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Herbailles, petits herbiers de circonstance. Volume 3, Toxiques et héroïques

Couverture du livre Herbailles, petits herbiers de circonstance. Volume 3, Toxiques et héroïques

Auteur : Marinette Cueco

Date de saisie : 27/12/2006

Genre : Guides et conseils pratiques

Editeur : Ed. du Panama, Paris, France

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-7557-0184-5

GENCOD : 9782755701845

Sorti le : 09/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

«De l'herbier intime d'il y a vingt ans à celui que je réalise aujourd'hui, un cycle se termine. L'herbier intime était composé de carrés de 40 x 40cm, il en contenait presque 200 qui furent dispersés ; puis ce travail formel ne m'a plus intéressée. J'ai eu envie de la démesure de la nature. Par les entrelacs, j'ai pu tisser des matériaux sur 3, 5,10 mètres...»

Vingt ans de travail de l'artiste Marinette Cueco sur les végétaux, ou comment passer de l'herboristerie à l'art contemporain. Au-delà de l'utilisation de la nature comme surface de la création, c'est la création elle-même qui est en jeu dans cette décomposition et restructuration végétale.

Cette série se compose de cinq herbiers :

1. SEMPERVIRENS (2-7557-0182-X)
2. GWEMON, WAREC, ALGA (2-7557-0183-8)
3. TOXIQUES ET HÉROÏQUES (2-7557-0184-6)
4. LA TOURBIÈRE DU LONGEYROUX (2-7557-0185-4)
5. VOYAGEURS IMMOBILES (2-7557-0186-2).





  • Les premières lignes

La Poison

On le sait depuis Socrate, les plantes tuent ; du moins quelques plantes, en particulier la ciguë, à laquelle l'incident philosophique du IVe siècle avant Jésus-Christ donna une réputation d'enfer.
La ciguë, du latin cicada, servit du reste à exécuter sans violence les condamnés à mort : "par cegue le tuèrent" dit un texte du Moyen-Âge, époque ou l'on utilisait également Y aconit, appelé encore luparia selon Ambroise Paré "parce qu'il tue les loups". Certains Etats d'Amérique ont repris la tradition, même si les injections létales qu'ils utilisent n'ont pas forcément ce noble parfum d'Antiquité... Car les plantes vénéneuses que l'on appelle aujourd'hui "toxiques" sont aussi vieilles que l'humanité, avec sans doute plusieurs millions d'années de plus ! Donc, si l'on songe au nombre de morts qu'il a fallu depuis la préhistoire pour que les hommes finissent par identifier les plantes vénéneuses et les séparer de celles qui sont bonnes à manger, on comprend la méfiance enracinée chez les gens de la campagne mis en position de choix permanent. On apprécie aussi l'importance de la tradition transmise de génération en génération à des époques où seule l'expérience que donne la vieillesse permettait le savoir. A la réflexion on peut même dire que la relative abondance des plantes à effets toxiques dans la nature fut la cause première, élémentaire, du respect de la parole des anciens. On s'étonne de ce que la méthode expérimentale ait dû attendre le XIXe siècle pour se développer, alors qu'elle "tombe sous le sens". La raison en est probablement que la longue recherche des plantes médicinales et la mise au jour de leurs propriétés thérapeutiques, s'appuyait sur un savoir empirique qu'il valait mieux ne pas remettre en question à chaque instant, ni à chaque génération. Car incrédule, tu meurs !
Circonstance aggravante, propre à mettre doublement les gens sur leur garde, beaucoup de ces plantes mortelles sont jolies; elles présentent une belle élégance sur tige, comme la belladona "belle dame". (...)

Claude Duneton


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