Auteur : Walter Mosley
Traducteur : Michelle Herpe-Wolinski
Date de saisie : 02/02/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : L. Levi, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-28674643585
GENCOD : 9782867464355
Aussi dissemblables que peuvent l'être deux frères, Eric et Tommy. Pour commencer, l'un est blanc et l'autre noir. D'ailleurs, ils ne sont même pas frères à proprement parler, même si le lien qui les unit est encore plus fort. Leurs destins semblent les deux faces d'une même pièce : Eric est un garçon robuste qui vole de succès en succès, tandis que Tommy, chétif et réfléchi, bascule dans une vie de malchance et d'adversité. Pendant une dizaine d'années, tous deux à Los Angeles et pourtant hermétiquement séparés, ils ne cesseront de penser l'un à l'autre. Le temps pour chacun d'entre eux de s'interroger sur ce qu'est la chance... et la vie. Le lecteur, lui, découvre entre les lignes un portrait subtil et dérangeant de l'Amérique des races et des classes.
Walter Mosley est l'auteur de nombreux ouvrages à succès, romans ou essais, parmi lesquels la très applaudie série de romans policiers mettant en scène le détective privé Easy Rawlins. Le Diable en robe bleue, premier tome de cette série, fut adapté au cinéma. Walter Mosley s'est également lancé en 2005 dans la littérature pour la jeunesse. Il est né à Los Angeles et vit à New York.
«Par la seule force de ce livre remarquable, son meilleur à ce jour, Mosley doit être considéré comme l'un de nos plus grands romanciers.»
The Guardian
Thomas Beerman était né avec un trou dans le poumon. À cause de cette malformation congénitale, il passa les six premiers mois de sa vie dans le service de soins intensifs du Helmutt-Briggs, un hôpital dans l'ouest de Los Angeles. Les médecins informèrent sa mère, Branwyn, que selon toute vraisemblance il ne survivrait pas.
- Lorsqu'ils sont privés de la présence et de l'affection de leurs mères, les nouveau-nés qui présentent ce type de malformation le plus souvent dépérissent, lui dit le docteur Mason Settler avec un regard bienveillant.
Aussi venait-elle à l'hôpital tous les jours, après son travail à la boutique d'Ethel la fleuriste, et elle veillait sur son fils de six heures à onze heures du soir. Elle ne pouvait pas le toucher car on l'avait placé derrière une vitre en milieu stérile. Mais ils se regardaient dans les yeux pendant des heures.
Branwyn faisait la lecture au petit garçon et lui parlait longuement dans la nuit.
- Je sais bien que tu dois te demander pourquoi c'est toujours moi qui viens et jamais ton père, dit-elle à son fils un jeudi soir. Elton a beaucoup de qualités, mais il lui manque la fibre paternelle. Quand on a su que je t'attendais, il m'a quittée pour une de mes amies moins d'un mois après. Il resterait, il m'a dit, si je décidais de ne pas avoir le bébé. Elton pouvait choisir de rester avec moi ou non, alors que toi tu ne peux pas. Je ne pouvais pas te demander si ça t'ennuierait que je décide de ne pas te garder, de ne pas te donner une vie à vivre. Pas de soleil, ni de plage de sable fin. Tu ne sais même pas ce que c'est, une plage de sable fin. Alors j'ai dit à Elton qu'il pouvait partir s'il voulait, mais que j'aurais mon bébé. May Fine a prétendu qu'elle s'en fichait de ne pas avoir d'enfant, si c'était pour vivre avec un homme comme Elton. Ton père est un bel homme, tu sais. Il a de gros muscles et un joli sourire.
Branwyn sourit à Bébé Thomas, alors âgé de quatre mois. De l'intérieur de sa bulle, il lui sourit aussi et tendit la main, touchant l'image de sa mère sur le verre.
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