Passion du livre - tout sur le livre : Douce France

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Douce France

Couverture du livre Douce France

Auteur : Karine Tuil

Date de saisie : 21/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 14.90 € / 97.74 F

ISBN : 978-2246709916

GENCOD : 9782246709916

Sorti le : 03/01/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Une jeune femme sans histoires est arrêtée par erreur avec des immigrés clandestins.
Au lieu de protester, mi-fascinée mi-voyeuse, elle endosse l'identité usurpée d'une Roumaine sans papiers et devient la prisonnière involontaire d'un centre de rétention administrative de la région parisienne. C'est un autre monde qu'elle découvre : tour de Babel des langues, machinerie bureaucratique, attente effrayée de la décision du juge, libération ou renvoi au pays. La misère de ces corps sans patrie soulève en elle l'inquiétude sur ses propres origines.
Dans ce no man's land, toutes ses illusions, tous ses préjugés aussi, volent en éclats. Ainsi se noue ce roman coup de poing, à mi-chemin de l'indignation et de la lettre d'amour aux siens, autour d'une question obsédante : quel prix faut-il payer pour avoir la certitude d'une terre à soi ?

Karine Tuil est l'auteur chez Grasset de Tout sur mon frère (2003) et Quand j'étais drôle (2005).





  • La revue de presse Sophie Delassein - Le Nouvel Observateur du 1er février 2007

Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en situation irrégulière.» Qui parle ? La romancière Karine Tuil ou son héroïne Claire Funaro ? D'emblée, elles se confondent avec leurs origines juives communes, une manie de l'introspection, un sentiment d'insécurité congénitale et une saine curiosité qui les pousse à enjamber un jour les fils barbelés d'un centre de rétention administrative...
Pour mener à bien ce roman, son sixième, Karine Tuil a longtemps enquêté sur le destin de cette population en situation irrégulière en France et visité l'un des 21 centres de rétention, celui du Mesnil-Amelot, qu'elle décrit longuement. Elle a recueilli les sentiments des détenus et de leurs cerbères. Son aventure personnelle mêlée à celle de son personnage rend le récit réaliste, poignant, passionnant.


  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 4 janvier 2007

Se sentir étranger, partout où l'on se trouve : c'est à partir de ce sentiment que Karine Tuil a construit son nouveau roman...
S'ensuit une enquête au coeur de l'aéroport de Roissy et au centre de rétention administrative de Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne. Et cette quête sur ses propres origines ; sur les raisons profondes qui la poussent à agir et à penser en «immigrée» dans son propre pays...
Douce France est un «roman-enquête» où Karine Tuil montre ses talents d'observatrice. Elle ne laisse rien passer : ni le racisme entre les communautés, là où l'on aurait pu s'attendre à de la solidarité, ni l'emballement bureaucratique qui fait qu'une Française se retrouve embarquée de force en Roumanie. En se mettant dans la peau de cette fausse clandestine, la romancière démontre, en passant, la supériorité de la fiction sur la réalité, car son récit vaut les meilleurs essais.



  • Les premières lignes

Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en situation irrégulière. Il me semblait qu'à tout moment quelqu'un pouvait surgir chez moi en hurlant : Police ! Contrôle d'identité ! et me contraindre à le suivre. C'était absurde, personne n'avait jamais songé à me mettre à la porte, mon casier judiciaire était vierge, j'étais née en France et je n'envisageais aucune action terroriste. Pourtant, rien ne me terrifiait plus que la vision de policiers en uniforme. On eût dit que je cachais un cadavre dans mon sac à dos alors que tout ce que je dissimulais sous le masque de la citoyenne tranquille, c'était ma peur. Une appréhension réelle, sournoise, qui se manifestait par des palpitations, des tremblements incontrôlables. Lorsque j'apercevais des voitures de police, je bifurquais, changeais de route, j'avais des réflexes de gangster alors que j'étais un écrivain sans antécédents criminels. Mes parents, des Juifs d'Afrique du Nord qui avaient émigré en France à l'âge de dix-sept ans, m'avaient élevée dans la crainte. Juifs, ils voulaient se faire discrets; immigrés naturalisés au début des années 60, ils se sentaient inférieurs aux «vrais» Français comme s'il en existait des faux, détenteurs de papiers falsifiés, arborant des sourires factices, des citoyens de seconde zone, en somme, catégorie dans laquelle ils se rangeaient instinctivement sans que personne les eût identifiés comme tels. Sur l'échelle de l'étrangeté, mes parents comptaient double. Aussi, quand, le mois dernier, j'ai été arrêtée par erreur avec des immigrés clandestins lors d'un contrôle d'identité sauvage opéré par des policiers en civil, je me suis laissé prendre, je ne me suis presque pas rebellée, j'avais anticipé ce moment, mon éducation m'y avait, d'une certaine façon, préparée.
Tout s'est passé en quelques minutes, tôt le matin. Je me trouvais devant un magasin d'outillage, une grande surface dédiée au bricolage, des articles à prix cassés. (...)


Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli