Auteur : Michel Pateau
Date de saisie : 13/12/2006
Genre : Histoire, Géographie
Editeur : Geste, La Crèche, France
Prix : 49.00 € / 321.42 F
ISBN : 978-2-84561-277-8
GENCOD : 9782845612778
Sorti le : 25/10/2006
Près de 500 cartes postales et photographies couleurs nous dévoilent l'Anjou d'il y a 100 ans. Au fil des quelque 180 communes, villes, hameaux ou villages évoqués dans cet ouvrage, c'est un témoignage unique sur les hommes et les femmes qui ont façonné notre terroir.
Les commerces, les gares, les voitures à marchepied et appareillage de cuivre voisinent avec mille métiers aujourd'hui disparus : que sont devenus les carriers de Bécon-les-Granits, les filatures et tissages des Mauges, les fours à chaux de Liré, les petits ramoneurs noircis et les charbonniers déversant leurs boulets dans les soupiraux ? Cependant, tout n'a pas changé : des planches dangereusement posées sur des pierres ont porté les riverains lors de la dernière grande crue de la Maine en 1995, tout comme pendant celle de 1910.
Chacun se plaira à distinguer dans son village ou sa ville les perspectives d'hier, les changements plus ou moins profonds de la physionomie des bourgs, où la campagne se montrait plus présente qu'aujourd'hui.
Extrait de l'introduction :
Ils attendent, la moustache frémissante, le départ chaotique de la charrette à cheval dans la rue du village. La blouse boutonnée jusqu'au cou, le cheveu ras, les écoliers ont l'air de se ressembler tous, sous les marronniers et les préaux. D'autres dessinent les postures martiales de la gymnastique que la photo a figées, tandis que les petites filles roulent des cerceaux le long des bassins. À l'heure de l'apéritif, sur le boulevard de Saumur, les hommes assistent à la passée des femmes en se faisant l'oeil doux devant leur grand verre d'absinthe. C'est un monde disparu, mais pourtant si proche. Ils sont nos grands-pères et nos grands-mères. Les enseignes de leur commerce devant lesquelles on marque fièrement la pose ou certaines usines témoignent encore aujourd'hui d'une activité passée, qui a traversé les âges. L'éclat fugitif d'une coutellerie, les ombrelles des Dames de France, l'étal de la boucherie de village, les échoppes d'artisans dont on devine les anciennes rumeurs nous touchent par-delà les générations, comme si toute cette économie bruyante s'était arrêtée sur une note. Ce sont des centaines de photos de l'Anjou au début du siècle qui nous sautent au visage et, pour beaucoup d'entre nous, à la mémoire. C'était tout juste hier. Et l'on peut chaque fois, en détaillant l'amorce d'une démarche, l'ébauche d'un sourire, le regard d'une mère sur un enfant, le long labeur des champs, se demander si tous ces gens ont d'autres sentiments que les nôtres, d'autres doutes devant l'avenir. Les contrastes étaient plus marqués. Ainsi, la vie de château était encore vivace et les classes se mélangeaient peu. Certaines cartes postales en révèlent les fractures : rangées de femmes à coiffes sur les marchés ou agenouillées autour du lavoir, travailleurs du fer et de l'ardoise et brillants équipages devant la grille des maisons de maître.
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