Auteur : Roland Mornet
Date de saisie : 13/12/2006
Genre : Histoire
Editeur : Geste, La Crèche, France
Collection : Histoire
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-84561-282-2
GENCOD : 9782845612822
Sorti le : 15/11/2006
Le 10 janvier 1920, au petit matin, le paquebot Afrique de la Compagnie des Chargeurs Réunis débouche du chenal de la Gironde avec 602 personnes à bord (équipage et passagers). Il se dirige sur Dakar et les autres ports de la Côte Occidentale Française, sa ligne habituelle. C'est son 58e voyage. Ce sera le dernier... Le navire n'atteindra jamais sa destination, il sombre aux premières heures de la journée du 12 janvier 1920 aux abords Nord-Est du plateau de Rochebonne, à moins de 23 milles (42 km) des Sables d'Olonne.
Du tait des conditions apocalyptiques, de nuit, par gros temps épouvantable, aucun entant, aucune femme ne pourra être sauvé. Un seul passager civil en réchappera. Il n'y aura que 34 rescapés, 568 personnes périront. L'ouvrage relate les causes, les circonstances et les suites de ce sinistre maritime que, malgré tout ce qu'ont pu faire le capitaine Le Dû et son équipage, ne put être évité. Cette tragédie de la mer survenue peu après la Grande Guerre (dans l'ombre de celle-ci) et pendant une période électorale, paraissait bien oubliée aux familles de victimes...
Roland Mornet est né aux Sables d'Olonne. Mousse à 74 ans, il devient capitaine à 24 ans d'un navire océanographique basé en Côte d'ivoire. Il fera alors l'essentiel de sa carrière comme capitaine sur les navires de différents organismes de recherche scientifique, de l'ORSTOM (RD maintenant) à IFREMER. Chevalier du Mérite Maritime.
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Extrait de l'introduction :
Le plateau de Rochebonne,
le plateau du Trépas
Il est au large des côtes charentaises et vendéennes un haut-fond dangereux pour la navigation, appelé plateau de Rochebonne. Ces écueils sont plus précisément situés à 30 milles (55 km) dans l'ouest de la pointe des Baleines, extrémité occidentale de l'île de Ré et à 35 milles (60 km) dans le sud de l'île d'Yeu. De forme très oblongue, cette barrière rocheuse s'étire sur plus de 7 milles (12 km) dans le sens nord-ouest/sud-est.
Le terme de «plateau» est donc impropre puisqu'il s'agit d'une ligne de crêtes sous-marines qui n'émergent jamais et dont la partie sommitale, la roche «la Congrée» culmine à 3,30 mètres au-dessous de la surface aux plus grandes basses mers de vive-eau.
Cet accident topographique qu'est Rochebonne, intumescence géologique, zone anticlinale (pli convexe), sorte de cicatrice renflée pourrait-on dire, lié ainsi que l'île d'Yeu à la formation des Pyrénées, est un lieu mythique pour les marins du ponant et, que de fois pendant mon enfance, plus encore dans mes débuts à la navigation, j'ai entendu ce nom de Rochebonne prononcé avec la scansion toute particulière aux pêcheurs vendéens, cette appellation a ainsi la résonance de la vague qui se rue sur les galets du rivage...
Remontons le temps : il y a quelque dix mille ans, le niveau de l'océan se situait à 50 mètres plus bas que le niveau actuel. La mer venait briser au pied de ce qui était alors un promontoire rocheux, presqu'île reliée au continent par un système dunaire ou tombolo. Cette aspérité rocheuse se serait appelée «cap d'Orcanie» mais on ne peut l'attester véritablement, tout cela est si lointain...
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