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Peindre en France au XVe siècle

Couverture du livre Peindre en France au XVe siècle

Auteur : Yves Bottineau-Fuchs

Date de saisie : 18/12/2006

Genre : Beaux Livres

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 69.00 € / 452.61 F

ISBN : 978-2-7427-6234-7

GENCOD : 9782742762347

Sorti le : 02/10/2006


  • La dédicace de l'auteur

Pour désigner les peintres du Nord de la fin du Moyen Age on a utilisé et on continue à le faire, le terme de «Primitifs», pour mieux souligner l'importance de la peinture italienne du Quattrocento. Certes, les premiers avaient mis au point une technique «révolutionnaire», la peinture à l'huile, mais la «modernité» se trouvait au-delà des Alpes, avec l'usage de la perspective. Entre ces deux pôles, le royaume de France paraissait absent, englué qu'il était, pensait-on, dans les tourments de la guerre de Cent ans et les conflits politiques. On lui concédait bien quelques créations, mais en cherchant le plus souvent, à rattacher tel ou tel peintre aux deux pôles majeurs.
Nous avons voulu montrer qu'il n'en était rien et que la production picturale en France, de tableaux ou de miniatures, fut importante et obéissait, comme en Flandres ou en Italie, aux goûts des commanditaires, tant princiers que bourgeois. Des apports multiples nourrissent cette production qui reste avant tout française, caractérisée par une grande sérénité, un art de la couleur et une composition stable. Un Fouquet la résume parfaitement. Il annonce l'architecture classique et fait comprendre pourquoi le baroque français ne sera jamais véritablement baroque.

Yves Bottineau-Fuchs



  • La présentation de l'éditeur

La France connut au XVe siècle une production picturale fondamentale participant pleinement du grand mouvement européen avec des maîtres qui ont pour nom : Jean Fouquet, Barthélemy d'Eyck, Enguerrand Quarton, Nicolas Froment, Jean Bourdichon, Le Maître des Moulins, Malouel...
et dont les oeuvres proposèrent une synthèse originale entre les peintures flamande et italienne. Alors que les Flamands s'attachaient à la minutie du détail réaliste et que les Italiens révélaient les virtualités de la perspective, ceux que l'on appelle communément les " primitifs français " explorèrent une voie médiane, très novatrice sur le plan de la lumière, en suggérant la profondeur par le jeu du dégradé des couleurs.
Si plusieurs pôles se dégagèrent alors, en Provence, en Lyonnais, ou à Paris, c'est que les artistes étaient itinérants, liés qu'ils étaient aux commanditaires, tant princiers qu'ecclésiastiques. De ces mouvements qui ne se limitaient pas aux frontières du royaume, devait naître une production profondément originale, dont cet ouvrage présente une première synthèse vivante et éclairante.



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  • La revue de presse Philippe Dagen - Le Monde du 8 décembre 2006

Avec les hommes, références et influences se déplacent, se succèdent ou se mêlent. Par oeuvres et réputations interposées, Flamands et Italiens sont présents à Paris, à Dijon ou Avignon. Simone Martini, Antonello da Messina, les Van Eyck, Rogier Van der Weyden, Robert Campin ne cessent ainsi d'être cités, repères pour une étude générale des iconographies et des styles qui ne serait pas pertinente sans eux...
...au XVe siècle comme aujourd'hui, l'art est agité de modes et rien n'est plus profitable que d'apporter - ou au moins de connaître - la dernière nouveauté en date. Une nouvelle façon de construire l'espace, une adresse inédite pour intégrer allusions bibliques ou politiques, la maîtrise des effets de transparence ou des ombres portées, c'est un mérite précieux pour le peintre qui s'en montre capable. Pour rendre sensibles ces évolutions, quelquefois presque imperceptibles, il faut des descriptions attentives, exercice du regard et de la mémoire qui sont le fondement même du livre et sa méthode.



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Ces dernières années de grandes expositions ont fait connaître à un public fort réceptif la peinture de la fin du Moyen Age : Venise, en 1999, avec Il Rinascimento a Venezia e la pittura del Nord, Madrid et Valence en 2001 avec El Renacimiento Méditerranée, sans oublier Bruges en 2002, avec Le Siècle de Van Eyck, 1430-2530. Paris n'est pas resté à l'écart avec les deux expositions organisées, à la Bibliothèque nationale de France, par François Avril et Nicole Reynaud, la première en 1993 sur Les Manuscrits à peintures en France, 1440-3520, et plus récemment, en 2003, avec Jean Fouquet, peintre et enlumineur du XVe siècle. La bibliographie abonde en travaux de spécialistes avec un intérêt privilégié aussi bien pour l'Italie que pour la Flandre, comme si la peinture française du temps ne relevait que de ces deux grands pôles. Certes, la France, géographiquement placée entre ces deux grands centres artistiques, emprunte aux uns et autres ; mais elle ne se contente pas du tout d'imiter ses voisins. Elle innove à partir de ses traditions propres et sait soumettre les emprunts qu'elle fait à son esprit au point que, dans l'ensemble, il est nécessaire de lui reconnaître une spécificité. C'est ce que nous allons montrer, en insistant sur les conditions politiques et matérielles de la commande parce qu'elles ne sont pas celles des artistes flamands ou italiens. En effet, après l'extraordinaire floraison du XIIIe siècle, les deux siècles suivants, bien que troublés et particulièrement difficiles pour le royaume, allaient malgré tout connaître une production artistique capable bientôt de s'imposer à l'ensemble de l'Europe, sous la forme du gothique international. Charles V et ses frères devinrent les références artistiques de toute l'Europe courtoise, ce qui ne pouvait manquer d'attirer dans le royaume les meilleurs artistes à la recherche de protecteurs et de commandes. Ainsi se développèrent les échanges entre la Flandre puis, peu à peu avec l'Italie, qui n'était pas, déjà depuis longtemps, une terre inconnue.


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