut. C'est un fichier des Renseignements généraux à lui tout seul, un détecteur de vices, un décrypteur de symptômes. Alignée sur les mille et un rayonnages de sa bibliothèque, sa fabuleuse collection de personnages virtuels arbore les effarantes grimaces du monde actuel.


  • La revue de presse François Busnel - L'Express du 8 février 2007

D'une microfiction l'autre, Jauffret raconte la vie ordinaire d'une population que sociologues et politiques ne considèrent plus que comme des chiffres. La maladie, la solitude, l'abandon, le chômage... toutes ces blessures du quotidien, Jauffret les explore à travers des situations cocasses ou absurdes, mais profondément réelles...
La littérature détruit. Et alors ? Comme un enfant casse ses jouets pour voir de quoi ils sont faits, l'écrivain casse le moule, tord les mots, dissèque le sens. Quand il détruit, Jauffret le sale gosse dépèce. Et ça dépote. Il exagère, dites-vous ? Non. C'est la réalité qui exagère.


  • La revue de presse Michel Schneider - Le Point du 25 janvier 2007

Affreux, sales et méchants, ils s'aiment à s'en détruire. Et l'admirable pavé de Régis Jauffret, «Microfictions», est un vrai crime d'amour.
Quelle est la couleur de l'amour ? Chez Flaubert, le pourpre, chez Stendhal, le rouge, chez Proust, le rose. Chez Régis Jauffret, ce serait le gris. Un gris sale, inquiétant, instable. Le couple est une damnation. La famille est un enfer. Dans ses scènes du malheur ordinaire, trois enfants se débattent contre leurs démons, les parents et leur rejeton. Bien nommé : chez Jauffret, il y a toujours du rejet envers l'odieuse progéniture et du dégoût pour l'acte irréfléchi par lequel deux fous en ont fabriqué un troisième dans un moment d'égarement, prenant pour de l'amour leur désir d'en finir avec l'autre...
Par la puissance de son dégoût, la virulence de sa noirceur, la cruauté de son trait, la dureté envers soi-même et l'absence d'apitoiement sur les détresses, Jauffret est le plus baudelairien de nos écrivains. C'est aux poèmes en prose du «Spleen de Paris» que font penser ses tableaux de notre monde désarticulé et fragmentaire, perdu entre insanité et inanité.
Les affreux, sales et méchants qui peuplent son dernier roman vous laissent pourtant l'impression qu'ils sont vos semblables, vos frères...


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 18 janvier 2007

On y croise à toute époque, y compris celles qui viendront, des meurtriers, des couples en haine, des pédophiles ordinaires, des frustrés, des monstres en tous genres et pas mal d'écrivains réussis ou ratés, tout ce que la société fantasme et réprime ; mais on les croise sur le mode de la jouissance : celle de raconter une histoire follement claire, clairement folle, qui se nourrit de ses propres vertus...
Jauffret aime les effets de surprise, puisqu'il cherche à se surprendre lui-même : c'est d'ailleurs pour ça qu'on le lit. Sa manière de souffler sur l'imagination, d'y jeter tous les possibles, est une manière de libérer le lecteur, ce peine-à-lire.


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 17 janvier 2007

Nul doute, Régis Jauffret est un peu zinzin, et beaucoup écrivain. Il n'écrit que délires et dingueries, méchancetés et horreurs, et tient, sur plus de mille pages, le lecteur par la barbichette. C'est un coup de force, peut-être un défi à la démesure de sa détresse. C'est surtout un acte littéraire, un acte politique. Avec lui, c'est lis ou crève, vois le monde tel que je le regarde ou dégage ! Régis Jauffret est libre, au risque d'en faire trop, de choquer, de déplaire - en ces temps de mièvrerie omnipotente, voilà qui est salutaire, et jouissif...
L'auteur plonge dans l'immonde, décrasse les clichés, et sans pudeur, avec acharnement même, revendique un peu d'amour. Il y a, au fil de ses histoires qui souvent flirtent avec la fantaisie ou l'incongru, comme des relents de tendresse pour l'enfance, ces vies à peine écloses et déjà maltraitées, déjà dévoyées.


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