Accrocher les coins de la bouche au bord des oreilles / Passion du livre

Recherche simple

Recherche avancée

Recherche multi-critères








Recherche avancée

.. Accrocher les coins de la bouche au bord des oreilles

Couverture du livre Accrocher les coins de la bouche au bord des oreilles

Auteur : Dongxi

Traducteur : Isild Darras

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigue, France

Collection : Regards croisés

Prix : 14.00 €

GENCOD : 9782752603050

en vente sur logo Amazon.fr Librairie Dialogues


  • La présentation de l'éditeur

Accrocher les coins de la bouche...

Plus question «d'accrocher les coins de la bouche au bord des oreilles», comme disent les Chinois. A force d'être prohibé, le rire a totalement disparu. Sauf chez grand-père Jiu qui, lui, n'a pas tout à fait oublié. Un jour, à l'évocation d'un souvenir parfaitement incongru - il faisait l'amour à sa femme ! -, il s'esclaffe. L'effroi dans lequel il plonge alors ses congénères le fait rire d'autant plus, jusqu'à ce qu'il réussisse à convaincre sa petite-fille d'essayer : «Viens t'asseoir à côté de moi. Je vais t'apprendre. En fait, c'est très simple, tu n'as qu'à étirer les coins de ta bouche, les accrocher au bord des oreilles, et tu y es.»
Dongxi nous propose ici cinq nouvelles contemporaines dans leurs sujets, leur écriture et leur ton, qui montrent à quel point la Chine traverse une période paradoxale, entre tradition et modernité, entre larmes et... rires !

Dongxi est né en 1966 dans la province de Guangxi, au sud de la Chine. Enseignant en Chine, journaliste, éditeur, il est également écrivain. Accrocher les coins de la bouche au bord des oreilles est son premier livre publié en français.




  • Les premières lignes

Autorité

Clic !
Hu Nong tendit la main pour éteindre la lampe de chevet. Il ne l'avait pas encore retirée que l'obscurité, comme un linceul, enveloppait étroitement ses doigts et son bras. Il profita du noir pour se déshabiller. Les froissements de ses vêtements ressemblaient aux battements d'un nageur dans la nuit.
Il s'allongea, dans la position d'un martyr. Les ronflements retentirent dès le moment où sa tête rencontra l'oreiller. Depuis qu'il avait éteint et s'était déshabillé jusqu'à ce qu'il s'allongeât et ronflât, il n'avait pas gaspillé la moindre seconde; il semblait être né pour accomplir au mieux cette série de mouvements.
Ignorant combien de temps il avait dormi, évidemment, il tendit la main droite pour toucher Zhang Yue. Il eut l'impression d'avoir étendu le bras sur presque un kilomètre, sans jamais l'atteindre. Il ressentit une impression de froid sur le cou, comme s'il était couvert d'un bloc de glace.
Clic !
Il alluma la lampe de chevet. Il vit Zhang Yue assise au bord du lit, tête baissée, immobile comme une boîte en papier; elle n'avait pas l'intention de dormir.
- Sais-tu ce qui fait le plus de bruit la nuit ? lui demanda-t-il.
Zhang Yue garda le silence. Silence... Silence... On explose ou on meurt.
-Tu ne sais pas ? Je te le dis : c'est une lampe qu'on allume.
Sa réponse ne toucha absolument pas Zhang Yue. Il se frotta trois fois l'oeil gauche, puis le droit, et ouvrit les deux yeux en grand, de peur d'être en train de rêver. Des deux mains, il la saisit par les épaules et la fit descendre sur le lit avec lenteur et douceur.


Copyright : Studio 108 2004-2014 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli