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Le passage de la nuit

Couverture du livre Le passage de la nuit

Auteur : Haruki Murakami

Traducteur : Hélène Morita

Date de saisie : 05/04/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 19.50 € / 127.91 F

ISBN : 978-2714442147

GENCOD : 9782714442147

Sorti le : 04/01/2007


  • La présentation de l'éditeur

Pour une nuit, Haruki Murakami nous entraîne dans un Tokyo sombre, onirique, hypnotique. Un éblouissant roman d'atmosphère à la poésie singulière, aux frontières de la réalité et du fantasme, où chaque détail, rétrospectivement, fait sens.

Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Un musicien surgit, qui la reconnaît.

Au même moment, dans une chambre, Eri, la soeur de Mari, dort à poings fermés. Elle ne sait pas que quelqu'un l'observe.

Autour des deux soeurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante d'hôtel vengeresse, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite. Des événements bizarres vont survenir : une télévision qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets.

À Tokyo, le temps d'une nuit, va se nouer un drame étrange..

Né en 1949 à Kyoto et élevé à Kobe, Haruki Murakami a étudié le théâtre et le cinéma à l'université Waseda avant d'ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974. Son premier roman, Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui vaudra le prix Gunzo et un succès immédiat. Suivront La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l'impossible, Danse, Danse, Danse et L'éléphant s'évapore (Seuil, 1990, 92, 94, 95 et 98). Exilé en Grèce en 1988, en Italie, puis aux États-Unis, où il écrit ses Chroniques de l'oiseau à ressort (Seuil, 2001) et Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil (Belfond, 2002 ; 10/18, 2003), il rentre au Japon en 1995, écrit deux livres de non-fiction sur le séisme de Kobe et l'attentat de la secte Aum, un recueil de nouvelles, Après le tremblement de terre (10/18, 2002), Les Amants du Spoutnik (Belfond, 2003 ; 10/18, 2004) et Kafka sur le rivage (Belfond, 2006). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu récemment le prestigieux Yomiuri Literary Prize et le prix Kafka 2006.



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  • La revue de presse Michel Schneider - Le Point du 5 avril 2007

Ça parle des êtres. Ça parle de la nuit. Ça parle des êtres dans la nuit, des êtres qui parlent peu et attendent que la nuit finisse. La nuit ne passe pas. Murakami nous entraîne dans une nuit d'errance...
Entre voyant et voyeur, Murakami décèle sous les choses et les êtres des possibles endormis ou avortés, des histoires qui ne demandent qu'à devenir vraies. Le roman est linéaire, mais il s'échappe sans cesse dans d'autres dimensions selon un montage directement inspiré du cinéma. On ne sort jamais de l'histoire, mais chacun des deux récits qui se font face altère le sens de l'autre, comme lorsque la caméra se déplace et fait découvrir le contrechamp...
La vraie vie n'est nulle part, semblent dire et redire les fables postmodernes de celui qui s'affirme comme le plus grand écrivain japonais vivant.


  • La revue de presse Agnès Séverin - Le Figaro du 1er février 2007

Deux soeurs qui s'aiment et se perdent pourtant. L'adolescence comme passage où toutes les acrobaties sont permises. L'histoire pourrait être banale : pas entre les mains de Haruki Murakami. L'icône du roman japonais underground n'a rien perdu de son talent à assembler des récits à la mécanique sophistiquée. Dans une nuit noire où éclosent toutes les angoisses et tous les rêves, le décor échappe lui aussi à la fadeur pour glisser à la lisière du surréalisme...
En s'immisçant dans le «monde d'en bas» du Tokyo interlope, celui qui se dit convaincu qu'il existe d'autres mondes, «tout près», mêle à un inextinguible sentiment d'inquiétude, propre à la condition humaine, la pointe de surnaturel qui est sa marque de fabrique...
Les destins se frôlent et les fables s'emmêlent, comme dans le récent Babel, d'Arriaga et Iñárritu. Les dialogues se nouent timidement au-dessus d'un néant urbain propice à ces variations esthétiques lustrées. La souffrance n'interdit pas le glamour. Le Japon est indémodable, Murakami aussi.


  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 4 janvier 2007

Le Passage de la nuit, le dernier roman de Haruki Murakami, a des manières de cinéma...
Les chapitres s'égrainent au fil des minutes. Le temps s'arrête et reprend. On ne sait plus très bien s'il est continu ou fragmenté. Quelques instants d'une vie, d'une autre, s'empilent, s'accolent et se rencontrent...
Le Passage de la nuit est un beau roman sur le regard en biais, sur le coup d'oeil, sur les yeux qui s'attardent. Puis les personnages finissent par s'arrêter et se reconnaître. Parfois, ils se touchent. Mais ici, pas de douleur qui fascine et de plaisir qui tue : seulement de la tendresse et des larmes. Et seules comptent les minutes qui passent. Comme dans certains films, elles organisent vraiment le cours du récit sans trop se soucier des péripéties de l'intrigue. Le Passage de la nuit nous dit que Tokyo n'est pas à traduire. Comme toutes les villes, elle est perdue dans une nuit sans importance. Et Murakami sait comment rendre la nuit : avec la justesse des profondeurs égarées à la surface des choses.


  • La revue de presse André Clavel - L'Express du 4 janvier 2007

Haruki Murakami est un braconnier de l'invisible. Dans ses romans, il faut toujours pousser des portes, enjamber des passerelles, traverser des miroirs. Et, quand on se retrouve de l'autre côté, on sait que les ombres seront nos seules confidentes. Qu'il y aura des secrets, et des secrets derrière les secrets. Que le mystère s'épaissira, avec son cortège de menaces et d'envoûtements. C'est cela, le charme Murakami : la petite musique de l'inconnu, l'obsédante ritournelle de l'inquiétude. Une grâce impalpable, légère comme une ombrelle, fulgurante comme un éclat de nacre dans la nuit. A ce jeu, le romancier n'a pas d'égal, et il nous offre une oeuvre lumineusement obscure où les tourments des coeurs se peignent sur fond de neiges immaculées : un art du paradoxe, pour distiller jusqu'au vertige cette sensation si étrange que les Japonais décrivent en trois mots - mono no aware, la poignante mélancolie des choses.



  • Les premières lignes

LA VILLE S'OFFRE À NOTRE REGARD.
Ce paysage urbain, nous l'observons à travers les yeux d'un oiseau de nuit qui volerait très haut dans le ciel. Depuis ce point de vue panoramique, la ville apparaît comme une gigantesque créature. Ou même comme un agrégat de corps vivants. S'étendant jusqu'à d'insaisissables confins, des vaisseaux sanguins, innombrables, irriguent les cellules, les régénèrent inlassablement. Les vaisseaux convoient des informa­tions nouvelles, recyclent les anciennes. Donnent naissance à des consommations nouvelles, recyclent les anciennes. Créent de nouvelles contradictions, effacent les anciennes. En tous lieux, les corps agrégés clignotent au rythme des battements du coeur, s'échauffent, se meuvent. L'heure est proche de minuit, le pic d'activité est passé mais les échanges élémen­taires indispensables au fonctionnement vital restent incessants. Tel un continuo, la ville bruit. Monotone, monocorde, intégrant cependant des pressentiments.

Une zone particulièrement lumineuse attire notre regard. Lequel opère la mise au point. Effectue une descente vers l'amas lumineux. C'est une mer de néons multicolores. Un centre-ville.


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