Auteur : Jacques Rigaud
Date de saisie : 12/01/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Arléa, Paris, France
Collection : Essai
Prix : 18.00 € / 118.07 F
GENCOD : 9782869597648
Sorti le : 04/01/2007
"A l'approche de l'élection présidentielle, les médias nous enferment dans le court terme, de sondages en petites phrases. J'ai voulu offrir une grille de lecture différente, en tenant compte, au-delà de la conjoncture, des "invariants" de la politique de tous les temps, tels que Machiavel les a identifiés. Pour être vieille de près de cinq siècles, sa pensée n'a rien perdu de sa pertinence et...de sa virulence, du machiavélisme au petit pied de la politique-spectacle au "machiavélisme modéré" que recommandait Raymond Aron pour dissuader les gouvernants d'un angélisme et d'un cynisme également périlleux."
Jacques Rigaud
" Machiavélisme ", " machiavélique " : depuis près de cinq siècles, ces termes n'ont cessé d'être employés, et dans un sens souvent polémique et critique.
Étrange fortune posthume du secrétaire florentin, dédaigné par les Médicis, mais dont l'oeuvre a inspiré beaucoup de ceux qui ont tout fait pour conquérir et conserver le pouvoir. Quel est le sens du machiavélisme en ce début du XXIe siècle ? C'est la question que pose Jacques Rigaud, après un long parcours alterné entre les cercles du pouvoir et les médias. En un temps où les médias se prennent volontiers pour un pouvoir et le pouvoir pour un média, une lecture machiavélienne de la politique, du général de Gaulle à Chirac et Sarkozy, et de Mitterrand à Ségolène Royal, est riche d'enseignements.
Du machiavélisme au petit pied de la politique-spectacle, au machiavélisme " modéré " que prônait Raymond Aron pour dissuader les gouvernants d'un angélisme et d'un cynisme également périlleux, l'auteur du Prince et des Discours sur la première décade de Tite-Live offre une grille de lecture pertinente et d'une étonnante actualité.
Jacques Rigaud, à travers une relecture très personnelle de Machiavel et des portraits et témoignages vécus, propose dans ce court essai une analyse du machiavélisme contemporain dans ses formes abâtardies, engendrées par la tyrannie du système médiatique qui impose à la politique son tempo, son style et ses priorités. Il montre aussi les mérites d'un machiavélisme modéré, que Raymond Aron jugeait légitime dans un monde où les démocraties sont à bien des égards sur la défensive - et elles le sont encore plus aujourd'hui qu'au temps d'Aron et de la guerre froide. On doute que Ben Laden ait lu Machiavel, mais ce qu'il a inoculé de violence et de cruauté donne une résonance nouvelle à une pensée moins dépassée que jamais, et qui replace le tragique au coeur de la politique, y compris dans des démocraties apaisées, qui se croyaient invulnérables.
MACHIAVEL TOUJOURS ACTUEL
Il se passe de drôles de choses, par les temps qui courent, au sujet de Machiavel. On le redécouvre. Près de cinq siècles après l'envoi de l'ouvrage à la famille Médicis, en 1513, on ne cesse de se référer au Prince. Il n'est guère d'année, en ce début du XXIe siècle, où ne paraisse une nouvelle édition de son oeuvre ou un essai sur lui, en français ou traduit de l'italien, voire de l'anglais. Chaque jour ou presque, on apprend qu'un homme politique a accusé un adversaire ou, mieux encore, un ami, de machiavélisme. En septembre 2005, un colloque sur «Morale et politique», à Malagar, dans la propriété qui fut celle de François Mauriac, ennemi juré du machiavélisme, a étrangement tourné, sans préméditation, à une sorte de réhabilitation du secrétaire florentin. Début 2006, Edouard Balladur a publié un livre au ton désenchanté, Machiavel en démocratie - Mécanique du pouvoir, dont le message subliminal était : «Si j'avais été machiavélique, j'aurais été élu président de la République.» Machiavel semble n'avoir jamais été aussi actuel.
Oublieuse mémoire ! En 1924, Mussolini préfaçait Le Prince et envoya cette édition à Hitler qui, en retour, lui offrit les oeuvres complètes de Nietzsche. Lors des procès de Moscou, en 1936, Kamenev fut accusé d'avoir publié et préfacé Le Prince, crime inexpiable aux yeux de Staline et de Vychinski, lequel, en expert, traitait Machiavel de «fripon consommé». Au début de 1940, Raymond Aron préparait un essai sur le machiavélisme, qu'il jugeait sujet d'actualité («Si nous prenons ce mot au sens où il est employé vulgairement, rarement époque fut plus machiavélique que la nôtre», écrivait-il).
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