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Je tremble, ô matador

Couverture du livre Je tremble, ô matador

Auteur : Pedro Lemebel

Traducteur : Alexandra Carrasco

Date de saisie : 19/08/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Denoël et d'ailleurs

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-207-25358-8

GENCOD : 9782207253588

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  • La présentation de l'éditeur

Dans un quartier populaire de Santiago du Chili, un travesti excentrique fait une rencontre qu va bouleverser sa vie. Il tombe éperdument amoureux de Carlos, jeune militant en lutte contre Pinochet. Dans cette alliance de plus en plus loufoque et inattendue, le travesti, que tout le monde appelle «la Folle», laisse Carlos entreposer chez lui son matériel de guerre. Car il s'agit bien de préparer le grand soir : un attentat qui doit coûter la vie au dictateur. Pour obtenir l'amour inaccessible de Carlos, la Folle prendra chaque jour un peu plus de risques, jusqu'à devenir elle-même une pièce centrale de la résistance à la dictature.
Parallèlement au récit de la Folle se déploie le monologue intérieur d'Augusto Pinochet, doublé de la logorrhée stupide de sa femme doña Lucía. Celle-ci l'accable de considérations frivoles et petites-bourgeoises, qui répercutent souvent les conseils de son coiffeur, tandis que le général vieillissant ressasse des souvenirs d'enfance morbides et sa phobie de l'homosexualité. Dans un contrepoint de plus en plus serré, troublant, hilarant, les deux voix du Dictateur et de la Folle se répondent jusqu'à la scène de l'attentat qui les réunira presque.
Dans la tradition baroque et subversive du roman latino-américain, Pedro Lemebel, réussit là un coup de maître, une comédie brillante et troublante sur la sexualité et le pouvoir.





  • La revue de presse Michèle Gazier - Télérama

Santiago du Chili, 1986. Pinochet est au sommet de son pouvoir. Treize ans déjà qu'il écrase la moindre rébellion. Mais l'espoir est une fleur tenace et, dans les quartiers populaires, on se dit que cette année sera la bonne pour se débarrasser enfin du dictateur. L'auteur, Pedro Lemebel, campe ici «la Folle» d'en face, travesti vieillissant, brodeuse aux doigts de fée, qui tombe éperdument amoureuse de Carlos, un militant venu de Cuba pour aider les révolutionnaires et qu'elle loge chez elle... Parallèlement, Pedro Lemebel met en scène le vieux Pinochet et son épouse. Lui se méfie de tout et de tous, fait d'affreux cauchemars et livre ses pensées dans de longs monologues intérieurs ; elle, aussi futile que bavarde, noie son général de mari sous une logorrhée de récriminations. Quant à La Folle, toute à sa passion pour le beau Carlos, elle prend peu à peu conscience de ce qu'est vraiment cette dictature. L'amour lui ouvre les yeux... Ainsi résumé, on pourrait confondre le roman de Pedro Lemebel avec une simple histoire sentimentale sur fond de rébellion politique. Ce serait oublier l'écriture de ce Chilien quinquagénaire qui est aussi cinéaste et plasticien, et dont la verve romanesque baroque et poétique emporte ses lecteurs... A la manière de sa Folle au grand coeur, Pedro Lemebel brode au petit point un somptueux roman aux couleurs de la mort, de la révolution, de l'amour noir, rouge, rose.


  • La revue de presse Christophe Mercier - Le Point

Le thème de la dictature est un passage obligé du roman sud-américain... Le dictateur, dans «Je tremble, ô matador», c'est Augusto Pinochet, le malheureux Pinochet qui, en un sombre jour du printemps 1986, doit subir les ressassements acrimonieux de son épouse, une vieille coquette qui transmet à son dictateur de mari les conseils vestimentaires de son couturier, Gonzalo, qui est aussi un peu voyant.

Pour échapper aux litanies de son épouse, Augusto décide d'aller passer une journée à la campagne. Las ! lors de cette escapade, son véhicule est mitraillé, et il éprouve la peur de sa vie... Les monologues intérieurs de Pinochet, et les diatribes de sa femme, moments de verve cocasse où le grotesque atteint au grandiose... «Je tremble, ô matador» témoigne d'une invention narrative inépuisable, toujours rebondissante. On rit beaucoup ; à la fin, on est ému. Et, derrière la tendresse et la cocasserie, on voit ce qu'était la réalité du Chili dans ces années noires. On reparlera de Pedro Lemebel.


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