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Le feu, la vie

Couverture du livre Le feu, la vie

Auteur : Nathalie Bauer

Date de saisie : 22/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : P. Rey, Paris, France

Collection : Roman français

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-84876-075-9

GENCOD : 9782848760759

Sorti le : 04/01/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Du vieux palais voisin, Rocco a longtemps admiré le golfe en contrebas, les plages de sable pâle, la mer recommencée.
Mais depuis qu'une insolite et séduisante famille mi-russe mi-française l'habite, c'est un autre spectacle qui l'attire : Ludmilla à son violon, Irina dansant parmi les herbes folles, Varvara l'imprévisible avec ses allures de bohème et ses rêves d'écrivain. Rocco sait que désormais son existence va changer ; déjà, son père, le tyrannique capitaine au long cours, ne réclame plus " Paix et silence ", n'accuse plus ses fils d'être incapables de trouver le courage de vivre : à présent, il organise des repas sous la tonnelle, prend le voisin, Vadim, en aparté, lui explique le sud de l'Italie...
II semble que tout soit touché par une sorte de grâce. Une grâce née du choc explosif de deux familles. Séduction et répulsion : les scènes se succèdent, cocasses ou douloureuses. Parents inquiets, filles excessives, adolescents fiévreux autour desquels gravitent des personnages insolites : une grand-mère russe dite " le vieux dragon ", les " tantines " italiennes, jumelles infantiles, le " professeur " aux idées noires, et tout un village.
Un univers tchékhovien dans l'âpre Sud italien, mais surtout une merveilleuse exhortation à la vie, au feu de la vie.

Nathalie Bauer est traductrice de l'italien. Le feu, la vie est son deuxième roman.





  • La revue de presse Dominique Fernandez - Le Nouvel Observateur du 22 février 2007

Dès les premières pages, on est jeté ailleurs, et c'est un des plus vifs plaisirs que peuvent donner les romans...
Nathalie Bauer, traductrice de l'italien, met en scène avec talent cette rencontre de deux univers en apparence si éloignés mais dont elle révèle la secrète connivence : l'inquiétude méridionale, liée à la situation historique du Mezzogiorno sous-développé et gangrené par la corruption, et la dinguerie slave, intemporelle, métaphysique.


  • La revue de presse Alice Ferney - Le Figaro du 11 janvier 2007

Notre vie est de nature microscopique. Voilà un livre qui semble la mise en mots romanesque de cette phrase de Schopenhauer. Les événements y sont minuscules : un déjeuner, un goûter, une exposition de peinture, une promenade, une dispute, un dépit amoureux... La vie va, ne va nulle part, s'attarde et paraît longue, puis d'un seul coup décline, se précipite vers la destruction. Les jeunes cherchent un destin. Les vieux meurent (d'abord le professeur, la grand-mère, puis finalement le père). Les gens se cognent, s'embrassent puis se griffent. Tous les liens sont compliqués. Les êtres sont insaisissables. Tout peut s'effilocher si l'on ne jette pas sa volonté entière dans la bataille.



  • Les premières lignes

Du village, on distinguait mal les trois demeures qui se dressaient sur le promontoire, la leur, celle du professeur et le vieux palais en ruine, parce que la pinède les dissimulait en partie ; quant aux habitants, trop occupés à contempler la mer et le va-et-vient des pétroliers dans le port voisin, ils se tournaient rarement de ce côté. «Tant mieux», disait leur père à chacun de ses retours, «tant mieux» et «paix et silence». Puis il lançait dans l'air le mot Antarctique, les mots fjords et Caraïbes, racontait des anecdotes concernant des marins, des officiers, des passagers, illustrait ses qualités de commandant, décrivait les dangers qu'il avait su éviter. Leur distribuait des petits cadeaux inutiles, porte-clefs, cendriers, cravates, s'enfermait ensuite avec leur mère et réapparaissait, le torse couvert de bouclettes grises qui les dégoûtaient un peu. S'asseyait dans le jardin, répétait «paix et silence», rapportait qu'il avait rêvé de ce calme bien souvent au cours des dernières croisières, quand les voix des officiers et celles des passagers envahissaient son cerveau tel un gaz, sans y laisser un centimètre cube pour ses propres pensées, jamais il n'avait un instant de répit, pas même la nuit, oui, c'était un métier difficile, mais qui avait des avantages : il parcourait le monde entier une partie de l'année et retournait se reposer dans sa chère pinède, où seuls les bavardages de ses enfants et le chant des petits oiseaux s'insinuaient dans sa tête.
Les jours qui suivaient son arrivée, leur père passait de longues heures sur un transat à savourer le calme et le silence, à s'exclamer «Tiens, une mésange qui chante !», ou encore «Tiens, une salamandre dans les rosiers !», puis il leur annonçait qu'il allait se dégourdir les jambes et demandait qui voulait l'accompagner.


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