Auteur : Claude Tannery
Date de saisie : 07/12/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Le Grand Souffle Ed., Paris, France
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-916492-13-1
GENCOD : 9782916492131
Sorti le : 15/11/2006
Le destin rôde au Pressoir, une vaste demeure de Montfort-l'Amaury dans laquelle vivent les Moreau, Madeleine, une grande actrice, Paul, un architecte célèbre, Ludovic, précepteur de leurs deux enfants, et toute une domesticité. Chaque fois qu'il commence à fleurir, l'amour y est maté d'une façon implacable.
Les «Dimanches du Pressoir» réunissent les plus hauts représentants de l'Urboisie, cette nouvelle caste de financiers internationaux qui façonnent le monde d'aujourd'hui depuis qu'ils ont arraché le pouvoir aux Bourgeois.
Malgré les coups du sort et la cruauté des hommes, Paul Moreau, Ludovic, et son ami Paul Vincent, guidés par deux femmes admirables, Denise et Simone, trouveront la force de poursuivre leur ascension vers les sommets qui ouvrent sur «un printemps d'éternité».
Claude Tannery est l'auteur, notamment, de deux romans, L'Éveil et Le Cavalier, la Rivière et la Berge, d'un recueil de contes surréalistes, Le Nabot de Purpérac, de deux essais, Malraux l'agnostique absolu ou la Métamorphose comme Loi du Monde et L'héritage spirituel de Malraux.
J'ai résisté pendant deux mois. Hier j'ai accepté, J'ai décidé d'écouter la voix lancinante qui me demande de tenir la chronique de la vie, si surprenante, dans cette grande maisonnée, Le Pressoir, où je suis arrivé début septembre.
Pour m'y résoudre j'ai dû faire appel, une fois de plus, à L'éloge de l'incertitude. Je l'ai adopté comme modèle, il y a longtemps déjà. Il m'a appris à me libérer, non sans mal, de la rage qui nous pousse à chercher tout de suite des réponses aux questions qui nous harcèlent ; des réponses dont nous devenons prisonniers. Il est plus sage et surtout plus beau d'attendre que la vie apporte sa réponse, la sienne, mais pour y parvenir, il faut un long combat.
J'étais dans le train quand s'est présentée à moi pour la première lois l'idée de tenir une chronique de la vie qui serait bientôt la mienne chez les Moreau, à Montfort-l'Amaury, près de Paris. Je me souviens de ce moment avec une précision étrange. Quelques heures auparavant, j'avais quitté Varsovie où je venais de passer trois ans. Seul dans un compartiment de wagon-lit, je savourais la tranquillité qui m'était offerte. Les trois années que je venais de vivre avaient été moins dures que les précédentes. Les combats, moins acharnés. Allait-il venir le temps où je pourrais goûter aux fruits du chemin que, très jeune, je m'étais tracé et que j'avais toujours pu suivre, parfois en pleine lumière, le plus souvent hélas dans la bourrasque et dans la nuit ?
Les deux valises qui étaient dans le filet en face de moi, représentaient tout ce que je possédais, à condition d'y ajouter la malle d'archives que j'avais enregistrée. Jamais, malgré une cinquantaine fêtée il y a quelques jours, je n'ai été le propriétaire ne serait-ce que d'une table, d'un bureau ou d'un lit. Jamais non plus, je n'ai été le locataire d'un appartement. J'étais encore à l'Université quand j'ai décidé d'organiser ma vie pour qu'il en soit ainsi.
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