Auteur : Pascal Boniface | Barthélémy Courmont
Date de saisie : 12/12/2006
Genre : Sciences humaines et sociales
Editeur : Armand Colin, Paris, France
Collection : L'histoire au présent
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-200-26950-0
GENCOD : 9782200269500
Sorti le : 23/11/2006
Depuis soixante ans, larme nucléaire est le symbole suprême de la puissance des États (au premier rang desquels les deux empires de l'après-guerre) et l'instrument de leur domination sur l'ordre mondial. Autant dire que, faire notre histoire politique et militaire depuis 1945, c'est faire celle d'un «monde nucléaire». A la lecture d'un récit qui restait pourtant à écrire, on comprend comment, dès son invention, l'arme atomique s'est imposée comme un élément central, structurant et fortement stabilisateur des relations internationales. Comment, en plaçant pour la première fois dans la main de l'homme le moyen de sa destruction, elle lui a imposé d'en théoriser (et d'en organiser) la non-prolifération et la non-utilisation. Comment le bombardement d'Hiroshima, s'il a été l'acte de naissance de la Guerre froide, a ouvert une ère de coexistence pacifique. Pourtant, depuis la chute du Mur de Berlin, l'inquiétude renaît. Elle prend un nouveau visage, aux contours moins précis : certains États (tels la Corée du Nord ou l'Iran) ne voient-ils pas dans la détention du feu nucléaire un moyen d'assurer leur existence ou de renforcer leur autorité ? Ou des groupes terroristes celui de soumettre, à peu de frais, l'humanité entière à leurs intimidations ? Aujourd'hui comme hier, l'arme nucléaire constitue un objectif ultime pour les uns, une menace suprême pour les autres. Demain, il en sera de même. Cette perspective rend d'autant plus précieuse la lecture d'un ouvrage qui se propose de couvrir l'évolution des armements et des stratégies nucléaires, pour mieux en confirmer l'omniprésence au XXIe siècle et en comprendre le sens.
Pascal Boniface est directeur de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et auteur d'une quarantaine d'ouvrages sur les questions internationales.
Barthélémy Courmont est docteur en science politique, chercheur à l'IRIS et responsable du bureau IRIS à Taiwan. Spécialiste des questions nucléaires et des États-Unis, il est l'auteur de plusieurs ouvrages d'études stratégiques.
Depuis soixante ans, l'arme nucléaire s'impose comme le symbole ultime de la puissance des États. Tout au long de la Guerre froide, l'arme qualifiée de «suprême» fut à l'origine de la course aux armements entre Washington et Moscou et de la prolifération touchant de nombreux États attirés par sa capacité dissuasive, mais elle fut également l'engin qui permit d'éviter une guerre majeure. Les conflits de basse intensité, dont il convient malgré tout de rappeler qu'ils n'en sont pas moins meurtriers, prirent le relais, donnant aux grandes puissances l'illusion de la «guerre improbable», mais confirmèrent dans le même temps l'impossibilité de la paix, selon la célèbre formule de Raymond Aron.
Le 6 août 1945, les États-Unis ouvraient la boîte de Pandore, le monde entrait dans l'ère nucléaire sans savoir pour autant ce que cela signifiait. L'arme nucléaire était venue naturellement dans les arsenaux, signe d'un progrès technologique. Le but des armes est de tuer et de détruire et on avait découvert une arme qui tuait plus et qui détruisait plus, mais on ne comprenait pas à l'époque qu'il y avait une différence de nature profonde entre cette nouvelle arme et toutes les autres. Pendant longtemps, les puissances ont adapté l'arme nucléaire à des schémas de pensées utilisées pour les armes conventionnelles. Cette confusion est loin d'être dissipée et si la dissuasion nucléaire a bien été conceptualisée par la suite, il y a encore dans de nombreux esprits une confusion entre l'arme nucléaire et les armes conventionnelles.
Soviétiques et Américains ne se sont pas affrontés directement parce qu'ils savaient que les conséquences en seraient irréparables, mais ils ne parvinrent cependant pas à faire de l'arme nucléaire cette arme de paix tant espérée. La bombe atomique, arme de l'apocalypse, fut ainsi en mesure d'éviter cette dernière, mais ouvrit de nouvelles perspectives en matière de conflits de basse intensité et de guerre asymétrique dont effets seront durables.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli