Auteur : Marinette Cueco
Date de saisie : 27/12/2006
Genre : Nature, Animaux
Editeur : Ed. du Panama, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-7557-0186-9
GENCOD : 9782755701869
Sorti le : 09/11/2006
«De l'herbier intime d'il y a vingt ans à celui que je réalise aujourd'hui, un cycle se termine. L'herbier intime était composé de carrés de 40 x 40cm, il en contenait presque 200 qui furent dispersés ; puis ce travail formel ne m'a plus intéressée. J'ai eu envie de la démesure de la nature. Par les entrelacs, j'ai pu tisser des matériaux sur 3, 5,10 mètres...»
Vingt ans de travail de l'artiste Marinette Cueco sur les végétaux, ou comment passer de l'herboristerie à l'art contemporain. Au-delà de l'utilisation de la nature comme surface de la création, c'est la création elle-même qui est en jeu dans cette décomposition et restructuration végétale.
Cette série se compose de cinq herbiers :
1. SEMPERVIRENS (2-7557-0182-X)
2. GWEMON, WAREC, ALGA (2-7557-0183-8)
3. TOXIQUES ET HÉROÏQUES (2-7557-0184-6)
4. LA TOURBIÈRE DU LONGEYROUX (2-7557-0185-4)
5. VOYAGEURS IMMOBILES (2-7557-0186-2).
Marinette Cueco
Les glaneurs du parc Beaumont
De Henri Cueco
Nous sommes arrivés par le train de nuit. Trois assistants spécialistes nous attendent pour la récolte des feuilles dans le grand parc de la transhumance exotique : le conservateur du musée et son adjoint, le grand jardinier des parcs de Pau. Moi, j'assurerai la transcription des identifications. Le nom des plantes sera l'épitaphe de toutes ces feuilles condamnées à pourrir. Devant l'avalanche des noms, c'est le moment de préserver son ignorance qui permet l'admiration éberluée de l'enfance chez l'adulte confit.
Les arbres du parc Beaumont sont des étrangers en transit. Ils y occupent des positions de majesté, deviennent des beautés imprenables pour la vue des autres. Puis les graines ont envahi des espaces tumultueux, faisant leur trou de vie, mal logées ou éprises de liberté : l'émotion naît de leur nombre, de leur cohabitation, leur entrecroisement, leur tolérance. J'aime les feuilles plus encore que ces fleurs qui sont les ornements de la parade amoureuse. Leur magnificence étonne, exalte ou étouffe l'imagination. La culture du pot de fleurs n'a jamais effacé chez moi l'émotion de la petite fleur de talus ou les infinies découpes des feuilles de pissenlit. J'y retrouve le fondement de la lutte des classes, pour leur survie, leur confrontation avec les déchets et la passion du vivant exploitant la fertilité des moisissures.
La feuille est l'organe complexe qui démultiplie la surface de vie de l'arbre pour la captation des eaux, de l'air et du soleil. Elle constitue la peau, le poumon, l'oreille, la vue. La feuille représente toute l'organicité du vivant par son infini étalage de découpes. Ce sont des adaptations complexes qui ont déterminé ces formes. J'ai bien compris la leçon des inventions formelles de la plante qui est fondée sur la nécessité. Les artistes s'y sont confrontés.
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