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A quoi résiste la psychanalyse ?

Couverture du livre A quoi résiste la psychanalyse ?

Auteur : Pierre-Henri Castel

Date de saisie : 21/12/2006

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : PUF, Paris, France

Collection : Science, histoire et société

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-13-055906-1

GENCOD : 9782130559061

Sorti le : 03/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

L'inconscient freudien, aujourd'hui, c'est comme la lutte des classes ou le sentiment du péché : tout le monde a une intuition plus ou moins claire de ce que cela pourrait désigner, mais personne ne veut plus du réseau d'arguments qui lui donne une valeur explicative. Cet essai s'attaque à ce discrédit.

À quoi donc résiste la psychanalyse, à quelles «réfutations» savantes, à quelle adversité sociale bien actuelle, mais surtout, à quels dévoiements internes ? Y a-t-il toujours quelques raisons, non de «lire Freud» mais bien d'entreprendre une cure, voire de devenir soi-même psychanalyste ? Ou bien la psychanalyse ne tient-elle plus debout qu'à la façon de ces grandes stèles que les voyageurs qui l'ont paraît-il «dépassée» ont besoin, pour s'en assurer, de contempler de loin ?

Une réponse savante et pugnace aux critiques contre la psycha­nalyse, qui restitue toute sa valeur à l'engagement intellectuel du psychanalyste dans les débats contemporains.

Psychanalyste (membre de l'Association Lacanienne Internationale) et chercheur au CNRS (Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques), Pierre-Henri Castel a publié entre autres : La Querelle de l'hystérie et Introduction à «L'interprétation du rêve» de Freud. Une philosophie de l'esprit inconscient (PUF, 1998), Freud : Le moi contre sa sexualité (PUF, 2003) ; La Métamorphose impensable : Essai sur le trans-sexualisme et l'identité personnelle (Gallimard, 2003).





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Ce bref essai s'adresse moins aux psychanalystes ou à leurs patients, qu'à un public un peu particulier, mais néanmoins de plus en plus nombreux : ceux qui se demandent comment, aujourd'hui, on peut bien vouloir entreprendre une cure, voire devenir psychanalyste. Quel crédit, en somme, la psychanalyse conserve-t-elle pour que des gens pas tout à fait ignorants ni naïfs, dont on ne suspecte pas non plus a priori l'avidité ou même la crapulerie, continuent avec une certaine modestie (j'y reviendrai) à s'y consacrer ? Car de telles questions, sauf à se boucher farouchement les oreilles, se posent, et sont même fort directement posées dans le contexte contemporain, non seulement dans des écrits de semi-vulgarisation livrés au public avec force publicité, mais aussi dans les sphères médicales ou dans la recherche critique la plus sophistiquée.
Comme je ne viens pas seulement de la psychanalyse, mais aussi de l'histoire et de la philosophie des sciences, on me permettra d'introduire mon sujet par des considérations sur la chronologie de ce questionnement sceptique, voire virulent et dénonciateur, de risquer un état des lieux intellectuel de la psychanalyse, et d'en tirer un tableau d'ensemble aux couleurs un peu crues, mais dont j'entends faire ma base de départ.
Car les années 1980 semblent avoir constitué un tournant crucial, et tourné la page d'une phase de domination quasi exclusive du paradigme freudien dans l'espace intermédiaire, mi-scientifique mi-culturel, où nous définissons ce qu'est pour nous «aller mal», «avoir des symptômes», «souffrir psychiquement», etc.
En 1979 décède en effet Wilfred Ruprecht Bion ; en 1980, Erich Fromm ; en 1981, Jacques Lacan et Heinz Kohut ; en 1982, Anna Freud. Cinq psychanalystes disparaissent, mais aussi, et c'est un symbole, cinq des plus grands noms de la psychanalyse après Freud. En 1980 également, l'American Psychiatrie Association fait paraître une version révisée (c'est la troisième) de son Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Rédigé par une pléiade de psychiatres tous, à une ou deux exceptions près, officiellement formés à la psychanalyse, il renonce désormais à toute hypothèse causale pour décrire et pour classer les pathologies psychiatriques.


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