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En attendant l'aube

Couverture du livre En attendant l'aube

Auteur : Ann Moore

Traducteur : Claire de Thionville

Date de saisie : 13/12/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Presses de la Cité, Paris, France

Collection : Grands romans

Prix : 20.50 € / 134.47 F

ISBN : 978-2-258-06951-0

GENCOD : 9782258069510

Sorti le : 02/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

Elle a franchi un océan pour fuir l'Irlande, dévastée par la famine et les exactions des Anglais...

Hantée par la disparition de Morgan, l'amour de sa vie et le père de ses enfants, héros de l'indépendance irlandaise, Grâce O'Malley a découvert à New York les dures réalités qui attendaient les dernières vagues d'immigrants : chômage, misère, exploitation éhontée, discriminations de tous ordres. Des débuts plutôt rudes dans le Nouveau Monde...
L'existence de la jeune Irlandaise semble pourtant s'éclairer lorsqu'un brillant officier de marine, tombé amoureux d'elle, la demande en mariage. C'est dit : elle traversera l'Amérique pour le rejoindre à San Francisco.
Elle ignore encore qu'elle devra affronter bien des embûches en attendant cette aube qu'elle appelle de tous ses voeux...

On retrouve avec plaisir l'héroïne forte et sensible de Grâce O'Malley et de Loin de l'Irlande, les deux premiers volets de l'émouvante saga irlando-américaine d'Ann Moore. Grâce O'Malley nous fait vivre avec elle l'histoire tourmentée de l'Amérique, mêlant dans la douleur comme dans la joie la petite histoire à la grande. Mais ce livre est avant tout un magnifique roman d'amour, une épopée dont les héros nous captivent.





  • Les premières lignes

Des centaines de navires à voiles carrées gîtaient dans la baie de San Francisco, délaissés, comme autant de sinistres fantômes. La brume enveloppait leurs ponts abîmés et s'engouffrait par les brèches ouvertes dans leurs flancs par les pilleurs de charpentes, qui les avaient abandonnés à leur tour, les laissant à moitié engloutis dans les eaux troubles, après avoir volé ce dont ils avaient besoin. Ces carcasses de goélettes, de clippers et de baleiniers n'étaient pas les seules à encombrer le port. Nombre d'autres bateaux mouillaient en sécurité, bien gardés, leurs écoutilles fermées. Mais ce fut cette impression d'abandon précipité qui frappa Grâce, alors qu'elle scrutait la baie à la recherche du mât imposant d'EIiza F.
L'aube pointait tout juste, il faisait à peine jour, et elle se dit que le bateau était là, quelque part dans le port, noyé dans le brouillard, de sorte qu'elle ne pouvait pas le voir du quai où elle se trouvait. De toute façon, se raisonna-t-elle, même si elle le repérait, elle n'avait pas de canot pour le rejoindre ; et puis Peter et Liam ne dormaient sans doute pas à bord. Ils devaient être chez eux, dans la maison qu'ils partageaient avec l'associé de Peter, Lars Darmstadt, et la femme de ce dernier, Detra, quelque part sur les collines de la ville qui s'élevaient derrière elle. Elle tourna le dos au port et considéra cette cité inconnue, le dédale de ses rues obscures où l'on se repérait difficilement. Il faisait nuit lorsqu'elle était arrivée la veille au soir, et on n'y voyait guère plus clair à présent, mais elle avait noté les indications sur un papier qu'elle tira de sa poche pour les consulter.
Elle serra plus fort la main de son fils de quatre ans, qui dormait debout, et ils s'éloignèrent du quai de Jackson Street, remontant jusqu'à l'opéra, sur Montgomery ; de là, ils bifurquèrent vers le sud pour rejoindre California Street. Arrivée à une place bordée de banques, d'entrepôts, de bureaux de compagnies maritimes et de négociants en import-export. Grâce se mit à détailler les façades. Puis, lentement, elle longea la rue. Chaque bâtiment semblait émerger de la brume comme s'il était seul au monde ; certains arboraient des numéros, certains autres des enseignes, et d'autres encore rien du tout. Elle arriva enfin devant celui qu'elle cherchait et s'arrêta net. Evidemment, il faisait face au front de mer. Elle contempla l'allée, la porte d'entrée, le rez-de-chaussée, le premier étage, le second... C'était plus grand qu'elle ne l'avait imaginé. Elle savait bien que la maison devait abriter Peter, Liam, Lars, Detra et leurs domestiques, mais n'avait pas imaginé que derrière cette adresse se cachait une si imposante bâtisse. La gorge serrée, elle baissa les yeux vers Jack, lui remit sa casquette, puis rajusta son propre bonnet, et enfin poussa la lourde grille de fer, d'un geste résolu.
- Le capitaine habite ici, maman ?


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