Auteur : Marguerite Taos Amrouche
Préface : François Maspero
Date de saisie : 08/12/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : J. Losfeld, Paris, France
Collection : Arcanes
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-07-078733-3
GENCOD : 9782070787333
Sorti le : 23/11/2006
Avec Solitude ma mère, les Éditions Joëlle Losfeld commencent la réédition des oeuvres de Taos Amrouche dans la collection Arcanes.
«Taos Amrouche avait une présence rayonnante, excessive comme une tragédienne antique, rires et larmes mêlés : seule sur scène, chantant a capella, elle soumettait en un instant son public à la présence charnelle de sa voix qui remplissait tout l'espace - elle a elle-même, en toute clarté, comparé l'acte de chanter à l'acte sexuel. Elle y joignait une exigence spirituelle toujours insatisfaite. Un goût pour les choses lumineuses, fleurs, fruits, une aspiration à une plénitude qui serait fusion de la chair et de l'âme. [...] Mais, plus que tout, lui importaient ses romans : pour elle, seuls ceux-ci livraient, mis en mots, tout ce qu'elle sentait vivre en elle de lumineux et de tragique.»
François Maspero
Née à Tunis en 1913, Taos Amrouche est la première romancière algérienne de langue française. Elle était à la fois la soeur de l'écrivain Jean Amrouche, mais également l'amie de Gide et de Giono.
Dans ses quatre romans fortement autobiographiques, elle analyse son déracinement, l'exil, la solitude et exprime le besoin d'émancipation des femmes étouffées par la tradition. Taos Amrouche est morte en 1976. Solitude ma mère, son dernier roman, est resté inédit jusqu'en 1995, date à laquelle il a été édité aux Éditions Joëlle Losfeld.
Marguerite-Taos Amrouche fut dans l'après-guerre, comme son frère Jean Amrouche, une des grandes «voix» de la Radiodiffusion française. Elle avait baptisé sa dernière série d'émissions «Étoile de chance». Elle n'eut pas pour autant la chance de voir son oeuvre littéraire reconnue.
En revanche, elle fut dans les dernières années de sa vie, par ses récitals, ses disques, son livre de poèmes et de contes berbères Le grain magique, une porte-parole du peuple auquel la rattachait ses racines. Elle reste dans le souvenir de beaucoup comme une des rares et des plus pures interprètes de la mémoire vivante kabyle.
Mais, plus que tout, lui importaient ses romans : pour elle, seuls ceux-ci livraient, mis en mots, tout ce qu'elle sentait vivre en elle de lumineux et de tragique. C'est cette oeuvre, à laquelle l'auteur avait donné le titre générique de Moissons de l'exil, que Denise Brahimi a décidé de ressusciter en lui consacrant un livre chez Joëlle Losfeld, et que le même éditeur entreprend, en outre, de publier intégralement : trois romans depuis longtemps disparus du catalogue des éditeurs - Rue des Tambourins, Lamant imaginaire, Jacinthe noire - et le quatrième resté inédit, Solitude ma mère, qui paraît aujourd'hui en premier.
À l'origine, il y a une famille singulière. À la fin du siècle dernier, une jeune femme kabyle n'avait eu pour seule ressource, afin d'échapper à l'opprobre de son village, que de mettre son enfant sans père à la première école laïque de filles d'Algérie, ouverte à Fort-National sous le ministère Combes pour tenter l'impossible assimilation. Ainsi grandit la mère de Taos. Mariée à un Kabyle, elle transmit à ses enfants, suivant la tradition des femmes aèdes, le patrimoine oral berbère. «Une famille de clairchantants», a écrit son fils Jean.
Enracinée dans un village de Kabylie, transplantée dans les années trente à Tunis puis à Paris, la famille Amrouche incarne, par l'itinéraire de Jean et de Taos.
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