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Byzance, villes et campagnes

Couverture du livre Byzance, villes et campagnes

Auteur : Michel Kaplan

Date de saisie : 14/07/2007

Genre : Histoire

Editeur : Picard, Paris, France

Collection : Les médiévistes français

Prix : 36.00 € / 236.14 F

GENCOD : 9782708407817

Sorti le : 08/12/2006

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  • La présentation de l'éditeur

Ce volume regroupe vingt articles publiés entre 1981 et 2005.
Ils portent tous sur l'histoire économique et sociale. Même si l'Empire byzantin s'est illustré par la qualité de sa vie urbaine, à commencer par celle de sa capitale, l'essentiel de sa population vit et travaille à la campagne, dans les villages. Les villageois sont les premiers contributeurs de l'économie byzantine ; ils paient l'essentiel des impôts qui font vivre un État comparativement fort. Ces impôts alimentent les traitements des hauts fonctionnaires et dignitaires ; les puissants y ajoutent les loyers qu'ils tirent de leurs possessions foncières.
L'aristocratie jouit d'un pouvoir d'achat élevé qu'elle dépense en ville, où elle préfère vivre, et notamment à Constantinople, où la proximité à l'empereur lui permet d'obtenir offices et titres. L'ouvrage commence donc par l'étude des villages et villageois, traite ensuite des puissants dans les campagnes, puis développe un car particulier, celui des monastères ; il s'intéresse enfin à l'économie et à la société urbaines, essentiellement celle de Constantinople, qui fut, du Ve siècle à 1204, la ville la plus importante et la plus développée de la chrétienté.
La civilisation byzantine est certes passée à la postérité pour bien d'autres raisons, notamment artistiques, culturelles ou religieuses ; mais, pour en comprendre la nature et la portée, il faut en saisir les fondements économiques et sociaux. C'est ce que tente de faire cet ouvrage.

Michel KAPLAN est professeur d'histoire byzantine à l'Université Paris I (Panthéon-Sorbonne) qu'il a présidée de 1999 à 2004. Il a étudié l'économie et la société byzantines, mais aussi les représentations mentales et la vie religieuse, à partir, entre autres, des sources hagiographiques. Il a notamment publié Les hommes et la terre à Byzance du VIe au XIe siècle : propriété et exploitation du sol, Paris, 1992 (Byzantina Sorbonensia 10). Dans la même collection, il a dirigé Le saint et son sanctuaire à Byzance : textes, images et monuments, Paris, 1993 (Byzantina Sorbonensia 11), avec C. Jolivet et J.-P. Sodini ; Le sacré et son inscription dans l'espace à Byzance et en Occident. Etudes comparées, Paris, 2001 (Byzantina Sorbonensia 18) ; Monastères, Images, Pouvoirs 2006 (Byzantina Sorbonensia 23).




  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

La formation que j'ai reçue comme byzantiniste ou plus simplement comme médiéviste, grâce à Paul Lemerle, Hélène Ahrweiler, Nicolas Svoronos, Edouard Perroy ou Robert Fossier, m'a conduit à me tourner essentiellement vers l'histoire économique et sociale. Dans la voie tracée par Marc Bloch, dans la lignée de ce qui était alors l'école des Annales (économie, société, civilisation et pas encore histoire, sciences sociales), il s'agissait de faire reposer une tentative d'histoire totale d'une civilisation sur ses fondements économiques et sociaux. Si ce métier d'historien cher à Marc Bloch a un sens de nos jours, c'est pour aider les hommes et les femmes qui vivent dans la société du XXIe siècle à la comprendre pour mieux y vivre en leur apportant l'éclairage de telle ou telle société passée, fût-elle byzantine ; et la première compréhension dont ils ne peuvent se passer, c'est l'économie et la société.
Certes, bien d'autres aspects d'une société passée interpellent nos contemporains, comme ils passionnent les chercheurs et les étudiants dont certains deviendront chercheurs à leur tour. À partir de certaines sources comme les récits hagiographiques ou les correspondances que j'avais utilisées pour mes premiers écrits sur l'économie et la société, je me suis plongé dans le monde des représentations mentales qui animaient les Byzantins, comme l'usage des reliques, ou les forces spirituelles qui les poussaient sur les routes des pèlerinages. Ces recherches m'ont permis de cerner bien des facettes de la mentalité byzantine. Pourtant, elles n'ont point infirmé ma perspective de départ : aucune des luttes sévères qui opposent des fidèles pour la détention d'une relique ou d'une icône ne peut s'expliquer complètement si l'on ne tient pas compte que cette icône ou cette relique occupe dans la célébrité du monastère qui la conserve une place décisive : elle assure l'afflux des fidèles et la pérennité des offrandes. Quand un évêque tente de récupérer une relique précieuse d'un citoyen de sa cité en résistant à la revendication éventuellement légitime d'un monastère, le conflit est une opposition de pouvoirs, non de spiritualité.
La première écriture des articles qui figurent dans le présent recueil embrasse vingt-cinq ans de mes recherches.


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