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Les grands romans de la guerre de 14-18

Couverture du livre Les grands romans de la guerre de 14-18

Date de saisie : 13/12/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Omnibus, Paris, France

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-258-07284-8

GENCOD : 9782258072848

Sorti le : 02/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

S'adressant aux auteurs ici réunis, Jean-Pierre Guéno s'interroge : «Vos romans sont-ils vraiment des romans ? Ils sont avant tout le fruit d'une expérience vécue, d'un cauchemar ineffable, de vos souvenirs inscrits, incrustés au jour le jour, dans la boue et dans la vermine des champs de carnage, dans votre mémoire, dans votre regard, dans votre chair, dans vos notes et dans vos journaux intimes, dans vos lettres, dans vos carnets de tranchée... Le plus souvent, vos mots n'y décrivent pas seulement l'horreur des combats : ils y analysent dans son immense latitude la grande misère, la grande déshérence de la condition humaine, lorsqu'elle s'aventure beaucoup trop près de l'insondable gouffre de l'inhumanité...»
Ces romans, dont certains parurent dans le courant même de la guerre, sautèrent comme des bombes au visage des «civils». La guerre qu'ils décrivaient n'était ni fraîche ni joyeuse et tout ce que la propagande parvenait à étouffer en censurant les lettres des poilus - la barbarie, la peur, la mort -, ces écrivains combattants, engagés volontaires ou mobilisés, le restituèrent comme malgré eux, en décrivant, en notant, en observant... En racontant, tout simplement.
Plus absurde encore, s'il est possible, cette «Randonnée de Samba Diouf», périple d'un jeune Sénégalais arraché à son village, embarqué de force dans une pirogue pour être jeté au coeur de la Grande Guerre de l'homme blanc.

Avant-propos de Jean-Pierre Guéno. Introduction de François Rivière.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de François Rivière :

Les romans de 14-18

La première et notable incidence de la Grande Guerre sur le destin de la littérature française fut le long délai imposé à la publication du deuxième pan d'A la recherche du temps perdu, prévu pour 1914 et qui ne parut finalement qu'en 1919, raflant du même coup le prix Goncourt aux Croix de bois de Dorgelès. Bon prince, Marcel ne fut jamais indifférent au son du canon, s'inquiétant pour son frère Robert - blessé à Verdun - ou son grand ami Reynaldo Hahn, présent au front. Il n'en poursuivit pas moins sa vie d'oiseau nocturne, retrouvant ses proches au Ciro's et comparant, au fil de la conversation, les généraux à des personnages de Balzac. Mais, tandis que les lecteurs encore peu nombreux à être passés Du côté de chez Swann prenaient leur mal en patience, l'effervescence coutumière du petit monde des lettres s'effaçait pudiquement devant la rumeur grandissante d'un désastre. S'élevèrent alors des voix de circonstance. La poésie patriotique d'Henri Bataille ou de Rostand, voire de Claudel dont les Poèmes de guerre s'attardent sur le sens spirituel du conflit franco-allemand, s'associèrent à quelques morceaux de bravoure en prose comme ceux d'Henry Bordeaux ou de Charles Le Goffic, plus «excités» que réellement intéressants.
Les écrivains partirent au front et, sans tarder, de l'Artois à la Champagne, des Flandres aux Vosges, des esprits s'échauffèrent au contact de l'horreur, des mots jaillirent spontanément, ultime barrage contre l'anéantissement qui menaçait chacun. Ils furent nombreux à écrire, professionnels et amateurs, et, dès les premiers mois de la guerre, les principales maisons d'édition parisiennes s'élancèrent à la conquête d'un nouveau public, celui des lecteurs de «récits de guerre». Jean-Norton Cru, longtemps professeur de littérature française au Williamstown Collège, dans le Massachusetts, a entrepris en 1929 de recenser l'ensemble de la production livresque engendrée par la Grande Guerre. Sous le titre de Témoins, il a publié cet inventaire de plus de deux cent cinquante ouvrages, commentés de manière méticuleuse, parmi lesquels les oeuvres de fiction - minoritaires, bien sûr, à côté des livres de stratégie militaire, des journaux intimes et d'innombrables recueils de correspondance - sont loin de démériter aux yeux de ce sourcilleux spécialiste. La mémoire de nos pères ayant, depuis, fait le tri dans cette avalanche de romans parus pendant la guerre mais également au cours des années qui ont suivi - celles d'un dur réveil après l'anesthésie de toute une population-, seuls survivent aujourd'hui les livres nés sous la plume de créateurs mus par une authentique émotion esthétique.


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