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Laissez-moi parler !

Couverture du livre Laissez-moi parler !

Auteur : Halima Hamdane

Date de saisie : 31/05/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Le Grand Souffle Ed., Paris, France | Maison des arts, des sciences et des lettres, Témara, Maroc

Prix : 12.80 € / 83.96 F

ISBN : 978-29164921000

GENCOD : 9782916492100

Sorti le : 25/12/2006

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  • La présentation de l'éditeur

Entre une tradition toujours vivante et l'aube d'une délivrance, ce récit traverse des générations de femmes portées par la voix singulière d'une dada, femme-esclave et maîtresse de maison.
Comme dans la légende des Mille et une nuits, avec audace, force et tendresse, des destins de femmes se croisent, s'entremêlent, se tissent pour dire l'inavouable.
Au coeur de ce labyrinthe, nous rencontrons une réalité qui n'appartient peut-être à aucune culture et à aucun temps, la condition de toutes les femmes, où bat avec violence l'émotion d'un cri : laissez-moi parler !
L'auteur, à travers l'intrigue de ce roman qui se déroule au Maroc, déploie une fresque de la vie simple qui touche à l'Intime Féminin.

Halima Hamdane est conteuse et déjà auteur de Sarraounia.

Deux éditeurs, français et marocain, ont décidé d'unir leurs efforts pour assurer à cet ouvrage une plus large diffusion.





  • La revue de presse José Garçon - Libération du 31 mai 2007

Comme personne, Halima Hamdane fait parler ces femmes qui osent dévoiler leurs souffrances, leurs rêves secrets et leurs désirs inavoués. Cette plongée dans l'univers, habituellement clos, de l'intime féminin qui accouche d'une parole enfin libérée est simplement impressionnante.



  • Le message sonore

Halima Hamdane - 10/07/2007



  • Les premières lignes

Le calme s'installe peu à peu dans la grande demeure. Comme à l'accoutumée entre quatorze et seize heures, la maisonnée se love et embrasse le silence. Pliant aux exigences de la grosse chaleur, personne ne bouge : c'est l'heure sacrée de la sieste. Ceux qui ont la chance de la pratiquer se gargarisent de bonheur à la simple évocation du mot.
Baignés dans ce rituel ancestral, tous s'abandonnent à la douceur du moment. Les chambres, restées fermées la matinée durant, sont fraîches et accueillantes. Des essences de bois de santal et de musc caressent les sens et invitent à la détente.
Or, en cet après-midi-là, les pièces ne laissaient filtrer ni ronflements, ni chuchotements amoureux. Les occupants étaient en proie à une agitation perceptible : les yeux ouverts et les corps tendus sous les draps, ils écoutaient. Le silence était traversé de temps à autre par une plainte à peine audible. Dans le patio, désert à cette heure-ci de la journée, une femme était couchée à même le sol devant la chambre d'où s'échappaient les gémissements. Un soupir plus fort que les autres attira son attention. Elle se leva et écarta la tenture. La chambre était plongée dans la pénombre. On distinguait difficilement le mobilier. La femme se dirigea vers le lit où une personne était allongée sur le dos. Elle se pencha doucement et posa sa main à plat sur le front de la malade. Elle la retira prestement et prit sur la table de chevet un flacon d'eau de rose et une compresse qu'elle imbiba et appliqua sur le front brûlant.


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