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Faire de la sociologie : un parcours d'enquêtes

Couverture du livre Faire de la sociologie : un parcours d'enquêtes

Auteur : Claude Dubar

Date de saisie : 09/12/2006

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Belin, Paris, France

Collection : Perspectives sociologiques

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-7011-4437-5

GENCOD : 9782701144375

Sorti le : 23/08/2006


  • La présentation de l'éditeur

Comment apprendre à «faire de la sociologie» et pas seulement à connaître les grands auteurs, les théories et les concepts ? Cet ouvrage montre, en partant de six récits d'études réellement mises en oeuvre, les liens entre les contextes des enquêtes, leur conduite, leurs résultats empiriques et surtout les manières de théoriser pour produire des généralisations, provisoires mais solides. Bref, apprendre à partir de la pratique et non de la théorie.
L'ouvrage plaide aussi pour la reconnaissance d'une sociologie professionnelle faite d'enquêtes qui, au moyen de méthodes diverses et de théorisations contrôlées, dévoile des problèmes ou éclaire des situations, démonte des mécanismes sociaux ou suit des groupes et des personnes dans le temps. La professionnalisation de la sociologie est à ce prix : admettre que l'on puisse apprendre la discipline en la pratiquant et reconnaître d'autres voies que l'académique pour y parvenir. L'ouvrage, enfin, revient sur l'histoire de la sociologie française et de ses «paradigmes». Six concepts : classe sociale, culture, socialisation, innovation, identité et genre sont définis à partir des enquêtes. Quatre grands paradigmes et courants de la sociologie sont abordés : conflictualisme, fonctionnalisme, interactionnisme et individualisme compréhensif. Le pluralisme sociologique est justifié grâce à un exemple combinant paradigmes et niveaux d'analyse : celui du genre.

Claude Dubar est professeur de sociologie à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, fondateur du laboratoire Printemps et ancien président de la Société Française de Sociologie. Il a notamment publié : La socialisation, La crise des identités, Analyser les entretiens biographiques (avec D. Demazière) et Sociologie des professions (avec P. Tripier).



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  • Les premières lignes

C'est en réfléchissant à mon propre parcours professionnel que j'ai pris conscience que je n'avais absolument pas suivi cette voie canonique de la sociologie «pure» et que j'avais toujours tenté d'éviter les deux positions (théoriciste et empiriste) précédentes. Il m'a semblé que d'autres sociologues de ma génération, en France et ailleurs, avaient eu la même orientation et avaient, notamment, appris et enseigné la sociologie en la faisant et en réfléchissant à ce qu'ils faisaient. Même si une thèse nous avait permis d'accéder à un emploi d'enseignant-chercheur à l'université ou de chercheur au CNRS, ce n'est pas cette recherche académique qui nous avait apporté notre expérience professionnelle et scientifique, définie comme capacité à faire - et pas seulement à enseigner - de la sociologie. Pour ceux qui, comme moi, entrent en sociologie dans les années 60, sans aucune tradition familiale, sans aucune relation avec le monde universitaire, le choix de la sociologie est inséparable d'une forme d'engagement collectif, d'ordre intellectuel et politique, théorique mais aussi pratique. La sociologie n'est pas séparable du social et, pour certaines de ses traditions, du socialisme (Desroches, 1965), quelle que soit son orientation, sa doctrine de référence ou sa forme militante. À quoi peut bien servir de mieux connaître le fonctionnement social, si ce n'est pour le modifier, collectivement ? Loin d'être académique, ma raison de choisir cette discipline a été d'ordre vocationnel et politique. Mon ancrage dans la sociologie (plutôt que dans la physique ou dans la philosophie) et surtout la manière de la pratiquer résultent, plus précisément, de la fécondation de deux influences, associées à deux sortes d'activités militantes.
La première, décisive pour moi, a été celle de la Jeunesse étudiante chrétienne à laquelle j'ai appartenu et dont j'ai gravi tous les échelons, entre 1955 et 1965, avant de mener sa contestation aboutissant à sa scission et à la fondation de la JUC, en octobre 1965.


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