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Qui est Lou Sciortino ?

Couverture du livre Qui est Lou Sciortino ?

Auteur : Ottavio Cappellani

Traducteur : Serge Quadruppani

Date de saisie : 11/01/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Noir

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-86424-597-1

GENCOD : 9782864245971

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Petit-fils de don Lou, chef de clan mafieux sur la côte Est des "States", Lou Sciortino a appris très tôt ce regard triste qu'il faut montrer à tous au moment de tuer, mais ce qu'il préfère, c'est produire d'invraisemblables films de série B.
Tony est lui aussi parent de mafieux, mais ses vraies passions sont les tenues voyantes et les babbequiou, les grillades-parties dans son jardin.
Valentina, Mindy et les autres, jeunes femmes médisantes et impudiques, ne rêvent que de contrarier les desseins des parents et les lois de la famigghia, le clan. La situation est grave : considérant que Cosa Nostra n'est plus capable de faire régner l'ordre, le vieux don Mimmo, qui tient une échoppe minuscule, s'est acheté une arbalète... La guerre menace entre les cousins de Sicile et ceux d'Amérique, entre la mafia des villes et celle des champs. Il faudra rien moins que l'alliance des grands-pères et des petits-enfants pour que la paix revienne et que les amours fleurissent... Une tragicomédie hilarante et terrible comme la vie même.

Ottavio Cappellani est né en 1969 à Catane, en Sicile. Philosophe, il prépare une thèse sur Habermas. Il cultive les caroubes et a fondé un groupe de rock. Avec ce premier roman, traduit dans de nombreuses langues et adapté au cinéma, il a connu un succès immédiat.





  • La revue de presse Gérard Meudal - Le Monde du 12 janvier 2007

Qui est Lou Sciortino ?, le premier roman d'un Sicilien né à Catane en 1969, plus qu'un roman policier, est une sorte de traité de savoir-vivre à l'usage des mafieux...
Si la comédie est si drôle, c'est qu'Ottavio Cappellani, en digne héritier d'Andrea Camilleri, emploie une langue étonnante, mélange d'italien, de dialecte sicilien et d'anglo-américain pimenté d'argot mafieux que le traducteur, Serge Quadruppani (qui a également traduit Camilleri), parvient à rendre crédible et amusante en français. Sous ces dehors légers, le roman de Cappellani assène pourtant une vérité évidente : il n'y a jamais eu de bon vieux temps de Cosa Nostra, et le prétendu code de l'honneur et toute cette histoire "de dignité, de justice et de Beati Paoli" n'a jamais été qu'une fumisterie.



  • Les premières lignes

Extrait du prologue :

Il était assis à côté du gros poêle de fonte, dans le vieux fauteuil qui avait pris sa forme, et il tripotait son canif à greffer les arbres. Pauvre brave couillon sans espérances, pensas-tu un moment, vu qu'avec cette lame maigrelette, il n'aurait pas pu poignarder un chien. Mais le grand-père aurait pu éplucher un homme comme une patate et le laisser là, écorché et vif, à réfléchir sur ses péchés !
Il était en train de te dire : "Mieux vaut garder un innocent dedans qu'un coupable dehors." Le grand-père avait été au trou pas mal de fois et il ne s'en était jamais plaint, avec son air élégant il murmurait : "Mieux vaut que je dise que c'est moi le coupable parce que si je dis que c'est les autres.
T'étais encore minot, alors, quand t'as compris que personne ne pouvait être innocent sans avoir été en taule, qu'il n'était pas juste de se plaindre de la prison et que si tu te trompais et que tu cassais la gueule à un type qu'avait rien à voir, eh beh... c'était pas si grave, après tout.
Le poêle de fonte t'attendait chaque jour pour te réchauffer tes vêtements sur toi, avec l'humidité du blouson qui s'en allait en fumée. Et le vieux qui te flattait en te criant : tu devais te gagner le respect mais sans en jouir, tu devais recourir à la force mais comme si tu étais obligé : "C'est ça qui fait la différence entre un homme et un backslapper, Lou."
Alors, tu te trimballais avec un regard triste et fataliste et tu t'adressais aux autres avec une tête qui disait : "Un jour, je serai obligé de te faire très mal, même si au fond t'es un brave gars." Et les gars du quartier commencèrent à croire à ce regard.


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