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Hommes entre eux

Couverture du livre Hommes entre eux

Auteur : Jean-Paul Dubois

Date de saisie : 21/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2879295510

GENCOD : 9782879295510


  • La présentation de l'éditeur

Paul Hasselbank et Floyd Paterson n'ont aucune raison de se rencontrer. L'un vit à Toulouse. Il est gravement malade. L'autre habite North Bay (Ontario). Il sillonne les grands espaces et chasse à l'arc en solitaire.

Pourtant, à leur insu, quelque chose relie ces deux hommes. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un. L'un et l'autre ont aimé la même femme, Anna, qui les a quittés. Dès lors, leur rencontre devient inévitable. Entre Hasselbank, le Français au bout du rouleau, et Paterson, l'homme des bois, une relation violente et subtile se noue. Dans le huis clos d'une maison rouge isolée par le blizzard, au bord d'un lac gelé, Ils vont connaître, enfin, leur heure de vérité.

Ces hommes entre eux peuvent-ils survivre dans un monde transformé en désert par la disparition d'une femme ? Hantés par les archers invisibles d'Aguirre ou la Colère de Dieu, ils tentent d'échapper aux flèches que leur réserve le destin.

Porté par la beauté des paysages glacés du Grand Nord canadien, ce roman étincelant nous conduit jusqu'à cette part animale qui gît au fond de chacun d'entre nous, faisant de l'un une proie et de l'autre un chasseur.



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  • La revue de presse Gilles Pudlowski - Lire, février 2007

Dubois se régale - et nous aussi - de personnages secondaires excessifs (un patron de motel parano, un naturaliste richissime qui mise sur les luttes d'Ultimate Fighting, un combattant primaire qui tue des chiens à coups de poing) et a composé là une symphonie duale, cruelle et désespérée, dont on ressort comme apaisé. Un roman qui porte en lui sa violence inassouvie et qui requinque, voilà un antidote rare au vacarme du monde moderne.


  • La revue de presse Jérôme Dupuis - L'Express du 25 janvier 2007

Jean-Paul Dubois avait jadis titré - non sans humour - l'un de ses ouvrages L'Amérique m'inquiète. Le Canada aussi, pourrait-on ajouter à la lecture de son dernier roman, Hommes entre eux. Et plus particulièrement cet Ontario noyé sous le blizzard, où ses deux personnages, un Européen fatigué et un Nord-Américain débordant de vitalité, vont finir par se croiser en un huis clos glacial. Leur seul lien, une femme, qui n'apparaît jamais dans le récit. Avec en filigrane une question éminemment romanesque : la complicité invisible unissant deux hommes ayant connu la même amante n'est-elle pas plus forte que la jalousie mortelle censée les séparer ?
Sur cette trame, notre romancier brosse un tableau dépouillé en rouge et blanc... le récit est fluide et les dialogues sonnent juste. On lit d'une traite ce roman d'une redoutable homogénéité...


  • La revue de presse Franck Nouchi - Le Monde du 19 janvier 2007

Après les énormes succès de ses deux précédents romans - Une vie française (prix Femina, 2004) et Vous plaisantez, monsieur Tanner (2006) -, Jean-Paul Dubois a visiblement ressenti le besoin de sortir du cadre étriqué de l'Hexagone. Pour l'essentiel, Hommes entre eux se passe en Ontario, aux alentours de North Bay. Au-delà de l'écriture - simple, efficace -, c'est le découpage quasi cinématographique qui frappe avant tout dans ce "roman à l'américaine"...
Ça se lit vite, de manière presque haletante, jusqu'au dénouement...
Mais, enfin, cet Hasselbank qui erre dans le froid canadien comme ces soldats aveugles qui, au temps d'Aguirre, avançaient sur leurs radeaux "dans le noir qui précède la nuit", a quelque chose de vraiment touchant. De vraiment humain.


  • La revue de presse Philippe Lacoche - Le Figaro du 4 janvier 2007

Dans les étendues glaciales du Grand Nord canadien, le face-à-face étrange de deux hommes qui n'auraient jamais dû se rencontrer : un Toulousain gravement malade et un chasseur de gros gibier au coeur greffé...
C'est un roman magnifique que nous propose Jean-Paul Dubois. L'efficacité et la clarté du style, de la narration, de la construction, une efficacité très américaine, très «harrisonienne», se fond avec bonheur à une psychologie très européenne. L'analyse, fine, subtile des sentiments, conduit à une tension intense qui n'est pas sans rappeler les meilleures pages du Gide de la Symphonie pastorale ou du Nizan de La Conspiration. Étincelant, ce huis clos recroquevillé dans les frimas du Grand Nord canadien nous porte vers les sommets lumineux de la réflexion sur la condition humaine.


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 3 janvier 2007

Le livre prend alors définitivement le tour d'une épreuve initiatique qui va tout faire basculer. Jusqu'au dernier acte, d'une brutalité fulgurante, parfaitement inattendu, ouvert à toutes sortes d'interprétation. On brûle de raconter cette histoire jusqu'au bout. Pour tenter de définir le désarroi que l'on ressent, une fois le livre refermé, l'opacité entêtante de cette dernière scène, la multiplicité de ses significations. On s'en gardera, pour ne pas compromettre la lecture de ce texte qui évoque avec une si belle urgence la fatigue de nos civilisations, l'insignifiance des combats et des espoirs humains, l'intranquillité fondamentale de nos vies, mais aussi la beauté du monde, les vertus du silence et de la présence aux choses, la nostalgie d'une sorte de grâce animale, d'une innocence sauvage. L'insouciance, désormais inaccessible, du premier matin.



  • Les premières lignes

Hasselbank

Depuis des mois, il se savait atteint de la maladie qui avait emporté son père. Lorsque son médecin l'avait reçu pour lui annoncer la nouvelle, quelque chose s'était immédiatement modifié dans la perception qu'il avait de son corps. Un peu comme si, désormais, il éprouvait de la méfiance vis-à-vis de lui-même. D'une manière quasi instinctive, tel un animal fuyant une menace invisible, il s'était mis à marcher, à sillonner jour et nuit la ville sans autre but que l'oubli temporaire de soi et de cette douleur qui pouvait l'immobiliser au détour d'un boulevard. C'était alors comme si le flanc droit de son corps se trouvait pris dans l'étau d'une lourde mâchoire, percé par des crocs qu'il imaginait aussi blancs que de la neige. Venait ensuite une nausée, vase flottante, houle écoeurante aux amplitudes imprévisibles. Et, souvent, il se mettait à trembler de la tête aux pieds. Mais ce qu'il redoutait le plus, parmi tous les dérèglements engendrés par sa maladie orpheline, c'était la fièvre brûlante, la coulée de lave rou­geoyante qui se répandait en lui et le laissait pour mort à chaque crise.
Malgré tout, ce soir, il était entré dans un cinéma. Cela s'était décidé au dernier moment, presque en dehors de sa volonté. Il s'était simplement arrêté de marcher, avait payé sa place et s'était installé en bout de rangée afin de ne déranger personne s'il devait sortir.


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