Passion du livre - tout sur le livre : Les soeurs de Prague

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Les soeurs de Prague

Couverture du livre Les soeurs de Prague

Auteur : Jérôme Garcin

Date de saisie : 01/10/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 14.50 € / 95.11 F

ISBN : 978-2-07-076659-8

GENCOD : 9782070766598

Sorti le : 04/01/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

1. Agent. a) Celui qui agit, contrairement à celui qui subit l'action. b) Ce qui produit un effet déterminé, force, corps ou substance intervenant dans la production de certains phénomènes. Exemple : agent atmosphérique. 2. Agent. a) Personne chargée, en affaires, d'agir pour le compte d'autrui, jouant le rôle d'intermédiaire dans des opérations commerciales, industrielles et financières. Exemple : agent de change ou d'assurances.
b) Employé d'une société ou d'une administration. c) Agent secret : espion, membre d'un service de renseignements. 3. Agent. a) Agent artistique : imprésario procurant des engagements aux artistes moyennant rémunération. b) Agent littéraire : intermédiaire contractuel entre les auteurs et les éditeurs. Exemple : Klara et Hilda Gottwald, alias " les soeurs de Prague ", dont l'agence artistique et littéraire a connu à Paris, au début des années 2000, une ascension et une chute retentissantes.

Jérôme Garcin dirige les pages culturelles du Nouvel Observateur et anime Le Masque et la Plume sur France Inter. Il est notamment l'auteur, aux Editions Gallimard, de Pour Jean Prévost, prix Médicis essai 1994, de La chute de cheval, prix Roger Nimier 1998, et de Théâtre intime, prix France Télévisions 2003.





  • La revue de presse Jean-Paul Enthoven - Le Point du 11 janvier 2007

Le vrai sujet de ce roman - inattendu, avec ses scènes de genre et de sexe - est pourtant ailleurs : c'est la solitude de deux êtres, le jeunot et la papesse, qui, par faiblesse ou instinct de survie, ont consenti à jouer le jeu de la frime, du fric, du trafic. La diabolique Klara s'humanise dans sa chute ; l'arriviste stendhalien se retrouve échotier dans un journal de province. Au passage, Garcin aura passé en contrebande sa propre morale : mieux vaut une promenade à cheval qu'un aller-retour au pays factice de la renommée. Mieux vaut un bonheur un peu gris qu'un feu d'artifice qui risque d'incendier les cervelles en étoupe. Est-ce, de la part d'un amateur de Hérault de Séchelles, un roman sur l'ambition ? Ou une fable sur les comètes mondaines ? Ou la confession d'un misanthrope masqué ? Au lecteur de juger. A lui de se projeter dans, ou de s'exclure de, cette fresque moderne où tout est noir. D'un noir brillant. Garcin aura mis son monde en garde. A bon entendeur...



  • Le message sonore

Jérôme Garcin - 15/02/2007



  • Les premières lignes

L'influente et redoutable Gottwald avait vraiment aimé mon roman. Elle roulait les «r» avec un très léger accent métallique et faisait sonner le mot «roman», on eût dit le bourdon fêlé d'une cathédrale. Cela donnait une gravité presque caverneuse à son enthousiasme. Sans en rien laisser paraître, affectant même de jouer l'indifférent, j'exultais. Moins je réagissais, plus elle en rajoutait. En somme, à l'en croire, avec La tête froide, j'avais écrit une manière de chef-d'oeuvre. C'était il y a une dizaine d'années. J'avais encore des ambitions, bien camouflées sous quelques illusions. Je me croyais jeune. Je n'étais que naïf.
Ce soir-là, au bar du Lutetia où, je m'en souviens très bien, Catherine Deneuve donnait dans un coin feutré une cascadante interview sans jamais regarder son interlocuteur en nage et, dans un autre, Isabelle Huppert complotait je ne sais quoi d'inquiétant, de féerique, de hiératique, avec Bob Wilson, je buvais lentement le subtil cocktail d'éloges que Klara Gottwald m'avait préparé et qu'elle versait, goutte après goutte, avec une royale délicatesse.
Elle s'était beaucoup appliquée, ou préparée, à vouloir me convaincre de son emballement. Tirant d'une cigarette extra-fine des volutes inspirées, elle me parlait de mes personnages imaginaires comme si elle les connaissait personnellement, voulait savoir si l'on pouvait visiter la gentilhommière d'Épône où ils s'étaient aimés, jurait avoir versé une larme à la mort crâne de mon jeune héros guillotiné. Elle regrettait d'ailleurs que l'on n'eût pas tiré un film de cette vie brève et pleine, elle aurait bien vu Jean-Paul Rappeneau derrière la caméra et Benoît Magimel, devant. Elle mettait ce «raté», cette «incompréhensible négligence», ce sont ses mots exacts, sur le compte de mon «paresseux éditeur» et assurait que, si seulement j'avais eu un agent, les producteurs de cinéma se seraient arraché mon histoire.


Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli