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Histoire de la beauté

Couverture du livre Histoire de la beauté

Auteur : Umberto Eco

Traducteur : Myriem Bouzaher | François Rosso

Date de saisie : 18/08/2006

Genre : Arts

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 39.00 € / 255.82 F

ISBN : 978-2-08-068711-1

GENCOD : 9782080687111


  • La revue de presse Catherine David - Le Nouvel Observateur

Où se trouve la Beauté ? Dans la réalité ou dans notre regard sur elle ? Dans la nature ou dans l'art ? Dans la célébration de la lumière par Mazda, Plotin, Denys l'Aréopagite, Erigène, Ficin ? Ou dans l'harmonie des sphères chantée par Pythagore ? Eco rappelle que, selon cette vénérable théorie, «les planètes en tournant autour de la Terre génèrent chacune un son d'autant plus aigu que la planète est plus éloignée de la Terre et que son mouvement est donc plus rapide. L'ensemble émet une musique très douce que nous n'entendons pas en raison d'une inadaptation de nos sens».
La beauté réside-t-elle plutôt dans l'adéquation d'un objet à sa fonction, comme le pensait Thomas d'Aquin, auquel Eco a consacré sa thèse, et qui «aurait jugé laid un marteau de cristal» ?... Et la laideur, existe-t-elle ? Ou n'est-elle qu'une province du Beau ?... Dès le début du volume, les tableaux d'images comparatifs ont sur l'esprit un effet quasiment stroboscopique : de la Vénus de Willendorf, 25 000 ans, à la blondeur plan-tureuse d'Anita Ekberg dans la fontaine de Trévise, en passant par les Vénus de Botticelli, l'«Olympia» de Manet, les courbes de Mme Récamier. Nous allons, écrit Eco, «vers un irrépressible polythéisme absolu de la Beauté»... Eco nous tend un beau miroir qui peu à peu se lézarde et se brise en mille éclats, tandis que Johnny Weissmuller ou Twiggy viennent occuper la place du Discobole et d'Aphrodite. Fascinant.


  • La revue de presse François Busnel - L'Express

... Il est bien loin le temps où Umberto Eco voyageait en anonyme. Désormais, «il Dottore», comme on l'appelle de ce côté des Alpes, est esclave d'un emploi du temps qu'il ne maîtrise plus. A Mantoue aujourd'hui, il sera à Berlin demain, avant New York ou Buenos Aires. Le monde entier s'arrache cet érudit débonnaire et jovial, inépuisable conteur dont les fulgurances à la fois farfelues et profondes font le bonheur de millions de lecteurs... Umberto Eco est incontestablement l'écrivain qui incarne le mieux la synthèse du romancier et du savant. Ses travaux sur l'esthétique de saint Thomas d'Aquin l'imposèrent comme sémiologue et philologue, et lui valurent une chaire à l'université de Bologne, toute proche. Mais ce sont ses romans (Le Nom de la rose, en 1980, puis Le Pendule de Foucault, L'Ile du jour d'avant et Baudolino), audacieux thrillers philosophiques, qui apportèrent à cet ancien employé des éditions Bompiani une renommée à laquelle nul ne s'attendait. Infatigable, celui-ci continue d'explorer le passé. Plus précisément les points de jonction entre l'Histoire (la grande, celle qui raconte le destin des hommes) et la philosophie. Son Histoire de la beauté, qui paraît simultanément dans 14 pays, est l'illustration parfaite de l'état d'esprit d'Umberto Eco : curieux.

Curieux objet, également, ce livre d'art où le texte semble conçu pour décrypter l'image, où l'image se fait l'écho du texte. «Il s'agit d'un très vieux projet, sans doute l'une de mes toutes premières envies, explique-t-il. Il y a une quarantaine d'années, j'ai commencé à prendre des notes en vue de la publication d'une histoire de la beauté. Mon éditeur n'a pas donné suite. Il faut dire que ce genre d'études n'était pas à la mode : il fallait alors choisir des sujets graves, hermétiques, prendre l'air docte et sérieux. Pensez donc : ce que j'essaie de montrer, c'est qu'il faut dissocier l'histoire de la beauté de l'histoire de l'art !» Voilà, en effet, pourquoi la publication de cette somme, claire et ludique, est un véritable événement. Délaissant le jargon universitaire, fuyant les raccourcis autant que les exégèses, Eco démonte les clichés et bat en brèche, preuves à l'appui, les théories esthétiques classiques. La thèse qu'il défend est simple : la beauté n'est ni absolue ni immuable, et elle ne saurait se définir, comme l'affirme la philosophie depuis Kant, comme «ce qui plaît universellement et sans concept»... L'immense mérite de cette enquête à travers les âges est de convoquer, au tribunal de la raison, le témoignage des plus grands artistes de leur temps. Eco prône le relativisme, renvoie la beauté à un espace (l'Occident) et à un temps (la contemporanéité). Ce livre est une oeuvre d'art. A mettre entre toutes les mains pour comprendre ce que le beau veut dire.


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