Passion du livre - tout sur le livre : Parfum de sainteté

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Parfum de sainteté

Couverture du livre Parfum de sainteté

Auteur : Maximilien Durand

Date de saisie : 02/05/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : ALLUSIFS, Montréal, Canada

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-922868-51-7

GENCOD : 9782922868517

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Les récits hagiographiques adoptent, dès l'origine, un point de vue fait de conventions et volontiers démonstratif, gommant par la légende les défauts des saints qu'ils exaltent. Et si ces derniers n'avaient choisi un parcours hors du commun que par orgueil, frivolité, désespoir ou stupidité ? En récrivant la biographie des saints historiques, il suffit de décaler le point de vue pour découvrir des intentions moins pures, moins conformes aux idéaux évangéliques. À travers une sélection de huit biographies de saints réels, Parfum de sainteté présente une expérience religieuse vécue loin du mysticisme, comme une course aux honneurs, à la gloire, comme une survie ou comme un accomplissement égoïste. Ces biographies, inscrites à des moments particuliers de l'histoire de l'Église offrent les portraits d'êtres délirants, en marge, préoccupés d'eux-mêmes. Au-delà de la figure du saint, Parfum de sainteté évoque celles de tous les personnages qui ont fait l'histoire, et pose la question du genre hagiographique ou simplement biographique. Quand on propose une existence comme modèle, ne l'interprète-t-on pas, en la relatant, pour qu'elle convienne au message que l'on souhaite délivrer ?

Né en 1976, Maximilien Durand est titulaire d'un diplôme d'études approfondies soutenu à l'École pratique des hautes études portant sur la littérature hagiographique en langue copte. Il est également diplômé de l'École du Louvre, où il enseigne depuis plusieurs années l'histoire de l'art paléochrétien et de l'art byzantin ainsi que l'iconographie chrétienne. Il prépare actuellement le catalogue des manuscrits coptes du musée du Louvre.





  • La revue de presse Fabienne Pascaud - Télérama du 2 mai 2007

Complaisance amusée dans le masochisme ? Maximilien Durand aime trop ses saints pour sombrer dans la caricature. Les destins imaginaires (et d'un inégal brio) qu'il nous concocte avec une érudition de premier de la classe mêlent ironie et mélancolie, terreur et pitié. La tragédie revisitée avec un esprit voltairien. Et qui gêne, trouble, choque et enchante à la fois.


  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, mars 2007

Chercheur et enseignant à l'Ecole du Louvre, où il entretient ses élèves de l'art sacré, Maximilien Durand fait ses débuts littéraires avec un recueil de nouvelles qui décoiffent. Né en 1976, il n'a pas choisi de s'essayer à l'autofiction ou au roman d'apprentissage, mais de lever le rideau sur huit étonnantes biographies de saints. Le propos, pourtant, est loin d'être pieux, l'auteur cherchant à saisir la complexité de l'homme, sa faille ou son secret...


  • La revue de presse Jean-Baptiste Harang - Libération du 1er mars 2007

Maximilien Durand prend la plume pour épousseter les vies de huit saints ou bienheureux. De leur sainteté, ne perdure à la fin de l'envoi que stupidité ou frivolité, qu'orgueil ou masochisme, naïveté ou mystification...
Parfum de sainteté (...) n'est pas, pas seulement, une oeuvre impie, iconoclaste ou sacrilège, c'est au contraire le geste sûr de remettre dans leur siècle des héros fantasmés, à leur rang d'humains contrariants, de leur enfoncer l'auréole jusqu'au cou. Ce geste est littéraire, servi par une érudition d'orfèvre, chaque nouvelle a sa couleur propre, celle de son personnage dans son temps et son lieu. Ces couleurs sont la palette d'un même style, étonnamment maîtrisé par un jeune homme qu'on relira.



  • Les premières lignes

Saintes écritures

Sossianus Hiéroclès ne supportait plus l'Egypte, ni ces fous entêtés, adorateurs d'un dieu vulgaire, d'un esclave, auquel ils voulaient ressembler en bravant la justice impériale. Le préfet était excédé. Par le soleil qui chauffait intolérablement la tente dressée sur l'estrade du tribunal. Par la touffeur de l'ombre, ménagée autour de lui grâce à des étoffes tendues, qui le préservaient mal de l'ardeur du sable, de l'éclat du Nil, de la poussière de la foule et des insectes indolents, insensibles au balancement ner­veux des chasse-mouches. Par ces chrétiens obsti­nés, opiniâtres, qui faisaient si peu de cas des lois de Rome et de leur propre vie. Dans la tribune, sous le dais, Jules feignait de n'avoir pas remarqué son impatience. Il ignorait ostensiblement son agace­ment, le tressautement saccadé, frénétique, de son genou, la sueur maculant sa fine tunique de lin, plaquée contre son torse tout frémissant de colère et de lassitude.
Jules était égyptien de naissance et originaire de Chbehs. Il avait l'habitude de cette chaleur, de la lumière qui fatigue les yeux, de la lenteur par laquelle, à cette heure, chacun ménage son effort. Son admiration pour les fidèles indifférents aux tourments et à la mort se renouvelait sans cesse. Depuis bientôt trois ans que les édits de l'empereur Dioclétien avaient été promulgués contre les chrétiens, il suivait les martyrs dans leurs geôles et durant leurs compa­rutions. Il consignait sur papyrus les intimidations, la morsure des coups de fouet contre les chairs, le labour des ongles de fer dans la peau, les exécutions capitales sur les places publiques. Jules professait aussi le christianisme. Dans sa famille, on prétendait que ses aïeux avaient été baptisés par l'évangéliste Marc, à Alexandrie. Puisque tout le monde savait qu'il était chrétien, Jules ne s'était pas caché lorsque la persécution avait éclaté dans la vallée du Nil. Ses parents avaient rendu de nombreux services à l'État. Ses terres, près du lac d'Arsinoé, fournissaient chaque année d'abondantes moissons, et il payait beaucoup d'impôts. C'est pourquoi on ne l'avait jamais inquiété.


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