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Autobiographie érotique

Couverture du livre Autobiographie érotique

Auteur : Bruce Benderson

Traducteur : Thierry Marignac

Date de saisie : 23/08/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Rivages, Paris, France

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-7436-1291-7

GENCOD : 9782743612917

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  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama

... Je me languis de voix nouvelles, de nouveaux univers», écrit-il dans Autobiographie érotique, son dernier livre. Une sorte de journal, témoin de ses pérégrinations en Europe de l'Est et de sa passion pour Romulus, un jeune prostitué roumain rencontré sur les bords du Danube, à Budapest... Piquant, souvent drôle, lucide parfois jusqu'au pathétique, Autobiographie érotique est sans doute un des meilleurs livres de Benderson. En tous cas le plus intime et le plus personnel. L'auteur s'y montre sans réserve, sans pudeur ni complaisance, dans l'acuité de son regard et la fragilité de son être - les scènes avec sa mère, 98 ans, sont bouleversantes. Il se met à nu sans jamais s'exhiber, portant l'autofiction à la révélation plus qu'à l'étalage. Indécent comme tout roman digne de ce nom, Autobiographie érotique vient d'être couronné par le prix de Flore.


  • La revue de presse Eric Loret - Libération

... précisons que, contrairement à ce que promet son titre, ce livre n'a pas grand-chose d'érotique, sinon au sens strictement littéral, puisqu'il évoque l'amour de Benderson pour Romulus, un prostitué rencontré en Hongrie. Quant à l'autobiographie, nul projet ici ni perspective, plutôt le récit d'un bref épisode, lequel trouve certes des racines dans les origines familiales et au chevet de la mère mourante, «quand elle était la seule Juive d'un petit village du nord de l'Etat de New York, et qu'elle se mordait la langue, le visage rouge d'humiliation, tandis que le professeur goy déblatérait sur la personnalité méprisable de Shylock dans le Marchand de Venise». Tout ça n'empêche pas ce Roumain (titre anglais) d'être doux, fin, texturé, ni qu'on sente battre les veines au travers. Mais il reste quand même plutôt un essai politique et psychologique, où l'on s'assure que «certaines vies sont le fruit d'un accident historique»... Le jeu de chat et de souris entre les deux hommes fascine, l'image que renvoie au narrateur la fréquentation des jeunes Roumains émeut en amusant : «Il y a quelque chose ­ d'exploitable ? ­ chez cet Occidental d'un âge incertain, avec son visage de bébé, son crâne qui se dégarnit et son paternalisme grassouillet, presque efféminé, son ouverture d'esprit débraillée, son regard aussi précis que ses paroles.» Car Benderson est dupe sans l'être, il mène une expérience dont il connaît déjà la conclusion, il vérifie en quelque sorte ­ par exemple qu'il n'a aimé dans l'autre que l'impossibilité d'être aimé, qu'un amour vacant, disponible mais interdit, destiné à une fille perdue par Romulus, et que «le regard sombre, voilé de secret, chargé de cette souffrance mystérieuse qui m'attirait tant, n'était en réalité qu'un reflet de son amour, une chose à laquelle je n'avais jamais pensé. Il s'avère que j'étais amoureux de son deuil amoureux»... A la fin, c'est en le traitant comme un putain que le narrateur comprend que Romulus n'en est pas un.


  • La revue de presse Manuel Carcassonne - Le Figaro

Bruce Benderson est un théoricien qui met ses idées en pratique. C'est, de nos jours, une particularité assez rare pour être soulignée. Times Square, à New York, fit l'objet de sa fureur quand cet apôtre rebelle de la 42e Rue y trouva trop de yuppies blancs et plus assez de Portoricains, des clients affalés chez Disney et non plus des junkies croquant du crack. Bruce Benderson est un réactionnaire à l'envers. Il réclame de la sauvagerie, du désordre, une débauche qui l'unirait avec «les exclus du capitalisme mondial». Il voudrait sentir la sueur du prolétariat sur sa peau d'Américain moyen. Si ce n'est pour épancher son plaisir, du moins en a-t-il besoin pour exister plus fortement... Le talent de ce récit vrai est de transfigurer la banalité affligeante de l'intrigue : un New-Yorkais s'adonne au tourisme sexuel dans une Mittel-Europa convertie au libéralisme, mais décatie, où les corps se vendent au plus offrant, puis, de prédateur se mue en proie affolée. Bruce souffre, jalouse, supplie, mais en victime volontaire imprégnée de masochisme chrétien. Il jouit d'avoir trouvé en Romulus un esclave et un maître... Au-delà de la trame d'une passion contrariée pour un homme qui n'est pas tout à fait son genre, Bruce raconte l'immersion d'un New-Yorkais vitaminé, opulent, cultivé, hypersensible, gavé de pilules de codéine, dans la lente tourmente de l'Europe centrale...

Risible ? Toute passion le devient dans son excès. On ne se moquera pas, tant ce récit autobiographique, qui aurait gagné à garder son titre d'origine, The Romanian, et non cette étiquette pour sex-shop, émeut par l'aveu de tous les vertiges existentiels endurés par l'auteur...


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