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Le plan bleu : 1947, un complot contre la République

Couverture du livre Le plan bleu : 1947, un complot contre la République

Auteur : Jean-Marie Augustin

Date de saisie : 13/12/2006

Genre : Histoire

Editeur : Geste, La Crèche, France

Collection : Histoire

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-84561-273-0

GENCOD : 9782845612730

Sorti le : 10/10/2006


  • La présentation de l'éditeur

1947 : «L'année terrible» ! En ce temps de guerre froide, marqué par la rupture du tripartisme et des grèves à répétition, les nostalgiques de Vichy relèvent la tête et sont rejoints par d'anciens résistants mordus de l'anticommunisme.
On parle de «Plan Bleu», de «Maquis noir», de «Mouvement anticommuniste (MAC)». Des arrestations sont opérées à Chamalières, près de Clermont-Ferrand, à Lamballe (Côtes-du-Nord) et plus tard dans le pays de Montbéliard. Le ministre de l'Intérieur, Edouard Depreux, prend cette affaire très au sérieux et la dévoile à la presse, le 30 juin 1947. Quelle est l'importance de ce complot de l'Extrême Droite contre la IVe République 7 Sa découverte ne vient-elle pas à point nommé, après le départ des ministres communistes, pour tenter de faire croire que le gouvernement Ramadier se bat sur deux fronts et rallier à lui toutes les forces démocratiques ?

Agrégé des facultés de droit, Jean-Marie Augustin est professeur à l'université de Poitiers où il enseigne l'his­toire des institutions.



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  • Les premières lignes

L'ANNÉE DES TEMPÊTES

Pour Vincent Auriol, suivant les termes qu'il utilise dans son Journal du septennat, 1947 fut un temps «d'insurrection froide» et l'année des «tempêtes». D'après Jacques Fauvet, journaliste au Monde et historien, ce fut «l'année terrible», encore qu'il réserve plutôt ce qualificatif, à cause du plus grand nombre de grèves, au second semestre et aux premiers mois de 1948.
L'année 1947 a pourtant bien commencé. Le 16 janvier, dans la salle du Congrès à Versailles, Vincent Auriol, député SFIO de la Haute-Garonne et président de l'Assemblée nationale, est élu président de la République, au premier tour de scrutin par une majorité très Front populaire. Les voix socialistes, bien entendu, celles des communistes et un certain nombre de voix radicales assurent le succès de la personnalité de premier plan qu'est alors ce Méridional de 62 ans, à l'accent savoureux.
La IVe République, ayant désormais un représentant conforme à sa Constitution, celui-ci prend aussitôt des dispositions pour doter le pays d'un gouvernement. Le choix de Vincent Auriol se porte naturellement sur son ami Paul Ramadier, de quatre ans son cadet, qu'il pressent pour devenir président du Conseil. Avec ses lunettes cerclées d'acier cachant des yeux en demi-lune, sa légendaire barbichette, ses vêtements dépourvus d'élégance et sa démarche paysanne, ce député de l'Aveyron, ancien ministre, semble sortir tout droit d'un livre d'instruction civique du début du siècle. Socialiste au tempérament de radical, franc-maçon convaincu, c'est un «père tranquille», ayant une très grande puissance de travail, ami des belles-lettres et profondément républicain.
Le 21 janvier, Ramadier est investi à l'unanimité par l'Assemblée nationale, mais il doit ensuite user de combinaisons pour constituer son gouvernement. Comme les communistes ont voté pour Auriol, il faut bien les récompenser en leur accordant des portefeuilles ministériels importants. Le président du Conseil s'y résigne en reprenant la formule du tripartisme qui existe depuis le départ du général de Gaulle, le 20 janvier 1946. Il y a cependant une inflexion par rapport à la situation précédente, car aux côtés de 9 ministres socialistes, 5 MRP et 5 communistes, entrent au gouvernement, 3 radicaux, 2 UDSR et 2 indépendants. Ce n'est plus du tripartisme pur mais, comme l'on dit à l'époque, une formule «d'accord général».


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