Auteur : Jacqueline Du Pasquier
Date de saisie : 08/02/2007
Genre : Arts
Editeur : C. Massin, Paris, France
Prix : 35.00 € / 229.58 F
GENCOD : 9782707205322
Sorti le : 08/01/2007
Les plus belles verreries du Moyen Âge ont été créées au Proche-Orient, dans le monde islamique qui, du VIIIe au XVe siècle, a su mettre particulièrement à l'honneur les arts mobiliers. Caractérisé par un goût aussi original que raffiné, le verre islamique, soufflé à la volée ou dans un moule, peut être taillé comme le cristal de roche, imiter les pierres fines ou encore présenter un décor peint, doré ou somptueusement émaillé, proche de l'art de la miniature. Très tôt lié au quotidien, il est bien souvent un attribut du souverain, présent dans les palais mais plus fréquemment encore dans les mosquées, il est alors revêtu d'inscriptions et de versets sacrés du Coran.
Considérés par les croisés et les voyageurs en Terre Sainte comme des objets précieux, beaucoup de ces verres ont été rapportés en Occident, où ils n'ont pas tardé à être imités, notamment à Venise. Plus tard, au XIXe siècle, redécouverts par les amateurs épris d'orientalisme, ces chefs-d'oeuvre de l'art islamique ont été abondamment imités et ont ainsi participé à la grande création verrière européenne, à la veille de l'Art nouveau.
Extrait de la préface :
Dans le cadre de l'histoire du verre en sept volumes décidée par les éditions Massin, pour ce qui regarde l'époque du Moyen Âge nous souhaitions tout d'abord réunir en un seul volume la production verrière occidentale et celle de l'Orient, qui virent toutes deux le jour durant cette longue période médiévale, se situant en gros, pour l'Occident du Ve au XIVe siècle et commençant pour le monde islamique à la fin du VIIe siècle. La richesse décorative, la qualité et le bon état de conservation de la verrerie du Moyen-Orient auraient ainsi compensé la rareté des pièces du Moyen Âge occidental parvenues jusqu'à nous. Mais les disparités, qualitatives et quantitatives, s'avérèrent trop contrastées entre l'Europe et le Proche-Orient pour être envisagées dans le même ouvrage et, par ailleurs, il nous est apparu, que cette confrontation d'objets créés dans deux mondes aussi différents risquait de déséquilibrer notre propos et surtout de ne pas le rendre intelligible. Le verre, comme toute création artistique, a sa place au sein d'un territoire, d'une histoire et d'une civilisation bien spécifiques, générant des qualités propres, autant de paramètres qu'il s'agissait de prendre en compte, nous rappelant la théorie, toujours d'actualité, de Taine, selon laquelle la création d'une oeuvre d'art est déterminée par «l'atmosphère matérielle, morale et intellectuelle dans laquelle l'homme vit et meurt».
Il ne s'agit pas pour autant de négliger les points d'échange et de communication entre ces deux mondes, en dépit de leurs destinées différentes et des luttes qui les opposèrent. Les relations existaient et les hommes voyageaient. On connaissait et on admirait en Europe les textiles et les objets en métal, ou en verre fabriqués en terre d'Islam, alors tellement en avance sur le monde occidental. Ainsi l'émerveillement suscité par les verres de sainte Hedwige (voir Le Moyen Age, 2005, p. 72-73) rapportés du Moyen-Orient est-il attesté par les montures orfévrées dont ils étaient parés à leur arrivée en terre chrétienne, qui les transformaient en objets précieux et sacrés, ostensoirs, calices ou reliquaires.
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