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Un été à Cabrera

Couverture du livre Un été à Cabrera

Auteur : Pedro Zarraluki

Traducteur : Laurence Villaume

Date de saisie : 19/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Feux croisés

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-259-20446-0

GENCOD : 9782259204460

Sorti le : 04/01/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Eté 1940. Leonor, épouse d'un haut dignitaire républicain fusillé à la fin de la guerre d'Espagne, et sa fille Camila sont envoyées en exil forcé sur la petite île de Cabrera, au sud des Baléares. Pour seule compagnie, elles auront une brave cantinière râleuse, son mari alcoolique, un pêcheur solitaire hanté par de lointains souvenirs, un mystérieux et séduisant ermite allemand et un détachement militaire terrorisé par une éventuelle attaque de la marine anglaise. Entre temps, à Majorque, un homme reçoit de la part des autorités l'ordre de se rendre à Cabrera pour exécuter une mission susceptible de lui permettre de racheter les fautes de son troublant passé.

Un été à Cabrera est une ode splendide à l'énergie inépuisable avec laquelle les femmes et les hommes se relèvent après les coups cruels infligés par le destin.

Pedro Zarraluki est né à Barcelone en 1954. Il est l'auteur de deux livres de récits et de plusieurs romans, dont El Responsable de las ranas (L'Abbaye des grenouilles, Belfond 1993), récompensé par le Prix de la Ville de Barcelone. Un été à Cabrera a été couronné par le prestigieux Prix Nadal, équivalent du Concourt, en 2005. Son oeuvre a été traduite en sept langues.





  • La revue de presse Christophe Mercier - Le Figaro du 8 février 2007

Le roman de Pedro Zarraluki procède par juxtaposition de scènes brèves, tour à tour consacrées aux différents personnages, et qui dessinent une chronique de la vie dans le hors monde qu'est cette île isolée, qui vit au ralenti. On ne peut qu'être sensible à la générosité du regard du romancier, qui ne condamne aucun de ses antihéros, qui offre à chacun, même aux plus odieux, l'occasion de se racheter, de se montrer, un instant au moins, sous son meilleur jour. Ce beau livre d'une écriture très sobre, souvent oppressant, parfois cru et troué d'éclairs de violence, est finalement un livre d'espoir, et de foi dans l'humanité, dans les ressources insoupçonnées des hommes alors qu'ils croient avoir atteint le fond du trou.



  • Les premières lignes

Cela faisait une demi-heure que Benito Buroy était assis dans la salle d'attente. Il avait posé son chapeau sur la chaise à côté de lui et de temps en temps palpait la doublure dans l'espoir que la sueur ait séché. Il détestait devoir remettre un chapeau encore humide. Au cours de cette demi-heure, Benito Buroy avait épuisé toutes les ressources de l'endroit. Il avait feuilleté le journal, tenté d'engager la conversation avec le policier derrière le comptoir qui ne s'était même pas donné la peine de lui répondre et l'avait regardé d'un air méfiant quand il lui avait demandé des nouvelles de son épouse, et il avait observé, avec la curiosité tranquille d'un retraité, la femme qui passait le balai en fredonnant une chanson d'Angelillo.
Elle venait de terminer la salle, mais l'écart entre les vieilles dalles était tel que la poussière, et même les mégots, s'étaient glissés entre les joints. Sans doute habituée à ce phénomène insolite, elle haussa les épaules et sortit en poussant un long soupir libérateur. Benito Buroy se demanda où allait la poussière que le sol avalait chaque fois qu'on le balayait.
Il en était là de ses pensées lorsque la porte du bureau s'ouvrit pour laisser apparaître la bouille du commissaire. Le policier était un homme au regard torve, et si petit qu'on éprouvait de la gêne à le regarder. Il s'adressait aux autres avec l'hostilité propre aux personnes difformes, bien qu'il fût en général content de lui, et tout particulièrement de son sens de l'humour.
- Vaudrait mieux pour toi que tu m'apportes de bonnes nouvelles, dit-il en guise de salut. À Burgos, ils ont besoin de pédés communistes pour servir de putes aux détenus.


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