Auteur : Haruki Murakami
Traducteur : Rose-Marie Makino-Fayolle
Date de saisie : 04/01/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Belfond, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 20.50 € / 134.47 F
ISBN : 978-27144435246
GENCOD : 9782714443526
Sorti le : 04/01/2007
Oeuvre d'une ampleur exceptionnelle, placée sous le parrainage de Salinger et Fitzgerald, La Ballade de l'impossible est le livre qui a révélé Haruki Murakami. Un superbe roman d'apprentissage aux résonances autobiographiques, dans lequel l'auteur fait preuve d'une tendresse, d'un charme poétique et d'une intensité érotique saisissants.
Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : «Norwegian Wood». Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans.
Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux.
Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît...
J'avais trente-sept ans, et je me trouvais à bord d'un Boeing 747. L'énorme appareil descendait à travers de gros nuages chargés de pluie, et s'apprêtait à atterrir à l'aéroport de Hambourg. La pluie froide de novembre obscurcissait la terre, et tout, absolument tout, du personnel technique revêtu de cirés aux drapeaux qui flottaient mollement sur le bâtiment de l'aéroport, en passant par les panneaux publicitaires pour BMW, baignait dans la mélancolie caractéristique des peintures flamandes. Une fois encore, j'étais de retour en Allemagne.
L'avion s'immobilisa sur la piste, les voyants lumineux d'interdiction de fumer s'éteignirent, et la douce musique d'ambiance s'écoula des haut-parleurs fixés au plafond : c'était la mélodie de Norwegian Wood des Beatles, interprétée de manière sirupeuse par un orchestre quelconque. Comme toujours, cette chanson me troubla. Et je dois dire que, cette fois-ci, elle me remua encore plus profondément que d'habitude.
Je me penchai en avant, tenant mon visage à deux mains pour empêcher ma tête d'éclater, et ne bougeai plus. Une hôtesse de l'air allemande ne tarda pas à s'approcher de moi pour me demander en anglais si j'étais victime d'un malaise. Je lui répondis que tout allait bien et que je venais seulement d'avoir un léger vertige.
«Vous en êtes sûr ?
- Oui, je vous remercie», lui répondis-je.
La jeune femme m'adressa un franc sourire avant de disparaître, et la musique fut remplacée par un air de Billy Joël. Je relevai la tête, observai les nuages sombres qui flottaient dans le ciel au-dessus de la mer du Nord, et songeai à toutes ces choses que j'avais perdues jusqu'alors au cours de ma vie. Les heures envolées, les personnes mortes ou disparues, les pensées qui ne reviendraient plus.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli