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Le peintre de batailles

Couverture du livre Le peintre de batailles

Auteur : Arturo Pérez-Reverte

Traducteur : François Maspero

Date de saisie : 21/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Cadre vert

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2020888073

GENCOD : 9782020888073

Sorti le : 04/01/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Dans une ancienne tour sur les bords de la Méditerranée, où il vit retiré du monde, Faulques, un ancien photographe de guerre, compose une grande fresque circulaire et tente de restituer ce que ni son oeil ni son appareil n'ont jamais pu saisir : le paysage intemporel d'une bataille.
Au bout de ses pinceaux l'accompagne l'ombre d'une femme morte dix ans auparavant. Jusqu'au jour où surgit Ivo Markovic, un Croate qui a survécu à la guerre en Bosnie et dont la photo prise par Faulques a fait le tour du monde. Markovic est venu exiger le paiement d'une dette mortelle. Entre ces deux personnages, l'un témoin, l'autre victime de l'horreur humaine, se noue alors un drame qui pose la question essentielle de la responsabilité.
Quelle part ont-ils prise à l'engrenage infernal du désordre du monde ? Ne sont-ils que les jouets d'un chaos obéissant non pas au caprice des dieux, mais à une implacable géométrie à laquelle il serait vain de vouloir se soustraire et que la science et l'art peuvent, peut-être, permettre de comprendre ? Jusqu'à quel point l'amour et la lucidité peuvent-ils aider à assumer le fait que nul n'est innocent ? Arturo Pérez-Reverte nous livre ici son roman le plus intense et le plus dérangeant, et sans doute la clé de toute son oeuvre.

Arturo Pérez-Reverte est né à Carthagène, Espagne, en 1951. Il a été grand reporter et correspondant de guerre pendant vingt et un ans. Ses romans sont des succès mondiaux, et plusieurs d'entre eux ont été portés à l'écran. Il partage aujourd'hui sa vie entre l'écriture et sa passion pour la mer et la navigation. Il est membre de la Real Academia Espanola de las Letras.





  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 8 février 2007

C'est la guerre qui fait le point sur l'homme et sur le peu qu'il vaut. Arturo Perez-Reverte, un bon narrateur à maxillaires, paraît en tout cas le penser ; le personnage central de son nouveau roman, Andrés Faulques, également. Faulques, ancien photographe de guerre, a une cinquantaine d'années, comme l'auteur. Sa vie est faite. Ses illusions sont oubliées. Il croit qu'on ne peut «contempler le monde qu'à travers les deux seuls systèmes possibles : la logique et la guerre»...


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, février 2007

Avec ce huis clos, Arturo Pérez-Reverte interroge l'art confronté à la vie et à sa violence. Profond et subtil ! Il dit qu'il a gardé une certaine façon de se déplacer, de choisir le bon côté de la rue - celui qui permet d'avoir le meilleur angle de vue -, et de déterminer chaque bruit pour s'en méfier à l'occasion. «On est conditionné par ce qu'on a vécu», justifie-t-il. Arturo Pérez-Reverte a été grand reporter et correspondant de guerre pendant vingt et un ans. Il n'est pas du genre à aligner ses lieux de reportage comme des médailles sur le torse d'un colonel. Il suffit qu'il évoque Sarajevo pour qu'on imagine le reste. Il n'aime pas ceux qui intellectualisent l'horreur : «L'intellectualiser permet de l'accepter», s'insurge-t-il. C'est pour toutes ces raisons qu'il a pris son temps pour construire son dernier roman, portrait d'un photographe de guerre retiré du métier et brusquement mis face à son passé...
Son plaisir est de manipuler son lecteur jusqu'à la dernière page, passant des mois à se documenter. Cette fois, il a étudié des albums de photographes mais surtout des tableaux de Goya, Bruegel ou Vinci. «J'ai hypothéqué deux ans de ma vie pour ça. Je suis un écrivain professionnel, c'est mon seul bien. Avec mes livres, je construis ma maison. Mais je la construis pour y habiter, pas simplement pour la montrer aux amis.»


  • La revue de presse - Le Point du 25 janvier 2007

Depuis une quinzaine d'années, Arturo Pérez-Reverte nous a habitués à de bons romans populaires dont la formule pourrait se résumer par : aventure et suspense sur fond d'histoire et d'art. L'écrivain espagnol a ainsi multiplié les best-sellers, du «Tableau du maître flamand» (1993) au «Capitaine Alatriste» (1998), livre de cape et d'épée inaugurant une série culte en Espagne. Mais, à 55 ans, cet auteur à succès se risque sur des terres inconnues. «Le peintre de batailles», son nouveau roman, est une plongée dans un univers sombre, dérangeant et philosophique. Un texte qui, au dire de l'auteur, représente la clé de toute son oeuvre.
Le récit met en scène un ancien photographe de guerre, Faulques, qui s'est retiré du monde pour peindre. Dans sa tour, face à la mer, il élabore une fresque circulaire, recherchant la vérité ultime de l'humanité en guerre, ordonnant ce qui, dans le cadre de son viseur, n'apparaissait que sous la forme incompréhensible de la souffrance et de l'absurde. Le peintre achèvera cette oeuvre grâce à l'arrivée d'un ancien soldat croate, Markovic, qui l'a traqué, retrouvé et qui lui annonce son intention de le tuer. Markovic doit se venger d'un cliché pris par Faulques durant la guerre de Bosnie. Un cliché qui fit le tour du monde et qui valut les pires tortures au soldat, fait prisonnier des Serbes. Avant de s'affronter, Faulques et Markovic fument, boivent, parlent de la guerre, de peinture et de la vie. Dialogue socratique où les deux hommes cherchent la «Vérité» à travers leur histoire. Huis clos où s'égrènent les souvenirs d'un passé abominable, alors que Faulques, photographe peu éthique, vendait ses images - souvent de cadavres, ou de mises à mort. Ainsi se dessine le portrait d'un reporter de guerre ambigu, témoin volontaire de l'intolérable.
Réalisme, précision, justesse des situations : derrière le masque du personnage, on sent une présence forte, faite de malaise, d'expérience, de vérité - la présence de l'auteur lui-même...


  • La revue de presse Delphine Peras - L'Express du 18 janvier 2007

Arturo Pérez-Reverte signe là son livre le plus grave, le plus personnel, «la source de tous mes autres livres plus que leur aboutissement», assure-t-il, désormais aphone. Mais pas complètement. Surtout quand on l'interroge sur Olvido, son personnage féminin extraordinaire. «Les femmes n'ont jamais été décoratives dans ma vie. Je les respecte énormément. Elles ont une sorte de lucidité génétique.» Un hommage qui vaut son pesant d'or.


  • La revue de presse Etienne de Montety - Le Figaro du 11 janvier 2007

Dans cette confrontation virile, Pérez-Reverte a déposé beaucoup de ce qu'il a rapporté de son séjour au pays des hommes : l'horreur, l'amour fou, la cruauté, le cynisme. L'art aussi, dont il faut bien s'interroger, après Dostoïevski : suffira-t-il à sauver le monde ?...
Dans ce grand roman, où il confirme en virtuose ses dons de conteur, Pérez-Reverte élargit ce qui pouvait n'être qu'un face-à-face en huis clos aux dimensions du monde, sans que son livre ne perde rien de son caractère tragique, à la mesure de cette histoire contemporaine que l'auteur a suivie et dont il a souffert. Ce qu'il décrit dans Le Peintre de batailles, c'est l'homme debout confronté à ses actes et à leurs conséquences, et qui cherche une rédemption.


  • La revue de presse Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur du 4 janvier 2007

Arturo Pérez-Reverte est un romancier aimable. Il ne faut voir dans cette observation aucune condescendance. Simplement, il a su depuis longtemps se faire aimer avec des romans hyperboliquement romanesques peuplés d'aventuriers truculents, d'héroïnes aussi fatales que les trafics de drogue auxquels elles s'adonnaient ou de hussards napoléoniens en quête de gloire...
Mais ces propos, eux, sont magnifiques de densité, de gravité et peut-être de désespoir. Comme si les journalistes de guerre, ces «touristes du désastre», ne pouvaient désormais insuffler aucune compassion, aucune conscience à ceux à qui ils s'adressent. Comme si l'horreur, désormais, se vendait comme de l'art et que l'homme ne pouvait plus rien ordonner ni rien moraliser face au chaos du monde.


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