Auteur : John A. Lynn
Préface : Laurent Henninger
Traducteur : Guillaume Villeneuve
Date de saisie : 27/02/2007
Genre : Politique
Editeur : Tallandier, Paris, France
Collection : Contemporaine
Prix : 32.00 € / 209.91 F
ISBN : 978-28473432453
GENCOD : 9782847343243
Sorti le : 07/12/2006
«Modèle occidental de la guerre», «soldat universel», «déterminisme technologique», «force écrasante»... Les historiens, les théoriciens et les dirigeants occidentaux se complaisent dans l'affirmation de leur supériorité militaire et l'assertion d'un discours aussi simpliste que présomptueux. On en mesure aujourd'hui les conséquences, en Irak, en Afghanistan et ailleurs.
En 1827, Cari von Clausewitz proclamait dans De la guerre la subordination de la guerre au politique. Dans le présent livre, John Lynn plaide pour une histoire de la guerre comme «fait culturel». Quoi de commun entre la bataille de citoyens-soldats dans la Grèce classique et les grands traités de l'Antiquité chinoise et indienne, entre l'idéal chevaleresque des guerriers médiévaux et l'imprégnation romantique de la bataille napoléonienne, entre la traversée du Canal de Suez par l'armée égyptienne en 1973 et la «guerre contre le terrorisme» déclenchée par le 11 septembre 2001 ? Non pas un modèle aussi parfait qu'inexistant, mais des modes différenciés de combats, tributaires des valeurs constitutives de chaque civilisation, adaptés aux réalités et aux idéaux de chaque société. La guerre est le plus ancien et le plus complexe des phénomènes humains, dont la richesse demande une appréhension fine et décomplexée. Ainsi seulement, en comprenant l'époque qui est la leur, le terrain sur lequel elles combattent, les armées seront-elles en mesure de relever les défis du XXIe siècle.
John Lynn est professeur à l'université de l'Illinois, Urbana-Champaign, et préside la commission américaine d'histoire militaire. A travers de nombreuses publications, il s'est imposé comme le meilleur connaisseur de l'armée française au XVIIe siècle (Giant of the Grand Siècle, 1997) et au début de la Révolution (The Bayonets of the Republic, 1996).
Extrait de la préface de Laurent Henninger :
Depuis une vingtaine d'années, l'histoire militaire vit une véritable révolution. L'«histoire-bataille» d'autrefois a cédé la place à des travaux n'hésitant pas à étudier l'homme au combat au moyen des outils conceptuels et des problématiques que l'école des Annales n'a cessé de promouvoir depuis maintenant plus de soixante-dix ans. Or, il apparaît que ce renouveau provient, pour l'essentiel, du monde anglo-saxon, où le nombre de publications - livres et revues scientifiques - a de quoi faire rêver les spécialistes français. Mais ce fait quantitatif se double d'un fait qualitatif, car les historiens anglo-saxons font également preuve d'une étonnante ouverture d'esprit : toutes les périodes historiques et toutes les aires civilisationnelles font ainsi l'objet d'études.
Dans cette discipline, John Lynn est depuis plusieurs années une figure majeure, et la plupart de ses ouvrages sont d'ores et déjà considérés comme des classiques, qu'il s'agisse de ses travaux sur les armées et les guerres de Louis XIV (notamment Giant of the Grand Siècle : The French Army, 1610-1715) ou sur les armées de la Révolution française (Bayonets of the Republic : Motivation and Tactics in the Army of Revolutionary France, 1791-94), pour ne citer ici que les plus marquants. Avec ce nouvel ouvrage, John Lynn va plus loin et n'hésite pas à se risquer à nous proposer d'audacieuses mises en perspectives dans la longue durée et à traiter de périodes qui ne relèvent pas, à l'origine, de sa spécialité académique, ce que, soit dit en passant, les Anglo-Saxons hésitent beaucoup moins à faire que la plupart de leurs collègues français, ne serait-ce que parce qu'un tel exercice n'est pas, chez eux, préjudiciable à leur carrière...
Lynn nous fait voyager ici à travers trois mille ans d'histoire sur trois continents et, du même coup, participe pleinement du renouveau de l'histoire militaire en y introduisant des problématiques directement issues de l'histoire culturelle et surtout de l'histoire des représentations. En posant la question essentielle du rapport dialectique entre la réalité de la guerre et le discours de la guerre, il apporte une contribution majeure à une entreprise ambitieuse, mais ô combien nécessaire, celle consistant à penser la guerre comme un fait social total, qui, à ce titre, prend place aux côtés de l'économie et du politique. Ce faisant, il offre des outils intellectuels précieux à l'historien comme au citoyen.
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