Auteur : Jean Giot | Laurence Meurant
Date de saisie : 27/10/2006
Genre : Ethique
Editeur : Presses universitaires de Namur, Belgique
Collection : Transhumances, n° 7
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-87037-530-3
GENCOD : 9782870375303
Sorti le : 27/10/2006
Au travail depuis deux ans sur les thématiques de ce volume, nous sommes un petit groupe de personnes d'horizons épistémiques et institutionnels différents, désireux d'organiser une réflexion sur quelques questions éthiques posées par l'implantation d'électrodes dans la cochlée des jeunes enfants sourds.
À certains d'entre nous, concernés en tant que parents, le monde expert de la surdité précoce et de la rééducation est familier. Pour chacun d'entre nous, le champ professionnel propre de ses réflexions (linguistique, anthropologie, pédiatrie, neurologie, psychanalyse) est interpellé par l'énoncé de quelques évidences ininterrogées, passant pour justifier la généralisation de cette pratique.
Exemple : les Sourds sont malades, donc à soigner par des médecins ; entendre, c'est discriminer des décibels ; parler, c'est articuler des sons ; l'audiophonologie est la "science" dont le savoir fait autorité pour la "prise en charge" des enfants sourds.
Nous nous sommes réunis autour de personnalités d'horizons professionnels et d'expériences différents (sociologues, administration de l'INAMI, éthiciens, juriste, Sourds, parents, etc.). D'où s'est constitué un triple souci commun.
D'abord, tenter de porter au jour des présupposés théoriques questionnables, des confusions et des amalgames du discours dominant. Exemple : la vocalisation prise pour le langage ; une langue sonore comme condition d'accès au registre symbolique ; la matérialité organique manipulée ; la description phénoménologique de ce qui précisément est inobjectivable dans l'acte de parole.
Chez l'enfant présentant une surdité profonde congénitale, plus l'intervention est précoce, plus les résultats seront favorables. En effet, les résultats sont actuellement considérés comme optimaux avant l'âge de 2 ans et favorables avant l'âge de 4 ans. Après 6 ans, chez un enfant sourd profond congénital, l'implant cochléaire permettra uniquement de détecter les informations acoustiques environnementales et de réagir à la parole, mais la reconnaissance de celle-ci restera limitée.
L'implant cochléaire peut être envisagé plus tardivement pour les enfants, les jeunes ou les adultes présentant des surdités évolutives et ayant bénéficié auparavant d'un appareillage prothétique classique efficace. Il peut également être proposé à tout âge suite à une surdité brusque ; par exemple post-méningite ou post-traumatique. En ce qui concerne la précocité chez l'enfant sourd congénital, celle-ci est liée à la notion de période critique. Celle-ci est, en effet, définie comme une période pendant laquelle la plasticité cérébrale est telle qu'il est possible de revenir en arrière sur les conséquences de la déprivation sensorielle qui a entraîné un déficit de constitution des réseaux neuronaux permettant l'élaboration et le développement du langage oral.
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