Auteur : Susan Weissman
Traducteur : Patrick Le Tréhondat | Patrick Silberstein
Date de saisie : 18/12/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Syllepse, Paris, France
Collection : Histoire, enjeux et débats
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-84797-088-3
GENCOD : 9782847970883
Sorti le : 20/11/2006
Victor Serge a été le témoin des grandes tragédies et des espoirs qui ont marqué le 20e siècle. Susan Weissman s'attache dans cette biographie à nous faire découvrir un Serge inattendu : elle nous fait suivre pas à pas le développement de la pensée et de l'action de l'auteur de S'il est minuit dans le siècle.
Russe élevé en Belgique, son parcours se poursuit à Paris où l'entraînent ses convictions anarchistes. Il y fréquente la célèbre bande à Bonnot et, après une lourde condamnation, il rejoint Barcelone où couve l'insurrection.
Attiré comme par un aimant par (a révolution des soviets, il gagne Petrograd où il découvre une révolution en danger. Il devient rapidement proche des bolcheviks dont il rencontre les plus éminents dirigeants. Lénine et Trotski notamment, et participe à la lutte désespérée de cette révolution pour briser son isolement et son étranglement.
Militant de l'Opposition de gauche antistalinienne. Victor Serge est aussi le témoin accusateur de la montée victorieuse du cancer bureaucratique stalinien, qui détruit de l'intérieur la Russie soviétique et la révolution.
Arrêté, déporté, il est sauvé d'une mort certaine grâce à une campagne internationale.
Exilé à Paris, il est pris dans la tourmente du Front populaire, de la révolution espagnole et des procès de Moscou. Quand les chars nazis déferlent sur la France, il prend la route de son dernier exil : le Mexique.
Révolutionnaire épris de liberté et d'humanisme. Victor Serge a développé une vision critique, voire iconoclaste, du processus soviétique, ce qui l'a conduit à de nombreux désaccords avec Léon Trotski dont il partageait le combat pour un socialisme démocratique dans la Russie stalinienne et dans le monde capitaliste.
Extrait de la préface à l'édition anglaise
Julian Gorkin avait l'habitude d'appeler son ami Victor Serge «l'éternel vagabond en quête d'idéal». La vie de celui-ci a en effet été consacrée à la recherche de la justice sociale et de la dignité pour l'humanité en allant au-delà de ce que le stalinisme et le capitalisme ont permis. Cheminant vers ce «cap de bonne espérance», combattant pour la justice sociale et la dignité humaine, Serge poursuivait la vérité et luttait contre les privilèges. Pour ce faire, il a choisi de participer à l'accouchement de l'histoire en s'engageant personnellement dans les combats quotidiens des individus ordinaires. Et, à cette époque, ces luttes étaient héroïques.
Pratiquement invisible aux yeux de l'histoire, Serge s'est retrouvé du côté des vaincus, de ceux qui ont refusé de se compromettre avec le capitalisme ou d'abdiquer devant le stalinisme. Aucun de ces deux choix n'était acceptable. Le coût de ce double refus a été élevé. Malgré son éloquence et sa puissante écriture, Serge n'est guère connu en dehors de quelques petits cercles de la gauche radicale et de quelques spécialistes de l'Union soviétique. L'ignorance générale qui l'entoure est particulièrement scandaleuse.
Ce halo d'invisibilité a rendu ma découverte de Serge encore plus surprenante. Un jour, alors que je quittais la salle de cours, un de mes professeurs de l'Institut d'études soviétiques et d'Europe de l'Est de l'université de Glasgow m'a suggéré de lire les Mémoires d'un révolutionnaire de Victor Serge. Son insistance m'a intriguée, et le week-end suivant, j'ai pris le train pour Londres avec Victor Serge pour compagnon de voyage. Les six heures qu'ont duré le trajet ont défilé en un éclair et, arrivée à destination, j'ai quitté mon wagon pour terminer mon livre sur un banc de la gare. Depuis, je n'ai jamais oublié cette lecture.
Mon projet est né à ce moment-là. Mes recherches ont été longues et souvent interrompues. Elles m'ont entraînée d'Ecosse en Californie, de New York au Mexique, de France en Belgique et enfin en Union soviétique. Tout au long de ce chemin, j'ai pleinement ressenti la frustration de constater que j'avais commencé ce travail quarante années après la mort de Victor Serge. Beaucoup de ceux qui l'avaient connu avaient disparu. Certains sont morts quelques mois ou quelques semaines avant que je ne les découvre. L'un d'entre eux, Jean Van Heijenoort, a été assassiné quelques jours à peine avant notre rendez-vous !
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