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Abbayes d'Anjou : ancien diocèse d'Angers

Couverture du livre Abbayes d'Anjou : ancien diocèse d'Angers

Auteur : François-Christian Semur

Date de saisie : 13/12/2006

Genre : Arts

Editeur : Geste, La Crèche, France

Collection : Monastères de l'ancienne France

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-84561-278-5

GENCOD : 9782845612785

Sorti le : 15/11/2006


  • La présentation de l'éditeur

L'art religieux, notamment l'art monacal roman, personnalise avec vigueur la région angevine. L'art gothique n'y est pas en reste avec les célèbres voûtes angevines de bon nombre d'édifices religieux.

Qu'il s'agisse de l'ancien diocèse d'Angers ou du «pagus» d'Anjou de l'an Mil, les frontières de ce territoire ont été particulièrement fluctuantes et en tout cas dépassaient largement les limites de l'actuel département du Maine-et-Loire. Ainsi, certains monastères et non des moindres, telle l'abbaye de Bourgueil, hier rattachée au diocèse d'Angers, se trouve aujourd'hui dans le département de l'Indre-et-Loire,- l'abbaye royale de Fontevraud, hier dépendante du diocèse de Poitiers, est désormais située dans le département du Maine-et-Loire. Ce ne sont pas les seuls exemples... Une vision extensive du cadre géographique a été privilégiée, avec le souci de mieux embrasser le patrimoine de l'Anjou historique et religieux.

Le recensement des principales abbayes angevines permet de mieux éclairer la magnifique floraison cénobite depuis le IVe siècle. Il accrédite l'idée selon laquelle cette région fut très appréciée des adeptes de la prière. Le climat, «douceur angevine» oblige, le paysage, la position géographique, ont fait de ces lieux un havre de paix particulièrement accueillant. Si la vallée de la Loire, aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'Unesco, fait encore le bonheur et la joie des promeneurs, déjà au XIIe siècle les bénédictins de l'abbaye de Saint-Maur chantaient sa gloire : «La vallée est couronnée de délices, dotée de toutes les richesses de la nature»...

Les principaux ordres monastiques ont été représentés en Anjou : bénédictins, augustins, cisterciens, prémontrés, grandmontains, fontevristes et cisterciens-trappistes.

C'est une certitude, l'art religieux notamment l'art monacal est bien représenté en Anjou. Il y a là une richesse de notre patrimoine régional à découvrir, à remettre en lumière et à sauvegarder. C'est à cette entreprise passionnante que nous invite l'auteur, sur les routes et chemins bucoliques de l'une des plus belles régions de France.



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  • Les premières lignes

Le peuple gaulois qui avant la conquête de Jules César occupait les larges les espaces d'eaux et forêts qui s'étalaient alors de part et d'autre de la Loire, les Andes ou Andécaves, ont donné leur nom à l'Anjou. Ce territoire diversifié, est bordé au sud par le Poitou, au nord, par le Maine, à l'est par la Touraine et à l'ouest par la Bretagne.

Du point de vue géologique, l'Anjou se situe à la jonction des sols primaires attachés à ceux de Bretagne et des sols calcaires et argileux liés à ceux des provinces orientales, la Touraine et le Haut-Maine. Comme dans d'autres régions, à l'évidence, on a utilisé ici pour les constructions d'églises et de monastères, les matériaux que l'on avait à sa disposition. Aussi, trouverons-nous dans le nord-ouest et le sud-ouest de l'Anjou des édifices de granit (La Roë, Nyoiseau, Bégrolles-en-Mauges...), près du Val d'Anjou et au sud-est de la Loire des édifices religieux de tuffeau (Fontevraud, Saumur, Saint-Florent, Saint-Maur-de-Glanfeuil, Saint-Aubin d'Angers etc.).

L'Anjou a été très tôt christianisé : Maurille à Angers, Vétérin à Gennes, Florent à Saint-Florent-du-Mont-Clonne, ont donné leur nom aux premières fondations qui fleurirent en des temps troublés alors même que l'emprise de Rome s'estompait. Puis après l'avènement de Clovis, de nouvelles fondations promises à un bel avenir apparurent, comme celle dédiée à l'évêque Aubin à Angers.

Après les souffrances engendrées par les invasions des Bretons puis des Normands (IXe-Xe siècles), le pouvoir temporel à la tête du comté allait permettre aux religieux angevins, notamment aux cénobites, de connaître non seulement la paix mais aussi un certain essor. Près de trois siècles substantiels pour l'expansion et la consolidation du monachisme !
Comme le souligne Elisabeth Verry, directrice départementale des archives du Maine-et-Loire, «Foulques Nerra est la grande figure de l'an mil». Investi en 987, soit l'année même où Hugues Capet accède au trône de France, Foulques Nerra, profondément croyant, entreprit plusieurs pèlerinages à Jérusalem. Ambitieux pour son territoire, il ne cessa de guerroyer. Il multiplia les châteaux et forteresses, ainsi que les églises et les monastères parmi lesquels Saint-Nicolas et le Ronceray à Angers. «Il eut l'intelligence», estime Marcel Deyres, «d'annexer au Pagus, le Saumurois et les Mauges,- le comté devenait ainsi équilibré militairement et économiquement».


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