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Critique, n° 714. Littérature et antisémitisme

Couverture du livre Critique, n° 714. Littérature et antisémitisme

Date de saisie : 09/12/2006

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Minuit, Paris, France

Prix : 11.00 € / 72.16 F

ISBN : 978-2-7073-1974-6

GENCOD : 9782707319746

Sorti le : 16/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

Le Jour des meurtres dans l'histoire d'Hamlet est une adaptation. Bernard-Marie Koltès avait lu Shakespeare à partir de 1969 dans l'édition d'Oxford (1965), puis dans plusieurs traductions, en particulier celle de François-Victor Hugo (Éditions Rencontre, 1969) qu'il avait lue dans son intégralité.

Mais en 1974, pour écrire ce «condensé» de l'oeuvre originale, il choisit la traduction d'Yves Bonnefoy, publiée au Mercure de France (1962, 1988) et également dans la collection «Folio» chez Gallimard. Les emprunts à cette traduction sont fragmentaires : cependant, l'auteur a utilisé ce texte comme principe de son travail. On les retrouvera disséminés dans toute l'oeuvre.





  • Les premières lignes

Le procès qui est fait à Jean Genêt depuis quelques années sur son supposé antisémitisme nous conduit à nous interroger sur la manière dont il est désormais lu par quelques historiens et théoriciens de la littérature. Mal assurément. Mal, parce que d'emblée situé sur le terrain de la polémique politique, qui n'a été le sien que dans certains articles, certains entretiens, certaines prises de position extérieures à son projet poétique. Mal, parce que les citations choisies, tronquées, sorties de leur contexte, perdent leur sens d'origine et ainsi déformées servent une argumentation fallacieuse. Mal enfin, parce que, indépendamment du sujet abordé («Un écrivain a-t-il le droit de faire apparaître Hitler et des nazis ou des miliciens dans une fiction et d'évoquer les camps de concentration avec un autre point de vue que celui de l'historien ?» et «Un écrivain a-t-il le droit de mettre en doute la légitimité de l'État d'Israël ?»), c'est toute la question de la situation du romancier ou du poète dans l'actualité ou la mémoire historique qui se pose. A vrai dire, la question tout entière de l'imagination poétique et de la liberté de ton et de parole dans la littérature.
Deux chercheurs se sont ainsi attaqués à l'oeuvre de Jean Genêt, sans jamais mettre en doute leur présupposé : Jean Genêt est antisémite, il l'a toujours été, il appartient à une classe intellectuelle irresponsable ou carrément réactionnaire. Auteur en 2004 d'un long ouvrage, besogneux et en plusieurs points totalement aberrant, où Genêt est mis sur le même plan que Drieu La Rochelle, où Sartre est réduit au rôle d'un thuriféraire de mauvaise foi et où le succès théâtral du voleur devenu dramaturge est attribué à une clique de snobs, Ivan Jablonka insiste, transformant l'hommage à l'écrivain, vingt ans après sa mort, en accusation frontale, dont la violence est aussi surprenante que l'est l'absence de rigueur dans l'argumentation.


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