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La mémoire de l'iceberg

Couverture du livre La mémoire de l'iceberg

Auteur : André Rollin

Date de saisie : 19/04/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : S. Wespieser éditeur, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2848050492

GENCOD : 9782848050492


  • La présentation de l'éditeur

LA MÉMOIRE DE L'ICEBERG. Tout simplement, je voudrais écrire ces longues années de 1965 à 2005, ces quarante ans de vie parisienne, studieuse et approximative. Dire le déroulement, sans heurts ? Impossible. Les souvenirs sont comme des icebergs disloqués, ils flottent au gré des courants, puis disparaissent. A. R.

Témoin privilégié du monde des lettres, romancier, critique, André Rollin avait la matière de mémoires fourmillant d'anecdotes et de révélations : son récit est plutôt l'aveu d'un désarroi. La Mémoire de l'iceberg est un livre douloureux sur l'écriture, ses procédures, ses impasses et ses pièges.
L'auteur déambule dans le paysage brouillé de ses souvenirs : des jésuites - il fut à son arrivée à Paris secrétaire de rédaction de la revue Études- au Canard enchaîné, aucun événement saillant ne paraît émerger. On croise pourtant dans ces pages Lacan, Sartre, mai 1968, les années 1970, des livres, des silhouettes, célèbres ou anonymes... Promeneur désabusé, «Rollin seul» à Paris, l'année où Satisfaction des Rolling Stones fait fureur, dit le monde qui se défait pendant sa «quarantaine» : de ce pays aphone, de ces politiciens fantoches, de cette société qui entre émeutes et conflits sociaux se délite, le mode épique ne peut rendre compte.
Et c'est finalement comme à l'insu du lecteur que l'écrivain dessine un portrait en creux de ces années-là et de lui-même. Alors qu'il reste dans l'ombre, son humour narquois et son élégance font merveille pour restituer le parfum d'une époque, la nôtre.

ANDRÉ ROLLIN est l'auteur de sept romans, parmi lesquels Cortège dans la ville (Le Seuil, 1978), Le Héros transpercé (Mazarine, 1987) et Quelle soirée (Gallimard, 2002), ainsi que de Ils écrivent : où ? quand ? comment ? (Mazarine, 1986).



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  • La revue de presse Jean-Claude Lamy - Le Figaro du 19 avril 2007

À travers le prisme de ses souvenirs fluctuants, André Rollin raconte ses quarante glorieuses. La période 1965-2005...
Exercice de style plus que de mémoire...
Commentaires mordants, une philosophie désabusée, des moments poétiques. On compte les minutes qui nous restent à vivre. Ainsi va le monde d'André Rollin.


  • La revue de presse Christophe Ono-dit-Biot - Le Point du 5 avril 2007

Ça s'appelle «La mémoire de l'iceberg». C'est une tentative pour raconter quarante ans de vie parisienne, littéraire, journalistique, de 1965 à 2005. Une tentative ratée, ce qui donne les meilleurs livres...
Alors, oui, les fêtes tristes s'enchaînent, les rentrées littéraires aussi, mais à la fin c'est quand même Rollin qui gagne, puisqu'il arrive au bout de son livre, plus libre que jamais. Alors, iceberg à la dérive ? Tu parles, André, c'est le lecteur qui fond.


  • La revue de presse Jean-Luc Douin - Le Monde du 16 mars 2007

Et ce témoin qui fait la navette entre 1965 et 2005, entre l'actualité et sa vie parisienne, quarante ans d'aventures intimes et professionnelles, va-et-vient entre hier et aujourd'hui, popote d'échos et pensées narquoises ou désabusées, c'est André Rollin, critique littéraire au Canard enchaîné...
La Mémoire de l'iceberg est un livre de trépanation. On y découvre comment ça coule dans la tête d'André Rollin, sous sa plume, comment l'envie d'écrire le pousse et le bloque, comment s'enchaînent les émotions. C'est un atelier de réminiscences qui se bousculent, de souvenirs concassés, une tentative de contrôle des assauts de la mémoire, une plainte ironique contre une faculté à dépeindre qui se dérobe, une mise à plat du travail : caler, reprendre, assumer les jours sans, esquiver, rager contre le sentiment de ne pas progresser, "phrases saccadées. Rupture de sens", chemins de traverses, bonheur des diversions.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 25 janvier 2007

«La Mémoire de l'iceberg» est un beau livre triste. A coups de phrases lapidaires et bougonnes, Rollin fait le compte, parfois débiteur, des femmes aimées, des livres arrachés au doute, des alcools bus, des anxiolytiques avalés, des articles écrits et du temps perdu à glaner des indiscrétions sur l'édition.... Dans cette chronique d'un temps qui s'éloigne comme un iceberg à la dérive, on croise Claude François dépoitraillé, le cardinal Daniélou qui s'en va chez les filles, et Lacan, intarissable sur le mot «con/cierge». On rencontre surtout André Rollin,...



  • Les premières lignes

Je voudrais dire. Faire revenir les souvenirs, ces îlots de glace. Ils fondent. La mer de l'oubli augmente. Vaste, elle submerge. La mémoire engloutie. Elle marche silencieuse, les mains dans le dos, d'une pièce à l'autre. Compagne de longue durée. Des années, encore des années. Mais cela a-t-il un rapport avec le silence du temps passé ? Fleurs fanées. Pierres cassées. Des événements bien sûr, des rencontres. Des surprises. Ce qui fait que les jours passent, que les jours sont morts. Que les jours continuent. Comme toujours, ici même. Sur cette page, après bien d'autres. Depuis : ce temps accumulé, stratifié. Je suis emmuré dans une momie géante, chaque année étant comme un objet précieux laissé dans le sarco­phage. Présents-cadeaux. Vivre avec. Ou sortir en criant, en hurlant, avec des lambeaux derrière moi. Des bouts de chair. Des vers même. Blancs, nombreux. Ne pas m'éterniser sur des à-peu-près, des diversions qui, comme chaque fois, m'éloignent du sujet. De mon histoire. Ou alors, je ricane. Mais à quoi bon ? Ça a déjà été fait, je l'ai déjà fait. On me l'a reproché. Ces lecteurs volatiles, des coquelets des toits disloqués, à peine sur leurs pattes, mais présents comme des lampadaires éteints. Le mot lampadaire, presque dans tous les romans de la rentrée : mot fétiche ? Phallus indispensable ? Toujours est-il qu'il peut éclairer les phrases écrites à son alentour. Ça peut aider le lecteur, ou les lecteurs. C'est l'heure des informations : on fait l'éloge de la laïcité, on a parlé du voile, de Mantes-la-Jolie, des représentants du «culte musulman» à Bagdad pour rencontrer les otages (deux journalistes français), d'une prise d'enfants dans le Caucase, très loin sur la carte, perdu dans des plis que l'on ne regarde jamais. C'est l'horreur.


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