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La relation médecins-malades : information et mensonge

Couverture du livre La relation médecins-malades : information et mensonge

Auteur : Sylvie Fainzang

Date de saisie : 21/12/2006

Genre : Société Problèmes et services sociaux

Editeur : PUF, Paris, France

Collection : Ethnologies-controverses

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-13-055828-6

GENCOD : 9782130558286

Sorti le : 08/09/2006

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  • La présentation de l'éditeur

À l'ère de la démocratie sanitaire où le droit du patient à l'information est non seulement défendu, mais encore garanti par la législation, qu'en est-il, réellement, de l'information du malade ? Le patient reçoit-il l'information qu'il désire, que ce soit sur le diagnostic, le pronostic ou sur les traitements qui lui sont proposés ? Et, quand il la désire, quelle information souhaite-t-il obtenir ? Mais aussi, quelle information consent-il, lui-même, à donner aux médecins sur son mal et sur son corps ?

Cet ouvrage est le résultat d'une étude menée pendant quatre ans sur les échanges entre médecins et malades et sur la nature des informations transmises à l'intérieur de la relation médicale. Il résulte d'une observation et d'une fréquentation de malades et de médecins dans le cadre de la médecine hospitalière, dans le contexte du cancer et d'autres pathologies.

Il met en évidence non seulement des pratiques de rétention de l'information et de soustraction de la vérité, mais aussi, par delà ce qu'il est convenu d'appeler le «mensonge par omission», l'existence de véritables pratiques mensongères de la part des médecins comme des malades. Une analyse de leurs mécanismes et des malentendus qui caractérisent un grand nombre d'échanges en est proposée. Elle renouvelle l'approche de la problématique du mensonge en adoptant une perspective résolument anthropologique, attentive aux conditions et aux modalités sociales de son accomplissement. L'auteur y examine les frontières entre ce que l'on dit et ce que l'on ne dit pas, et entre ceux à qui on donne l'information et ceux à qui l'on ment, mettant en lumière un domaine encore peu exploré.

Sylvie Fainzang, anthropologue, directeur de recherche à l'iNSERM, est membre du Cermes (Centre de recherche médecine, sciences, santé et société). Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les représentations et les pratiques sociales relatives au corps et à la maladie, notamment d'une Ethnologie des anciens alcooliques, la liberté ou la mort (Puf, 1996) et de Médicaments et société. Le patient, le médecin et l'ordonnance (Puf, 2001).





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

«Le philosophe Cretois Épiménide dit : "Tous les Crétois sont menteurs." S'il dit la vérité, alors, c'est un menteur puisqu'il est Crétois ; il ne dit donc pas la vérité. Il est donc, lui aussi, un menteur. Il dit donc la vérité. Par conséquent, les Crétois ne sont nullement des menteurs. D'où il s'ensuit qu'Épiménide n'en est pas un non plus. Il a donc menti...»

Paradoxe du menteur, imaginé par Euclide

S'il est de mise aujourd'hui de s'intéresser à la question de l'information - tant notre époque se caractérise par sa glorification et en traduit l'obsession - et de poser cette question dans le cadre de la relation médecin/malade, il est moins convenant d'interroger la véritable nature de cette information et en particulier ses liens avec la vérité. Mais il est encore plus délicat, voire totalement irrévérencieux, d'aborder un sujet tel que le mensonge, surtout lorsqu'on choisit d'examiner aussi bien les mensonges perpétrés par les médecins à l'égard des malades que ceux qu'accomplissent les seconds à l'égard des premiers, les plaçant résolument sur le même plan anthropologique, c'est-à-dire en tant que phénomène social.
Le mensonge est une pratique pourtant courante au sein de cette relation dans laquelle chaque protagoniste est amené à délivrer des informations à l'autre, en vue d'une prise en charge optimale de la maladie. Quelle place le mensonge occupe-t-il dans la relation médecin/malade et dans l'échange d'informations entre eux ? Quelle est la nature de l'information reçue par le malade sur son mal, et quelle est la nature de l'information qu'il souhaite ? Comment s'effectue cette recherche d'information dans le cadre de la relation médecin/malade, et comment lui est-elle donnée ? Quelle perception le malade a-t-il de cette information et de la manière dont elle est réalisée dans le cadre de ses relations avec les médecins ? Quelle est la place de l'information dans ses choix thérapeutiques ? Telles sont les questions qui ont guidé cette recherche, au fondement de laquelle réside un constat : la disparité, voire la contradiction, entre les discours des malades qui se plaignent de ne pas être informés sur leur état, et le discours des médecins qui affirment que les patients ne veulent pas savoir ce qu'ils ont. Le but de cette recherche a été à la fois de faire émerger les conditions de l'information du malade et de comprendre ce qui se joue, à l'intérieur de la relation médecin/malade, autour de cet enjeu qu'est l'information du malade - autrement dit, de mesurer la perception et la réalité de la relation que les individus entretiennent avec l'autorité médicale.


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