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Entre chien et loup : carnets, avril-septembre 1987

Couverture du livre Entre chien et loup : carnets, avril-septembre 1987

Auteur : André Blanchard

Date de saisie : 17/01/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

GENCOD : 9782842631321

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  • La présentation de l'éditeur

C'est sur le mode mineur qu'André Blanchard rompt le silence; il préfère, à l'assaut d'un premier roman, le repli feutré de quelques feuillets intimes, en demi-teintes, entre chien et loup. Loin des pets d'âme et du prurit mondain, il se risque en lui-même pour y pratiquer l'arpentage méticuleux de son périmètre interne, l'exacte saisie de son paysage intérieur. Plume au poing, André Blanchard se sillonne avec lenteur et gravité et nous livre ainsi, ligne après ligne, une vie émaillée de sourires et secouée d'implosions.
Un livre paru pour la première fois en 1989 au Dilettante. - Nouvelle édition augmentée d'une préface de l'auteur.

André Blanchard, né en 1951, vit à Vesoul où il fait l'ange gardien dans une galerie d'art. Entre chien et loup inaugure ses Carnets, qu'on peut relire selon les milieux bien informés.




  • Les premières lignes

Tout le monde ne peut pas s'appeler Marcel

On ne voit pas le temps passer, disent les gros bras de l'agitation; s'il en allait ainsi de l'écrivain, les muses le révoqueraient pour intelligence avec l'ennemi.
Et pourtant, c'était hier, il me semble, que j'expédiais cette première tournée de Carnets à un éditeur qui se montait en ménage, sans dot, qui hasardait petits tirages et petits volumes pour se faire les reins, et dont le nom fût allé au mioche comme réponse lorsqu'on l'enquiquinait avec ce qu'il voulait faire quand il serait grand :
- Dilettante, na !
L'être, dilettante, aura été de soi chez moi qui, dès l'époque des culottes courtes, ne me sentais aucun atome crochu avec une vie pour de vrai; et c'est en toute logique qu'à mes débuts, griffonnant au brouillon des notes dont j'ignorais qu'elles seraient comme les ancêtres des Carnets, j'avais placé cela sous le titre : En dilettante. C'est un mot qui ménage la gravité non sans tenir en respect son excroissance, qui est de se prendre trop au sérieux - il y a des avant-gardes pour ça. Et c'est un mot qui réfute l'idée de carrière : la littérature est une dame avec qui on batifole et fait le fou, et non pas, selon le vocabulaire des va de l'avant et de la gueule, une «opportunité», dont trop se servent afin de rentabiliser une ambition. Que font les lecteurs ?
- Peut-être qu'ils achètent plus qu'ils ne lisent.
Ce que postillonnait Danton, de l'audace ! j'en eus à l'époque, en ce mois de juin 1988, car proposer à la publication ce genre d'écrits par lesquels d'habitude on finit, c'était bien saugrenu, une idée de jeunot qui n'a pas froid aux yeux. Corrigeons illico le crâneur : si je pouvais faire valoir de la verdeur, celle d'une plume benjamine, j'étais de la branche vocation tardive, la trentaine déjà étrennée.


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