Auteur : Gefei
Traducteur : Xiaomin Giafferri-Huang
Date de saisie : 15/01/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France
Collection : Regards croisés
Prix : 12.80 € / 83.96 F
GENCOD : 9782752601827
«Après avoir élucidé la dernière image de son rêve, Du Yu retourne en arrière et revoit la silhouette floue d'une femme, celle qui semble être l'objet de ses désirs les plus secrets. Assise au bord de la fontaine, baignée par le soleil nonchalant de l'après-midi, elle est occupée à se couper les ongles.» Du Yu, jeune médecin psychiatre diplômé, est engagé par une institution dans laquelle errent des patients aux symptômes les plus variés. Chaque cas rappelle à Du des événements de son enfance, ce qui le conforte dans l'idée qu'on ne devient pas psychiatre par hasard. Mais notre jeune médecin sera définitivement perturbé lorsqu'il rencontre Lili, une ravissante jeune femme qui écrit des poèmes adressés à un dénommé «Idiot». L'écriture de Ge Fei, tout en douceur et en subtilité, lui permet d'insister plutôt sur la vulnérabilité de ses protagonistes que sur la violence des situations, même si leur issue est inéluctable. Un roman poignant et sensible.
Ge Fei est né en 1964 en Chine, dans la province du Jiangsu. Docteur en littérature, spécialisé en littérature chinoise contemporaine, il est professeur à l'université de Qinghua de Pékin depuis 2001. Il a déjà publié, à l'Aube, Impressions à la saison des pluies.
Au petit matin, Du Yu est réveillé par la pluie. Il se demande depuis quand elle tombe. Cela a dû commencer pendant la nuit, ou peut-être la veille, ou même deux jours plus tôt, à la tombée du jour. Au milieu de ce bruissement, des gouttes d'eau tombent d'un robinet avec un rythme régulier qui fait penser aux battements du coeur ou au tic-tac de l'horloge.
Malgré la pluie, l'air qui entre par la fenêtre n'apporte aucune fraîcheur, mais seulement une odeur d'humidité et de moisi, caractéristique de la saison.
Il fait si noir dans la chambre qu'il ne distingue absolument rien. Dans la rue, derrière le grand mur, le chariot du livreur de lait rompt le silence dans un cliquetis de bouteilles, avant de s'éloigner dans l'air désert.
L'esprit de Du Yu s'envole et pendant un moment, il croit être redevenu enfant. Il se voit, par un après-midi éclatant, pêcher avec son père dans le bois près du village. Un orage vient de passer, le sentier est plein de boue. Son père lui fait remarquer que la pluie a troublé l'eau de la rivière et que les poissons ne voient plus l'appât...
Ses pensées vagabondes le mènent ensuite à la montagne du Grand Xing'an, dans un sentier au milieu des bouleaux et des sapins géants qui empêchent les rayons du soleil de pénétrer l'obscurité de la forêt. Le vent du sud qui souffle dans la vallée en ce début d'été répand un frais parfum de résine. Assis dans une charrette qui avance lentement, il voit avec surprise le ciel noircir tout d'un coup; des gouttes traversent la cime des arbres et mouillent le Dictionnaire de la médecine qu'il tient entre les mains. Dans cette région de Mandchourie, de fortes averses s'abattaient toujours sur la forêt après une grosse chaleur.
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