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A l'ombre du père : correspondance, 1919-1937

Couverture du livre A l'ombre du père : correspondance, 1919-1937

Auteur : Lou Andreas-Salomé | Anna Freud

Préface : Stéphane Michaud

Traducteur : Stéphane Michaud

Date de saisie : 04/01/2007

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Hachette Littératures, Paris, France

Prix : 35.00 € / 229.58 F

ISBN : 978-2-01-235728-0

GENCOD : 9782012357280

Sorti le : 15/11/2006


  • La présentation de l'éditeur

Existe-t-il meilleur accès à la psychanalyse des années 1920-1930, et à la vie familiale de son fondateur, que le présent échange entre deux " filles " de Freud ? Depuis le jour où le maître a invité sa disciple de Göttingen pour quelques semaines à son domicile, Lou Andreas-Salomé appartient presque à la famille.
Freud confie à cette femme brillante, qui a derrière elle une carrière d'écrivain et exerce désormais la psychanalyse, la formation d'Anna, la plus jeune de ses six enfants. La vivacité, l'intelligence et le grand coeur de Lou font merveille. Gagnée par semblable tendresse, Anna dépasse son mal-être. Elle devient membre de la Société psychanalytique de Vienne, reçoit à son tour des patients, et acquiert assez d'autorité pour se forger une spécialité propre, la psychanalyse d'enfants.
Elle est l'indispensable auxiliaire et collaboratrice de son père, lui-même affaibli par la maladie dont nous suivons ici la progression. Lou et Anna forment un rempart affectueux autour de Freud. Par les yeux des deux femmes, nous sommes associés à son inlassable activité de chercheur et à la vie de la communauté analytique. La correspondance s'achève avec la mort de Lou, en 1937. Un an plus tard, Freud et les siens partent en exil à Londres.
Anna est toujours aux côtés de son père.

Lou Andreas-Salomé (1861-1937), qui avait été l'amie de Nietzsche puis l'amante de Rilke, dont elle accompagna toute la trajectoire poétique, se rallia à la psychanalyse en 1912. Ses essais, romans et nouvelles avaient fait d'elle, dès les premières années du XXe siècle, une figure des lettres européennes. Anna Freud (1895-1982) fut l'une des pionnières de la sychanalyse d'enfants. Présidente de l'Institut de formation psychanalytique de Vienne de 1925 à 1938, elle fonda à Londres, en 1951, la Hampstead Clinic, centre de soins, de formation et de recherches en psychothérapie infantile.



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  • La revue de presse Geneviève Delaisi de Parseval - Libération du 4 janvier 2007

Deux femmes et non des moindres tiennent ici la plume : Lou Andreas-Salomé, une des premières psychanalystes de l'histoire, disciple préférée de Freud, et Anna, la fille du maître, son Antigone, sa préférée elle aussi. Une génération les sépare (Anna est de trente-trois ans la cadette de Lou), ce n'est pourtant pas une relation filiale qui les unit, mais un lien sororal. Elles sont en effet «soeurs» vis-à-vis de Freud, ce dernier ayant lui-même été à l'origine de cette relation...
L'intérêt de ces quelque cinq cents lettres superbement traduites, suivies d'une postface littéraire et historique des éditrices Daria Rothe et Inge Weber, est d'en dire autant sur la constellation analytique de l'époque et sur Freud lui-même en tant que père notamment que sur Lou Andreas-Salomé, magnifique figure androgyne, psychanalyste autant qu'immense personnage de la philosophie et de la littérature de la fin du XIXe siècle, qui transcende véritablement cette correspondance.


  • La revue de presse Claude Jannoud - Le Figaro du 7 décembre 2006

Dans leurs lettres, elles n'évoquent pas les incessantes querelles au sein du mouvement psychanalytique...
Pendant les seize années de leur correspondance, les deux femmes parlent de leur vie privée, quotidienne et professionnelle...
En Allemagne, la situation s'aggrave, Hitler prend le pouvoir en 1933. La psychanalyse, cette invention juive, est interdite. Lou demande à sa jeune amie de lui renvoyer le manuscrit des Élégies de Rilke. Elle meurt quelques semaines plus tard, le 3 février 1937. Dans une lettre à un ami commun, Anna dit son émotion et sa tristesse.



  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Stéphane Michaud :

Pratiquement intacte, car rares sont les pièces manquantes de l'échange, la présente correspondance représente un document exceptionnel. Deux femmes, et non des moindres dans la constellation analytique, tiennent en effet la plume, Lou Andreas-Salomé, la disciple préférée du maître dans les années où il l'élit pour conseillère de sa cadette, et Anna Freud, sa propre fille. Cette singularité assure à notre échange une place originale parmi les correspondances que le cent cinquantième anniversaire de la mort de Freud met à l'honneur. Car, loin d'être marginales, repoussées aux franges par des disciples qui ne sont pas spontanément disposés à faire leur place aux femmes, Anna et Lou logent au foyer d'où tout rayonne. Leur relation s'ordonne à Sigmund Freud lui-même, qui l'a établie ; elle ne cesse de désigner ce coeur, ce lieu vivant dont elle participe. Comme les deux femmes du célèbre tableau Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant, que Freud avait commenté dès 1910, dans Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, Anna et Lou trouvent leur pleine justification dans leur relation au tiers qui les dépasse et les réunit. La constellation à trois que présente notre correspondance gravite autour du père et du maître viennois. Elle l'entoure d'autant de respect que de tendresse. Quelle autre correspondance se targuerait de pareil avantage ?
Le regard que nos deux correspondantes portent sur près de vingt ans de l'activité de Freud est celui de l'intimité, fruit d'une même disposition filiale. Les deux femmes, les deux disciples participent à l'oeuvre du maître, partagent ses joies et ses épreuves. Le maître peut honorer de sa confiance d'autres disciples. Il n'a avec aucun autre le lien qu'il entretient avec Anna et son amie. Celui-ci n'empiète en rien sur le domaine de Martha, la femme de Freud, dont on sait qu'elle se tient à l'écart de l'analyse et de l'écriture, tout au plus rencontrera-t-il sur la fin l'affection pour Marie Bonaparte, dont on aperçoit la haute figure. La psychanalyse dont les lettres accompagnent le destin est une science en plein devenir. Nous la voyons se développer, assistons aussi aux dissen­sions internes et aux défections qui la fragilisent, aux coups du sort qui clairsèment les rangs de ses adeptes. Les deuils frappent en effet, et Freud doit compter à jamais avec la maladie qui se déclare en 1923, et l'habitera jusqu'à sa mort.


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